Éducation préscolaire: le Québec en avance, selon la TD

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Avec ses places en garderie à 7$ par jour, le Québec consacrait 4,67% de son budget à l'éducation préscolaire en 2011-2012. La moyenne des autres provinces et territoires se situait à 1,53%. Seule la province de l'Ontario dépassait la barre des 2%.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Le gouvernement du Québec investit les sommes les plus importantes en éducation préscolaire au pays et, selon une étude de la Banque TD qui paraît aujourd'hui, les bénéfices que la province en tire sont considérables.

«Des études montrent que la mise en place du programme a eu des effets positifs, notamment une augmentation du taux d'activité des femmes, qui était autrefois le plus faible et qui est maintenant le plus élevé du Canada, une hausse de la moyenne nationale aux tests normalisés, une augmentation du taux de fécondité et une réduction de 50% de la pauvreté», écrit Craig Alexander, premier vice-président et économiste en chef de l'institution financière.

Des arguments que l'on a déjà entendus des partisans des centres de la petite enfance (CPE), mais plus rarement de la bouche d'un économiste de l'une des grandes institutions financières du pays.

«C'est la première fois que je m'intéresse à l'éducation préscolaire. La première chose à faire est de prendre connaissance de la littérature scientifique sur le sujet, dit M. Alexander, dans un entretien téléphonique. Et que disent les études sur l'éducation préscolaire? Que les bénéfices sont énormes. Que les avantages à long terme excèdent les coûts totaux, même si ces coûts sont élevés», soutient M. Alexander.

Avec ses places en garderie à 7$ par jour, le Québec consacrait 4,67% de son budget à l'éducation préscolaire en 2011-2012. La moyenne des autres provinces et territoires se situait à 1,53%. Seule la province de l'Ontario dépassait la barre des 2%..

Les propos de l'économiste sonnent comme de la musique douce aux oreilles des défenseurs des CPE. L'Association québécoise des CPE a déjà soutenu dans un mémoire présenté au ministre des Finances en février 2011 que le taux de faible revenu chez les familles monoparentales dirigées par une femme a chuté de 40 points de pourcentage depuis la création des CPE jusqu'en 2007, tandis que ce taux avait baissé de 26,6 points au Canada durant la même période.

Le Canada: au dernier rang

L'économiste de la TD exprime par ailleurs son étonnement à l'égard du faible niveau d'engagement des gouvernements au Canada en matière d'éducation préscolaire. «En éducation, le Canada se classe habituellement très bien parmi les pays industrialisés. Mais en éducation préscolaire, le pays arrive dernier», fait-il remarquer. Les gouvernements du pays investissent l'équivalent de 0,25% du PIB, soit le plus faible niveau parmi 13 pays européens et anglo-saxons comparables, dont les États-Unis.

Craig Alexander estime que les pouvoirs publics devraient investir de 3 à 4 milliards de plus annuellement en éducation préscolaire pour rejoindre la moyenne des pays industrialisés. Le pays y consacre environ 11 milliards de fonds publics.

Investir, certes, mais comment?

La meilleure façon de dépenser cette somme fera l'objet d'un rapport subséquent. Dans son étude intitulée L'éducation préscolaire présente des avantages généralisés et durables, la Banque TD s'est contentée de passer en revue la documentation existante sur les avantages et les coûts des programmes.

Il sera alors intéressant de voir si l'institution bancaire va suggérer aux autres provinces de suivre l'exemple du Québec.

Depuis 1997, le Québec a instauré un coûteux réseau de places en service de garde à contribution réduite. En 2009-2010, il en coûtait près de 2 milliards annuellement ou 9150$ par place disponible, selon des chiffres cités par l'Institut C.D. Howe. Une facture dont l'ampleur est susceptible de refroidir l'enthousiaste de plusieurs.

Le groupe de réflexion a proposé l'été dernier de réformer le financement des services de garde au Québec en abolissant les subventions directes aux établissements, tout en accroissant les crédits d'impôt et déductions fiscales dans le but de faire participer Ottawa davantage au coût des services de garde.

De son côté, le Conseil supérieur de l'éducation a recommandé au gouvernement, dans un avis publié en octobre, d'offrir d'ici cinq ans la maternelle à 90% des enfants de 4 ans. Actuellement, 73% des enfants de 4 ans fréquentent l'école ou un service de garde régi.

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