Parc Safari: un petit Disney à Hemmingford

Avec un budget de 50 à 70 millions... (Photo: Stéphane Champagne, Collaboration spéciale)

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Photo: Stéphane Champagne, Collaboration spéciale

Avec un budget de 50 à 70 millions de dollars, le président du Parc Safari, Jean-Pierre Ranger, veut créer d'ici huit ans un petit Disney au sud de Montréal.

Stéphane Champagne
Stéphane Champagne, Collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) Jean-Pierre Ranger ne lâche pas le morceau. À 68 ans, le très énergique président du Parc Safari, à Hemmingford, a espoir de transformer son parc zoologique en «destination touristique, éducative et récréative pour toute la famille», avec l'ajout notamment d'un camping et d'un aquaparc tropical. Bref, avec un budget de 50 à 70 millions de dollars, il veut créer d'ici huit ans un petit Disney au sud de Montréal.

Cependant, il ne pourra aller de l'avant tant que la MRC de la région n'aura pas terminé son schéma d'aménagement, qui devra être approuvé, entre autres, par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ).

Le parc Safari fête ses 40 ans cette année. Ses quelque 700 animaux de 70 espèces attirent en moyenne 320 000 visiteurs annuellement. En faillite en 2002, l'entreprise touristique a été reprise par Jean-Pierre Ranger qui, depuis, a investi environ 17 millions pour revamper l'endroit. Outre une aide financière de 4,5 millions (dont 1,5 million remboursable) de Développement économique Canada, la PME n'a reçu aucune subvention au cours des 10 dernières années. Elle emploie actuellement 300 personnes sur une base saisonnière et compte 30 employés à plein temps.

«Nous réinvestissons 100% de nos profits. C'est pour ça que nous sommes toujours là. Je n'ai rien contre les autres attractions touristiques, mais l'interventionnisme gouvernemental crée une situation où la parité dans le développement touristique est carrément inéquitable. Le zoo de Granby, le zoo et l'aquarium de Québec et les établissements de la Sépaq ont reçu des dizaines de millions en subvention», soutient-il.

Mais au-delà de l'argent, le président et principal actionnaire (à hauteur de 90%) du Parc Safari se dit «fatigué» d'attendre. «Ça fait 10 ans que le schéma d'aménagement attend d'être approuvé. Mais on me dit que ça va bientôt passer. Je vais créer des centaines d'emplois saisonniers et des dizaines d'emplois permanents. Ce n'est pas rien», explique Jean-Pierre Ranger, grand admirateur de Walt Disney.

Le Parc Safari est propriétaire d'un lot d'environ 850 acres (ou 3,6 km2). Elle n'en utilise que le tiers actuellement. Son produit-vedette demeure le Safari Aventure, parcours de 4,5 km où les automobilistes peuvent observer de près et même nourrir des animaux exotiques. À cela s'ajoutent notamment la plaine africaine, la zone des félins avec tunnel de verre et passerelle observatoire, de même que des jeux d'eau fraîchement aménagés et un parc de manèges.

Jean-Pierre Ranger souhaite maintenant faire entrer le Parc Safari dans la cour des grands. Par le biais de son projet Grand Safari, il veut tout d'abord aménager, en quelques phases, un camping de 1000 places. Puis, suivra la construction de «l'Aquaparc lacustre tropical». Il s'agit d'un immense lac artificiel offrant 2 km de rives et dans lequel seront aménagés des îlots.

Parmi les autres projets du Grand Safari: l'aménagement d'un golf éducatif de 45 trous; une salle de spectacle extérieure de 1200 places où seront notamment célébrés les arts du cirque; une piste de karting fonctionnant avec des véhicules électriques; des camps de jour scientifiques, etc.

Dès qu'il aura le feu vert, Jean-Pierre Ranger ira de l'avant. Mais pas de façon précipitée. «Ceux qui développent et qui ne font pas faillite ont la sagesse d'investir selon leurs revenus. Nous avons investi en moyenne 1,7 million par année depuis 10 ans. Nous investirons 3 millions lorsque nous lancerons le Grand Safari. Au fur et à mesure que le projet avancera et que l'affluence augmentera, on investira de plus gros montants», dit-il.

Jean-Pierre Ranger connaît le Parc Safari mieux que quiconque. Il était là en 1972 lorsque le parc zoologique a été fondé par l'entreprise américaine Hardwick. De 1972 à 1974, il a occupé le poste de directeur du marketing et a participé à la création de quatre parcs zoologiques en Europe. Il a quitté Hardwick et a occupé, de 1974 à 1988, des postes de cadre à CBC Radio-Canada, puis à Air Canada. En 1991, il est revenu au Parc Safari et est devenu propriétaire des lieux à hauteur de 33%. Déjà, le projet du Grand Safari était dans l'air. Mais à la suite de différends avec les deux autres actionnaires, il a tiré sa révérence en 1997.

Il est revenu en 2002 lorsque le Parc Safari était en faillite. Il a trouvé les 5 millions nécessaires à sa relance. Depuis, le site n'a cessé d'améliorer la qualité de ses installations. Outre Jean-Pierre Ranger, les autres actionnaires du parc zoologique sont: Gilbert Ranger (5% des actions), frère de Jean-Pierre, de même que l'avocat François Thivierge (également 5%).

Père de trois filles, dont Véronique, employée du parc depuis 2003, Jean-Pierre Ranger s'intéresse à la relève. «Je viens d'écrire une lettre à mes filles à ce sujet. Et j'en parle ouvertement à mes banquiers, de même qu'à mon comptable. Le processus est enclenché», dit ce grand randonneur, qui a crapahuté aux quatre coins du globe et qui s'apprête à fouler les Pyrénées après un été particulièrement occupé.

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