L'anglais comme langue de travail dans le Nord

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

(Montréal) L'entente sur le gouvernement régional de la Baie-James auquel participeront les Cris est vue comme un prérequis à la mise en oeuvre du Plan Nord, qui prévoit des investissements de 80 milliards en 25 ans. Or, ce gouvernement pourra utiliser à sa guise l'anglais comme langue de travail, prévoit le texte officiel de l'entente. Le développement économique se fera-t-il au détriment de la préséance du français?

«Le Gouvernement régional peut utiliser soit le français soit l'anglais dans ses communications internes et comme langue de travail», stipule l'article 109 de l'entente signée la semaine dernière entre le Grand Conseil des Cris et le gouvernement du Québec, dont le texte est disponible sur le site internet du Secrétariat aux affaires autochtones.

Le gouvernement régional remplace la Municipalité de Baie-James (MBJ), une institution 100% jamésienne, dont étaient exclus les Cris. Les Jamésiens sont les habitants non autochtones de la Baie-James.

À la MBJ, tout se passe en français. L'entente prévoit une représentation paritaire entre Cris et Jamésiens au sein du gouvernement régional au cours des 10 premières années. Il est aussi prévu que les employés actuels de la MBJ seront transférés au gouvernement régional.

Les Cris parlent majoritairement anglais. Dans les villages cris plus au sud, comme Ouje et Mistissini, une minorité de Cris parlent français, notamment les plus jeunes.

«Le français et le cri sont les langues utilisées, mais il est entendu que, pour la fonctionnalité des choses, l'anglais pourrait également être utilisé, a expliqué au téléphone Marie-Josée Paquette, attachée de presse du ministre responsable des Affaires autochtones Geoffrey Kelley. Mais ce sont vraiment le français et le cri dans la nouvelle structure de gouvernance.»

Ce libre choix de la langue de travail va plus loin que ce que la Charte de la langue française permet aux municipalités dites bilingues, celles dont plus de la moitié de la population est de langue maternelle anglaise.

«Dans les municipalités reconnues, la langue de travail reste le français, mais la municipalité a le droit d'utiliser en plus une autre langue», explique Hélène Bélanger, conseillère en communication à l'Office québécois de la langue française (OQLF).

Pour le Mouvement impératif français, l'article 109 constitue un recul dans le respect de la Charte de la langue française, qui doit s'appliquer sur l'ensemble du territoire du Québec. «Le gouvernement du Québec anglicise le gouvernement régional, même si les Cris ne sont pas de langue maternelle anglaise», déplore Jean-Paul Perreault, son président.

De plus, l'article 108 donne le cri et le français comme «langues principales» du futur gouvernement. Le concept de langue principale n'est pas défini dans la Loi 101.

«La notion de langue principale est utilisée pour ne pas s'embourber dans la notion de langue officielle qui a une portée différente au Canada», explique-t-on au cabinet du ministre.

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