IFCS: un cerveau pour les édifices énergivores

Le PDG d'IFCS, Xavier Bonifay, compte doubler ou... (Photo Hugo-Sebastien AUBERT, La Presse)

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Le PDG d'IFCS, Xavier Bonifay, compte doubler ou tripler la taille de son équipe en 2013 pour accélérer l'exportation du logiciel DABO.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

«Vous avez beau avoir le meilleur vélo de course du monde, si vos pneus sont dégonflés, vous dépenserez beaucoup d'énergie à le faire rouler.»

C'est dans ces mots que Xavier Bonifay, PDG d'IFCS, explique l'utilité de son produit phare: le logiciel d'optimisation continue du bâtiment nommé DABO, qui a été développé par le gouvernement canadien.

Fruit de 12 ans d'efforts en RetD, le logiciel a été conçu dans les laboratoires de CanmetÉNERGIE, à Varennes.

Le Canada, pays membre du G8, s'était engagé à réduire sa consommation d'énergie. Les bâtiments étant responsables de 40% de la facture, le gouvernement a décidé de créer un outil maximisant la performance énergétique des immeubles avec l'objectif de réduire de 15 à 30% de l'énergie dépensée sans amélioration majeure, juste en gardant l'édifice optimal.

Une fois son logiciel rodé, Ressources naturelles Canada a proposé au privé de le distribuer, au terme d'un processus d'appel d'offres. C'est là qu'intervient IFCS, acronyme pour informatique, formation, communication et service, une PME informatique établie dans la Cité du Multimédia, à Montréal.

«Ressources naturelles Canada s'est rendu compte qu'il fallait chercher un éditeur de logiciel, qui exportait, qui avait une bonne réputation, qui travaillait dans la gestion d'immeubles et qui avait des produits complémentaires. Nous étions pratiquement les seuls», explique M. Bonifay, éditeur du logiciel Senergy, un outil de gestion de maintenance de l'immeuble.

Originaire de Toulon en France, M. Bonifay s'est installé au Québec en 1993.

DABO donne les raisons des déficiences de l'immeuble et propose des solutions. Habituellement, les systèmes de contrôle d'un immeuble détectent les symptômes, mais n'ont aucune idée de la cause des symptômes.

«DABO est le cerveau et la mémoire de l'édifice, explique M. Bonifay. Il prend les mesures 24 heures sur 24 et garde tout en mémoire. Ça lui permet de faire des comparatifs de l'évolution de l'édifice pour déterminer la performance de l'édifice comparativement à son passé. Il analyse et fait la détection de fautes.»

Par exemple, au Palais des congrès de Montréal, DABO a identifié 211 anomalies dès son implantation, ce qui a permis de réduire de 25% la facture d'énergie en cinq ans à peine pour des économies annuelles à terme de l'ordre de 500 000$.

D'après IFCS, la licence et l'installation de DABO coûtent au propriétaire 0,20$ le pied carré, la première année, puis 0,03$ les autres années. Les économies d'énergie réalisées par DABO dépassent souvent les 0,45$ le pied carré.

«Sur toutes les implantations de DABO que j'ai vues, chaque fois, au bout d'une heure, en temps réel avec le client, le retour qu'on a eu est absolument incroyable, dit M. Bonifay. Les gens n'en revenaient pas.»

À la charge du locataire

Jusqu'à présent, DABO a trouvé preneur chez les propriétaires-occupants, comme l'UQAM, Université Laval, Hydro-Québec, au siège social de la Banque Nationale, mais pas encore dans les immeubles de bureaux multilocataires.

Dans les baux commerciaux, les frais d'exploitation, comme l'énergie, sont bien souvent à la charge du locataire, le propriétaire a peu d'intérêt à immobiliser de l'argent pour économiser une somme qui est supportée par un tiers, en l'occurrence le locataire.

Les premières implantations de DABO ont commencé fin 2010. Actuellement, M. Bonifay estime à 50 le nombre de clients, principalement au Canada.

«Il faut qu'on accélère, convient l'homme d'affaires de 48 ans. On va doubler ou tripler la taille de l'équipe l'année prochaine.»

La distribution du produit se fait par un réseau de partenaires, une façon économique de se répandre dans le monde, selon lui. DABO est distribué au Canada, en France, en Allemagne, au Benelux, en Chine, où M. Bonifay, qui parle le mandarin, exporte depuis 2006. L'Australie et les États-Unis sont également dans sa ligne de mire.

IFCS en chiffres

- Créé en 1993

- 25 employés, dont 10 à son bureau de Shangai

- Chiffrre d'affaires annuel: 2 à 2,5 millions de dollars

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