Il faut réviser la loi anti-briseurs de grève, dit le VP de la CSN

Réunis dimanche pour souligner la fermeture de l'usine Olymel de Saint-Simon,... (Photo Marco Campanozzi, archives La Presse)

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Photo Marco Campanozzi, archives La Presse

Marie-Michèle Sioui
La Presse Canadienne

Réunis dimanche pour souligner la fermeture de l'usine Olymel de Saint-Simon, il y a cinq ans, les travailleurs de cet établissement ont lancé un nouvel appel au gouvernement afin qu'il révise la vieille loi antiscab.

Le vice-président de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Jean Lacharité, a soutenu, en entrevue à La Presse Canadienne, que cette mesure législative - qu'il qualifie de «désuète, inopérante et inefficace» - a fait son temps, lui reprochant entre autres de contribuer à allonger la durée des conflits de travail. À son avis, la loi fait constamment pencher le rapport de force en faveur des patrons et elle ne remplit plus son mandat initial, qui constituait à équilibrer les relations de travail.

Chez Québec Solidaire, la députée de Gouin, Françoise David, est «bien d'accord» avec M. Lacharité. Elle s'engage à s'attaquer à la révision de cette loi à l'Assemblée nationale.

À Saint-Simon, à l'instar de quelques centaines d'ex-employés d'Olymel, M. Lacharité a refusé de tourner la lourde page du conflit qui déchire cette municipalité de la Montérégie depuis des années. Le 20 avril 2007, la direction a décidé de fermer cette usine de découpe de porc, puis elle a rappelé dix employés afin qu'ils travaillent en entrepôt. Le 17 octobre de la même année, l'employeur a transformé sa fermeture en lock-out, privant du même coup cette dizaine d'employés de prestations d'assurance-emploi.

Lock-out? Fermeture définitive? Cinq ans plus tard, l'ambiguïté demeure. Pour Jean Lacharité, il y a toujours espoir de relancer l'usine de Saint-Simon, qui «tient encore debout à l'entrée de la ville» et qui n'a pas été démantelée.

Une trentaine de travailleurs ont été embauchés à l'usine Olymel de Saint-Henri récemment, et la société a décidé de ne pas reconstruire son usine de transformation de bacon de Princeville, détruite par un incendie majeur en mai dernier. Selon M. Lacharité, il s'est ainsi créé une place pour la réouverture des installations de Saint-Simon.

«S'ils les patrons veulent rouvrir, on va être au rendez-vous. On est prêts à s'asseoir et à négocier», assure-t-il.

En attendant, il se désole du transfert de la production vers d'autres usines, une pratique assez courante pendant les conflits de travail.

Pendant une grève ou un lock-out, le Code du travail interdit l'utilisation de briseurs de grève «dans un établissement». Or cette disposition est parfois contournée assez facilement en raison du télétravail, observe M. Lacharité. La loi a été sanctionnée en 1977, avant l'utilisation par le grand public d'lnternet et des téléphones cellulaires.

Selon M. Lacharité, le lock-out d'une durée d'un peu plus de deux ans au Journal de Montréal et celui, plus récent, d'Acier Leroux, à Boucherville, prouvent la désuétude de la loi. À Boucherville, les employés ne peuvent plus se rendre au travail depuis un mois en raison des négociations en lien avec le renouvellement de leur convention collective.

Au Journal de Montréal, peu avant le début du conflit de travail en janvier 2009, Quebecor avait mis sur pied l'Agence QMI, alimentée par différentes publications de l'empire médiatique, notamment le journal 24 heures. Les textes qui sont produits dans les différentes antennes de l'entreprise ont ainsi été mis en commun et ont pu être reproduits dans le Journal de Montréal pendant le conflit.

La direction d'Olymel n'était pas disponible pour commenter l'affaire, dimanche.

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