Un déficit pire que prévu au Québec

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André Dubuc
André Dubuc
La Presse

Les partis politiques ont beau promettre la lune aux électeurs, les finances publiques du Québec continuent de se détériorer malgré la hausse d'un point de la taxe de vente provinciale, en vigueur depuis janvier.

Le gouvernement québécois a en effet enregistré un déficit de 1,416 milliard de dollars après les mois d'avril et mai, soit 320 millions de plus qu'à pareille date l'an dernier. Il y a un an, le déficit comparable après les deux premiers mois de l'exercice financier s'élevait à 1,096 milliard.

L'état des finances publiques du Québec est détaillé dans le Rapport mensuel des opérations financières qui a été mis à jour vendredi dernier, le 10 août, et que La Presse Affaires a pu examiner.

Lors de l'exercice 2011-2012, terminé en mars dernier, le déficit a glissé légèrement sous la barre des trois milliards après avoir soustrait la provision pour éventualités de 300 millions.

Pour l'exercice 2012-2013, malgré un début difficile, le gouvernement maintient son objectif de son dernier budget de clore l'année financière avec un déficit de 1,5 milliard.

«L'année est encore jeune», a fait remarquer le sous-ministre aux Finances, Luc Monty, lors d'un entretien téléphonique.

En outre, le gouvernement du Québec attend, pour le début de 2013, le versement par Ottawa d'un gros chèque de 733 millions de dollars correspondant à la première portion de la compensation financière découlant de l'harmonisation de la TVQ à la TPS. Une provision de 300 millions a aussi été prévue.

Selon le ministère aux Finances, il est normal d'enregistrer un déficit pour les deux premiers mois de l'année. Dans son document, il mentionne que «les dépenses sont généralement supérieures aux revenus puisque des sommes plus importantes sont utilisées par les ministères dans le cadre de leurs activités».

Hausse d'un point de la TVQ

Durant les mois d'avril et mai, les revenus du gouvernement du Québec sont en baisse de 47 millions par rapport à l'an dernier, principalement à cause de la hausse du crédit d'impôt pour la solidarité qui n'était pas en vigueur l'an dernier à la même période. Cette mesure a privé le Trésor québécois de 239 millions durant les deux premiers mois de son exercice 2012-2013. La hausse est entrée en vigueur en juillet 2011.

Sans surprise, les revenus en provenance des taxes à la consommation croissent de 10%. Le 1er janvier dernier, la TVQ est passée à 9,5%.

En contrepartie, indice de la mollesse de la croissance de l'économie, les revenus provenant des impôts des entreprises reculent de près de 25% par rapport à l'an dernier. Il faudra surveiller si cette baisse se confirme dans les prochains mois.

Dans la colonne des dépenses, celles liées aux programmes gouvernementaux sont en hausse de 2,3%, tandis que la prévision est de 2% pour l'ensemble de l'année fiscale 2012-2013.

En raison de la hausse de la dette et malgré la baisse des coûts d'emprunt, le service de la dette s'accroît de 5%, à 1,3 milliard, soit 63 millions de plus que l'année passée.

À titre indicatif, les coûts des nouveaux emprunts se situent à 3,06% pour les six premiers mois de 2012, comparativement à 4,17% au cours du premier semestre 2011, a calculé Valeurs mobilières Desjardins.

Le Québec tire avantage de la popularité du Canada auprès des prêteurs pour abaisser ses coûts. Le Canada est l'un des sept pays a avoir conservé sa cote AAA avec perspectives stables avec l'Australie, le Danemark, la Norvège, Singapour, la Suède et la Suisse.

Déficit après deux mois : 1,44 milliard

Déficit prévu pour l'exercice 2012-2013: 1,5 milliard

Revenus de l'impôt des entreprises: -24%

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