Redevances des ressources: Bachand critique la CAQ

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Attaqué par la Coalition avenir Québec (CAQ) sur l'ampleur de l'endettement du Québec pendant le règne libéral, le ministre des Finances Raymond Bachand critique fortement la proposition de ses adversaires caquistes de consacrer 100 % des redevances tirées de l'exploitation des ressources naturelles au remboursement de la dette nette du Québec qui atteint maintenant 185 milliards.

« Avec le fonds des ressources naturelles, vous voulez baisser la dette avec des revenus du pétrole qui n'existent pas «, a lancé le député d'Outremont à son vis-à-vis de la CAQ dans le cadre d'un débat sur l'économie organisé par La Presse. Il a comparé la manoeuvre à un particulier qui voudrait payer son banquier avec un billet de tirage de Loto-Québec. « C'est un peu exagéré «, a-t-il dit.

Un éventuel gouvernement caquiste compte sur des milliards en provenance de l'exploitation des gisements de pétrole de l'île d'Anticosti et d'Old Harry dans le golfe du Saint-Laurent. La cible du chef François Legault est de réduire la dette au même niveau que les autres provinces canadiennes. Il se donne une dizaine voire une quinzaine d'années pour y parvenir.

Christian Dubé, candidat de la Coalition dans Lévis, a ouvert le bal en soulignant que la dette du Québec avait grimpé de 10 milliards dans la dernière année seulement, soit beaucoup plus que le solde budgétaire négatif de 3 milliards.

La différence entre les deux montants provient notamment de l'endettement lié aux infrastructures. Par exemple, quand le gouvernement investit dans une infrastructure, le montant n'apparaît pas dans son budget de dépenses, seuls les intérêts et l'amortissement y figurent.

C'est pourquoi la dette peut augmenter plus rapidement que le solde budgétaire négatif ne le laisse présumer. «Il faut revenir à un équilibre budgétaire réel», a martelé le candidat Dubé.

Pour Nicolas Marceau, député du Parti québécois de la circonscription de Rousseau, le contrôle de la dette passe par la réduction des coûts des infrastructures, lesquels sont gonflés par la collusion et la corruption qui minent le secteur de la construction. Le député n'a pas avancé de solutions sur la façon de mettre un terme à la collusion. M. Marceau a aussi insisté sur l'importance de bien contrôler les coûts de santé si on veut réduire l'endettement de la province. «Il faut réinvestir dans les soins à domicile, il faut plus de délégation, il faut financer par volume. Il y a un certain nombre de gestes à poser pour reprendre le contrôle de nos soins de santé», a-t-il expliqué.

Plan vert de Québec solidaire

Pour sa part, le délégué de Québec solidaire (QS) au débat, François Saillant, candidat dans Rosemont, a rejeté le discours ambiant sur la dette. «C'est un choix irresponsable de réduire la dette en même temps que les impôts», a-t-il dit. Son parti propose le Plan vert, en réaction au Plan nord du premier ministre Jean Charest, qui est un plan de développement du siècle dernier, selon M. Saillant. Le Plan vert créerait 166 000 emplois, selon les projections de QS, et miserait, entre autres, sur l'essor du transport collectif électrique.

Pour ce qui est du Parti québécois, sa stratégie économique repose sur la création de la Banque de développement économique du Québec qui engloberait à la fois Investissement Québec et les autres interventions du gouvernement auprès des entreprises, y compris les enveloppes de capital de démarrage et de capital patient. Jumelé à la création d'un fonds stratégique d'investissement à la Caisse de dépôt, le gouvernement aura, d'après lui, les outils pour identifier les secteurs de l'économie à prioriser, pour garder les centres de décisions au Québec, pour inciter les entreprises à investir et pour accroître la scolarité de la population.

«La dernière fois que le Parti québécois et François Legault sont intervenus politiquement à la Caisse, c'est pour donner une directive de vendre Provigo à Loblaws plutôt qu'à Metro-Richelieu», s'est empressé d'ajouter Raymond Bachand à la toute fin de la portion du débat consacrée au développement économique.

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