L'offre de propriétés atteint un sommet à Montréal

(Montréal) L'offre de propriétés à vendre a atteint un sommet de huit ans ce printemps dans le Grand Montréal, avec un bond de plus de 25% au centre-ville et dans Rosemont-Villeray.

Selon un rapport publié lundi par la Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ), il y avait plus de 27 500 inscriptions en vigueur dans la métropole entre avril et juin. Il s'agit de la septième hausse trimestrielle consécutive (+9%).

«Ça fait au moins huit ans qu'on n'a pas vu ça, a indiqué Paul Cardinal, directeur de l'analyse de marché à la FCIQ, en entrevue à La Presse Affaires. Tranquillement pas vite, les conditions de marché sont en train de se détendre un peu, donc il y a plus de choix pour les acheteurs.»

Le boom actuel du condo neuf n'est pas étranger à la hausse des inscriptions. De nombreux promoteurs confient la vente de leurs appartements à des courtiers immobiliers, gonflant ainsi les statistiques de la FCIQ.

Dans l'arrondissement de Ville-Marie - qui inclut le centre-ville -, le nombre de copropriétés à vendre a grimpé de 28% en un an, avec 1060 propriétés affichées au printemps.

Et de nombreuses autres inscriptions viendront bientôt s'ajouter, puisque plusieurs projets d'envergure ont été annoncés autour du Centre Bell ces dernières semaines.

Cette frénésie crée un réel risque de «surconstruction» dans la métropole, selon Marie-Claude Guillotte, économiste chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne. «L'offre à court terme et à moyen terme est très préoccupante», a-t-elle avancé dans un rapport la semaine dernière.

L'analyste principal de la FCIQ, à l'opposé, n'affiche aucune crainte quant à la forte activité qui a cours au centre-ville. «On est encore dans un marché qui est somme toute équilibré pour la copropriété dans ce secteur-là, donc est-ce qu'il y a lieu de s'inquiéter? Non. Par contre, comme tout le monde, on regarde les chantiers qui sont annoncés, il y en a beaucoup, et on va surveiller étroitement s'ils vont tous lever de terre, et quel effet ça pourrait avoir sur le marché.»

Paul Cardinal ajoute que les «indicateurs» de la copropriété demeurent sains dans l'arrondissement de Ville-Marie. Le prix médian des condos y a augmenté de 10% au deuxième trimestre, à 330 000$, tandis que le délai de vente moyen a reculé de 6 jours, à 77 jours.

De gros projets annoncés récemment affichent par ailleurs un rythme de vente rapide. Le Peterson, une tour de 34 étages projetée dans le Quartier des spectacles, a par exemple écoulé 75% de ses 60 premiers lofts pendant sont premier week-end de vente en juillet. (Un autre ensemble de 190 appartements sera mis en vente à l'automne.)

«On est très ravis de la solidité et de la sophistication du marché montréalais», a fait valoir Mitchell Abraham, président de Benvenuto Group, promoteur du Peterson, joint hier en Europe.

S'il fait moins jaser que le centre-ville, le secteur de Rosemont-Villeray est lui aussi en proie à une frénésie immobilière. Le nombre de condos à vendre y a bondi de 64% depuis un an, avec 596 inscriptions en vigueur au deuxième trimestre, révèle la FCIQ. Une situation qui s'explique en partie par les nombreux projets d'appartements neufs.

Marché encore solide

Dans l'ensemble de la région métropolitaine, le marché immobilier demeure solide malgré la hausse constante des inscriptions. Le nombre de ventes conclues au deuxième trimestre a grimpé de 10% sur un an, avec 13 350 transactions. Tous les secteurs ont affiché des progressions, à l'exception de la couronne nord.

L'écoulement des stocks - soit le temps qu'il faudrait pour vendre toutes les propriétés inscrites sur le marché - s'est élevé en moyenne à 7,1 mois pour les maisons unifamiliales au deuxième trimestre, selon la FCIQ. En deçà de huit mois, le marché est considéré à l'avantage des vendeurs.

Le marché de la copropriété est pour sa part tombé en territoire équilibré, avec un écoulement des stocks de 8,1 mois dans le Grand Montréal. Plusieurs secteurs, comme le Plateau Mont-Royal, le sud-ouest de l'île montréalaise et Boucherville, demeurent fortement à l'avantage des vendeurs.

27 500 propriétés à vendre dans le Grand Montréal

+9% est la variation sur un an

(Données du deuxième trimestre de 2012).

Source: FCIQ

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