Gentilly-2: la fermeture nuira au bilan environnemental

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
La perte de Gentilly-2 retranchera 675 mégawatts au... (Photo: archives Le Nouvelliste)

Agrandir

Photo: archives Le Nouvelliste

La perte de Gentilly-2 retranchera 675 mégawatts au réseau d'Hydro-Québec le 28 décembre, soit tout juste avant le pire de l'hiver. La société d'État pourrait donc avoir besoin de la centrale de TCE dès l'hiver prochain.

Hélène Baril

À cause de la fermeture de Gentilly-2, Hydro-Québec aura besoin de réactiver la centrale au gaz de TransCanada Energy (TCE). La bonne nouvelle: Hydro économisera la compensation de 200 millions de dollars qu'elle verse depuis 2008 pour ne pas produire d'électricité. La mauvaise: les émissions de gaz à effet de serre (GES) du Québec augmenteront de 2% par année.

Le gaz digéré par les turbines de cette centrale au gaz enverra en effet 1,65 mégatonne (ou millions de tonnes) de CO2 dans l'atmosphère. C'est l'équivalent de 350 000 voitures de plus et de 2% de toutes les émissions de GES du Québec.

La centrale de TCE n'a jamais produit d'électricité. La fin de sa construction au coût de 500 millions en 2007 a coïncidé avec le début d'une période de surplus chez Hydro-Québec.

Malgré ces surplus qui continuent de s'accumuler, le réseau électrique québécois est fortement sollicité en hiver et Hydro doit acheter de l'énergie à gros prix sur les marchés voisins pour répondre à la demande.

La perte de Gentilly-2 retranchera 675 mégawatts au réseau d'Hydro-Québec le 28 décembre, soit tout juste avant le pire de l'hiver. La société d'État pourrait donc avoir besoin de la centrale de TCE dès l'hiver prochain.

Hydro ajouterait ainsi 500 mégawatts de puissance à son réseau, mais au prix d'une détérioration du bilan environnemental du Québec.

Le gouvernement nouvellement élu de Pauline Marois, qui a des objectifs ambitieux en matière de réduction des GES, pourrait ainsi se heurter pour la première fois à la réalité énergétique du Québec. Il n'a pas été possible de joindre qui que ce soit au bureau de la ministre de l'Énergie et des Ressources, Martine Ouellet. La ministre a réitéré récemment son intention de réduire de 25% les émissions de GES d'ici 2020.

Une hausse des GES acceptable

Le directeur général pour le Québec de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand, estime que le prix à payer sur le plan environnemental du redémarrage de TCE pourrait ne pas être très élevé. «La hausse des émissions de GES est problématique, mais on peut réduire le problème en y ayant recours le moins possible», a-t-il dit. Si la centrale ne fonctionne que quelques jours ou quelques semaines par année, en période de pointe hivernale, l'impact sera minime, dit-il.

Selon lui, une hausse des GES est acceptable parce qu'elle permet d'éviter de produire plus de déchets nucléaires et de s'engager dans un gouffre financier.

À la demande de la Régie de l'énergie, Hydro réfléchit déjà depuis quelques années à la possibilité de réactiver la centrale de TCE. Hydro a déjà examiné différents scénarios, dont le redémarrage de la centrale à l'hiver 2014-2015. La fermeture de Gentilly-2 aura probablement pour effet de devancer le redémarrage.

En attendant, la Régie approuve année après année la suspension de la production de la centrale et la compensation que verse Hydro à TransCanada Energy. Depuis 2008, Hydro a versé près de 1 milliard de dollars à TCE pour qu'elle cesse sa production. Le contrat entre Hydro et TCE est valide jusqu'en 2026.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer