Deux provinces, deux défis

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Rudy Le Cours
La Presse

Si on compare le poids de la dette québécoise à celle de l'Ontario, une constatation s'impose: nous somme bien plus mal pris que notre grande voisine.

À hauteur de 51,% de la taille de notre économie, la dette nette (dette brute moins actifs financiers nets) du Québec est la plus lourde de toutes les provinces du Canada. En comparaison, celle de l'Ontario représente 39,5% de la taille de son économie. Celle du gouvernement fédéral, un peu plus de 40%.

Ces chiffres doivent être mis en perspective. En 2007-2008, dernière année avant la récession, la dette nette du Québec et de l'Ontario correspondait à 44% et 26,8% de la taille de leur PIB. Les deux ratios étaient en baisse par rapport à l'exercice précédent.

Depuis, la dette du Québec a augmenté de 9,4 points de pourcentage tandis que celle de l'Ontario a grimpé de 12,8 points de pourcentage.

Si chacune des deux provinces garde le cap sur son plan budgétaire, le poids relatif de la dette du Québec devrait légèrement diminuer alors que celui de l'Ontario va continuer de grimper.

Alors que le Québec paraît maîtriser ses finances publiques, bien que l'exercice reste difficile et précaire, l'Ontario n'est pas au bout de ses peines.

La province la plus populeuse du Canada est encore bien loin du retour à l'équilibre budgétaire. Pour l'exercice en cours, Queen's Park prévoit un déficit de 14,8 milliards, ce qui représente 2,2% de la taille de l'économie. Québec prévoit un déficit de 1,5 milliard, soit 0,2% de son PIB.

Le Québec prévoit un retour à l'équilibre budgétaire dès 2012-2013 alors que les Ontariens devront attendre jusqu'en 2016-2017 pour voir l'équivalent.

Entre temps, le poids relatif de la dette va continuer d'augmenter et se rapprocher de celui du Québec qui devrait légèrement diminuer ou stagner durant la période.

Ce lointain objectif suppose aussi que la province parvienne à limiter la croissance de ses dépenses à 0,7% par année (du jamais vu!) durant toute la période, tandis que le plan budgétaire ne dépasse pas l'horizon 2014-2015 et que le gouvernement minoritaire libéral a besoin des voix néo-démocrates pour faire adopter ses budgets.

Cela suppose aussi qu'il n'y ait pas de mauvaises surprises sur le plan économique comme un long conflit dans l'industrie automobile, moteur du secteur manufacturier ontarien. Or, c'est en Ontario où les coûts de fabrication de GM, Ford et Chrysler sont les plus élevés en Amérique du Nord. Voilà pourquoi, au cours des négociations qui s'amorcent, ils sont en forte demande, ce qui laisse présager des arrêts de production... et des baisses de rentrées fiscales.

L'incertitude quant à la maîtrise des finances publiques a amené les agences de notation Standard & Poor's et Fitch Rating à mettre l'Ontario sous surveillance avec perspective négative. S'il devait y avoir décote, l'Ontario rejoindrait le Québec et les provinces atlantiques.

Moody's et Standard & Poor's ont cependant reconduit leur note du Québec, avec perspective stable, en raison notamment de la crédibilité du gouvernement à maîtriser ses dépenses et à respecter son plan de retour à l'équilibre.

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