Pourquoi pas un pont Champlain en aluminium?

Le nouveau pont Champlain pourrait être plus solide, plus durable et construit... (Photo archives La Presse)

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Hélène Baril

(Montréal) Le nouveau pont Champlain pourrait être plus solide, plus durable et construit plus rapidement. Comment? En remplaçant une partie des composantes d'acier et de béton par de l'aluminium.

«S'il y a un endroit dans le monde où l'utilisation de l'aluminium dans ce genre d'ouvrage est logique, c'est ici», a expliqué hier Randy Kissel, ingénieur américain et cofondateur d'une firme d'ingénierie spécialisée dans les structures d'aluminium, qui était l'invité mercredi de l'Association de l'aluminium du Canada.

Une étude réalisée à la demande de l'Association conclut que le Québec serait gagnant s'il utilisait plus du métal dont il est le quatrième producteur mondial dans la construction de ses infrastructures, y compris dans des ouvrages majeurs comme le pont Champlain.

Plus léger, plus résistant et plus durable, l'aluminium permettrait au futur pont Champlain d'être construit plus rapidement et de durer plus longtemps, affirment Alex de la Chevrotière, du Groupe Maadi, une firme d'ingénierie spécialisée dans les structures d'aluminium, et Scott Walbridge, du département de l'ingénierie civile et environnementale de l'Université de Waterloo, qui cosignent cette étude.

Il ne s'agit pas de remplacer tout l'acier et le béton utilisé pour fabriquer un pont, mais d'utiliser l'aluminium là où c'est avantageux, ont expliqué les chercheurs.

Ainsi, l'aluminium pourrait remplacer l'acier et le béton pour le tablier, les garde-corps et les portiques de signalisation. Une telle structure serait beaucoup plus légère à supporter pour les piliers, qui continueraient d'être faits de béton, et dont la durée de vie pourrait être allongée.

Grâce à sa flexibilité et sa capacité d'épouser des formes complexes, l'aluminium permet aussi de créer des ouvrages esthétiquement plus intéressants que les ponts construits d'acier et de béton.

Pour que l'aluminium puisse être utilisé dans la construction de pont et autres grands ouvrages, il faudrait d'abord que les règles qui gouvernent les appels d'offres publics soient changées.

L'aluminium coûte plus cher à l'achat. Combien? De 30 à 70% de plus que les structures de béton et d'acier. De ce fait, le métal gris est écarté des appels d'offres qui cherchent le plus bas prix.

La durée de vie

Toutefois, si la durée de vie de l'ouvrage est prise en compte, le coût de l'aluminium est équivalent à celui du couple acier-béton. Les structures d'aluminium ne rouillent pas et n'ont pas besoin d'être repeintes. Elles peuvent durer 100 ans et sont entièrement recyclables à la fin de leur vie.

Le pont Champlain, qui devait durer plus de 60 ans, est arrivé à la fin de sa vie utile après 42 ans et sa démolition générera des tonnes de déchets.

Dans le contexte actuel où on considère que le choix du plus bas soumissionnaire ne se traduit pas toujours par le coût le plus bas, l'occasion est belle pour réviser la façon dont sont faits les appels d'offres, estime Jean Simard, président de l'Association de l'aluminium du Canada.

Il reconnaît que le remplacement du pont Champlain, le plus achalandé au Canada, est un projet ambitieux pour un début. «C'est un exemple, mais il y a beaucoup d'autres ponts à remplacer et à rénover au Québec, comme le pont de Québec et le pont de l'Île d'Orléans», dit-il.

Le Saguenay, capitale de l'aluminium, a déjà donné l'exemple. Le tablier du pont de Saint-Ambroise, entre les villes de Sagunay et Alma, sera refait en aluminium.

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