Taxe santé: les gens d'affaires rassurés mais critiques

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Le ministre des Finances, Nicolas Marceau.

La communauté d'affaires a poussé un soupir de soulagement hier, mais elle ne s'est pas non plus lancée dans une danse de la victoire.

«On peut souligner l'écoute et l'ouverture du gouvernement et du ministre Marceau, mais le Conseil du patronat du Québec ne peut pas se réjouir d'une hausse des impôts», a commenté le président du conseil, Yves-Thomas Dorval, dans une entrevue téléphonique avec La Presse Affaires.

Il a précisé que le Conseil du patronat appréciait la décision du ministre des Finances Nicolas Marceau de renoncer à une augmentation de l'imposition des gains en capital et des dividendes, ainsi que l'abandon du principe de rétroactivité.

Le taux d'imposition

Par contre, l'augmentation du taux d'imposition sur les revenus imposables de 100 000 dollars et plus ne plait pas.

«La solution, ce n'est pas de voir comment on peut aller chercher davantage dans la poche des citoyens, mais plutôt comment on peut vivre selon nos moyens et comment on peut stimuler davantage l'économie pour augmenter les rentrées fiscales», a-t-il déclaré.

Le président de Manufacturiers et exportateurs du Québec, Simon Prévost, a également déploré le fait que la proposition du gouvernement péquiste ne touche que le côté fiscal de l'équation.

«C'est unidimensionnel, a-t-il déclaré. Il n'y a aucun début de réflexion sur un rééquilibrage des dépenses de l'État pour essayer d'équilibrer le budget. C'est là où nous ne sommes pas contents.»

Par contre, l'abandon des mesures les plus controversées du gouvernement péquiste a quelque peu rassuré Manufacturiers et exportateurs du Québec.

«C'est un pas dans la bonne direction, a affirmé M. Prévost. Les irritants les plus graves ont été éliminés.»

Abandon de la rétroactivité

De son côté, le président de la chambre de commerce du Montréal métropolitain, Michel Leblanc, a accueilli avec satisfaction l'abandon de toute mesure rétroactive.

«Nous sommes rassurés de constater que le gouvernement a pris acte de ce que nous avions exprimé, a-t-il déclaré à La Presse Affaires. Le gouvernement montre qu'il respecte le contrat fiscal entre l'État et les citoyens. Ça, c'est extrêmement positif.», a-t-il déclaré.

Mais comme les autres organisations, la chambre de commerce n'apprécie pas la hausse du taux d'imposition pour les contribuables plus fortunés.

«Les Québécois sont déjà les plus taxés en Amérique du Nord, a lancé M. Leblanc. Mais ce que nous saluons, c'est que ça n'entrera en vigueur que dans un an. Ça permet une prévisibilité, et il est important que le cadre fiscal soit prévisible.»

Les finances publiques

Pour sa part, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) juge que le compromis proposé par le gouvernement est raisonnable.

«Une hausse de l'imposition des dividendes et des gains en capital aurait été particulièrement douloureuse pour les propriétaires de PME», a déclaré la vice-présidente de la FCEI pour le Québec, Martine Hébert, par voie de communiqué.

La fédération juge cependant que le rééquilibrage des finances publiques devrait passer par une réduction des dépenses de l'État. Mme Hébert a notamment préconisé une révision des programmes d'Hydro-Québec.

«Pensons aussi à certaines dépenses fiscales non essentielles telles que la non-imposition des gains de loterie, les crédits d'impôt pour cotisations syndicales et ceux pour les fonds de travailleurs», a déclaré Mme Hébert.

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CE QU'ILS ONT DIT:

«On peut souligner l'écoute et l'ouverture du gouvernement et du ministre Marceau, mais le Conseil du patronat du Québec ne peut pas se réjouir d'une hausse des impôts.»

- Yves-Thomas Dorval, président du CPQ

«C'est unidimensionnel. Il n'y a aucun début de réflexion sur un rééquilibrage des dépenses de l'État pour essayer d'équilibrer le budget. C'est là où nous ne sommes pas contents.»

- Simon Prévost, président de Manufacturiers et exportateurs du Québec

«Nous sommes rassurés de constater que le gouvernement a pris acte de ce que nous avions exprimé [sur la rétroactivité]. Le gouvernement montre qu'il respecte le contrat fiscal entre l'État et les citoyens. Ça, c'est extrêmement positif.»

- Michel Leblanc, président de la CCMM

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