Claude Blanchet réduit sa participation dans Capital BLF

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

(Montréal) Le mari de la première ministre Pauline Marois, Claude Blanchet, a réduit peu de temps avant les Fêtes sa participation dans la société immobilière Capital BLF, qui est cotée à la Bourse TSX croissance.

M. Blanchet, qui a déjà dirigé le Fonds de solidarité FTQ dans le passé, a créé Capital BLF en 2007.

Le bras immobilier du Fonds FTQ en est devenu le principal actionnaire en juillet 2008 en y injectant 3 millions de dollars.

L'investissement lui donnait le contrôle sur un peu plus du tiers des actions de Capital BLF, qui avait à l'époque un portefeuille de deux immeubles locatifs comptant 65 logements.

Rôle plus limité

Le 14 décembre dernier, M. Blanchet a réduit sa participation de 12,2% à 7,18% des actions de Capital BLF en circulation.

Parallèlement, il a démissionné de son poste de président et chef de la direction. Dorénavant, il siégera au titre du président du conseil.

Selon nos informations, M. Blanchet préférait jouer un rôle plus limité dans cette société depuis que sa femme a été élue première ministre du Québec. Notre appel auprès de la société Capital BLF est resté sans réponse.

C'est Mathieu Duguay, vice-président directeur de la société de gestion immobilière Cogir, qui a acheté les 1,5 million d'actions de M. Blanchet à 15 cents par action pour un total de 231 376,50$.

M. Duguay a aussi acheté 4,4 millions d'actions appartenant au Fonds FTQ. Il a été nommé président et chef de la direction de Capital BLF en remplacement de Claude Blanchet.

Les trois principaux actionnaires sont dorénavant le Fonds FTQ, avec 20,56% des actions de Capital BLF, Mathieu Duguay, avec 19,96%, et Claude Blanchet, avec 7,18% des actions.

Cogir, qui gère 15 000 logements locatifs au Canada, remplacera MultiGest comme gestionnaire des immeubles de Capital BLF dès la clôture d'un prochain financement par actions d'au moins 5 millions.

Celui-ci doit avoir lieu au plus tard d'ici deux ans. Mathieu Duguay s'est engagé à participer au prochain financement par actions.

En cinq ans, de 2007 à 2012, Capital BLF, qui a l'ambition de se transformer en une fiducie de placement immobilier lorsqu'elle atteindra une masse critique, a réalisé une poignée de transactions.

Son portefeuille inclut une centaine de logements, répartis dans neuf immeubles à Montréal, Dorval et Québec. Son parc immobilier a une valeur comptable légèrement inférieur a 14 millions.

La société produit environ 1 million en revenus locatifs par année.

M. Blanchet a touché des honoraires de 377 000$ en trois ans par le truchement de la société de gestion MultiGest, sous son contrôle.

Devenir le Cominar des tours d'habitation

Dans un entretien téléphonique, M. Duguay a fait part des objectifs ambitieux qu'il s'est fixés à l'endroit de son nouveau véhicule de placement immobilier.

«Notre souhait est d'en faire la première fiducie de placement immobilier (FPI) strictement pour des immeubles d'appartements situés au Québec, dit M. Duguay enthousiaste. Regardez-nous bien aller. On veut développer cette société relativement vite. On est là pour acheter. On veut devenir le Cominar des immeubles d'appartements.»

La fiducie Cominar, de Québec, est en effet un véritable succès. Entreprise familiale depuis les années 70, Cominar est entrée en Bourse en 1998 avec des éléments d'actif d'un peu de moins de 250 millions. Quinze ans plus tard, la FPI est rendue avec des actifs de 5,4 milliards.

Selon M. Duguay, le marché des logements multilocatifs est encore fragmenté au Québec. Plusieurs familles se partagent les propriétés. Par sa vitesse d'exécution et grâce à sa proximité des acteurs locaux, Capital BLF a des atouts pour devenir le consolidateur de ce marché, croit Mathieu Duguay.

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