Les Québécois demeurent les plus taxés en Amérique

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Les libéraux de Jean Charest ont été reportés au pouvoir, en 2007, avec la promesse de réduire les impôts des contribuables. Mais les Québécois sont toujours les plus lourdement taxés en Amérique du Nord, malgré la baisse d'impôts record de 950 millions de dollars qui a suivi les élections.

«Le poids de l'ensemble des prélèvements obligatoires (impôts, taxes, cotisations sociales) comparé au PIB est plus faible qu'au début des années 2000 au Québec. Mais ce poids est plus lourd que dans n'importe quelle province canadienne, c'est clair», dit Luc Godbout, professeur de fiscalité à l'Université de Sherbrooke.

Le fardeau fiscal des Québécois a bel et bien diminué de 2003 à 2009, confirme l'Institut économique de Montréal, en se fondant sur une composante de l'indice de «liberté économique» de l'Institut Fraser.

Sur une échelle de 1 à 10, cet indice mesure la bouchée prise par les gouvernements dans le produit intérieur brut (PIB). Plus l'indice est élevé, plus la liberté économique est grande. Plus l'indice est faible, plus le fardeau fiscal pèse sur les contribuables.

L'indice du Québec a grimpé de 1,3 en 2003 à 3,2 en 2009, signe que les impôts ont fondu. Malgré tout, le Québec est toujours la province la plus taxée en Amérique du Nord. Elle demeure 60e sur 60 provinces et états. Dans les autres provinces canadiennes, l'indice varie entre 5 (Ontario) et 9 (Alberta), ce qui démontre que les gouvernements y sont moins gourmands.

Une bouchée de 39%

«La proportion totale des revenus des Québécois qui va à l'impôt était de 39% en 2010», établit l'économiste Pierre Fortin, professeur à l'UQAM. «Et ça va augmenter compte tenu de la hausse de la TVQ, de l'augmentation de la taxe sur l'essence et de la contribution santé. À mon avis, on va se retrouver, en 2013, avec le même fardeau fiscal qu'il y a huit ans», prévoit M. Fortin.

Lui aussi constate que le poids total des taxes et impôts est plus lourd au Québec qu'au Canada (32%), qu'aux États-Unis (24%) et que dans la moyenne des pays de l'OCDE (34%), selon un rapport sur les tendances des recettes fiscales de l'organisme qui regroupe 34 pays.

À la lumière des données de Statistique Canada, le Québec est la province où le fardeau fiscal est le plus élevé, «et de loin!» dit M. Fortin.

Les Québécois ont un taux d'imposition marginal de 48,2% (fédéral-provincial), supérieur à celui de l'Ontario (46,4%), de la Colombie-Britannique (43,7%) et de l'Alberta (39%). D'ailleurs, l'Alberta est la seule province à imposer les revenus de tous ses contribuables à un taux unique de 10%. Au Québec, les contribuables paient 24% sur les revenus excédants 80 000$.

Choix social

Toutefois, le Québec est la province la plus clémente pour les familles à faibles revenus, selon une comparaison interprovinciale tirée du dernier budget de la Colombie-Britannique.

Comme le démontre notre tableau, une famille québécoise de quatre personnes comptant sur des revenus combinés de seulement 30 000$ paie environ 1300$ par année, en considérant tous les impôts, taxes, cotisation et programme de soutien aux enfants. Dans les Maritimes, la même famille versait plus de 4000$ par année.

Mais c'est complètement l'inverse pour les familles mieux nanties, les célibataires, les personnes âgées... Le fardeau est plus lourd au Québec. Ainsi, une famille de quatre qui gagne 90 000$ doit payer près de 26 700$ au Québec. La même famille verserait 10 000$ de moins en Alberta.

Mais ces comparaisons ne donnent qu'un seul côté de la médaille. «Il faut faire attention. Si une province taxe davantage parce qu'elle offre plus de services, ça peut être un choix de société», nuance Jean-Pierre Aubry, économiste fellow associé au Cirano.

Garderie à contribution réduite, congé parental, frais de scolarité inférieurs à la moyenne... «Dans certains cas, l'impôt additionnel est compensé par des prestations additionnelles», dit M. Godbout.

«Si on veut maintenir l'équilibre, la seule façon de réduire les impôts, c'est de couper dans les dépenses, rappelle M. Fortin. Mais le moindrement qu'on touche à une piastre de dépenses, on se retrouve avec des manifestations devant l'Assemblée nationale!»

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