Le conflit étudiant porte un coup dur à l'image de Montréal
Photo Bernard Brault, La Presse
Le conflit étudiant a bousculé la tranquillité et l'indifférence ambiante, un peu comme à l'époque des référendums de 1980 ou de 1995, quand les réunions de famille pouvaient dérailler pour un oui ou pour un non.
Selon l'Association des hôtels du Grand Montréal (AHGM), le revenu moyen par chambre a reculé de 10,7% le mois dernier par rapport à mai 2011, et le taux d'occupation a baissé de 7,4%. L'organisme s'attendait en outre à une baisse «d'au moins» 11% des revenus en juin.
«Une chose est certaine: la belle image qu'a Montréal depuis deux ou trois mois, ça n'a pas aidé, a déploré William Brown, vice-président de l'AHGM. On a eu plusieurs annulations justement à la suite de tout ce qui se passe à Montréal.»
Le secteur hôtelier montréalais a connu en 2011 sa meilleure année depuis 30 ans, selon Tourisme Montréal. Une tendance qui semblait vouloir se poursuivre en 2012.
«Montréal était en forte croissance, ça allait très bien, dit Pierre Bellerose, vice-président de Tourisme Montréal. Le marché a suivi et jusqu'en avril ça allait bien. Mais là, on vit les conséquences de la crise sociale.»
Une analyse partagée par Éric Hamel, assistant-directeur général du Loews Hôtel Vogue. «Avant les étudiants, ça allait très bien. Nos taux de réservation étaient en avance par rapport à l'année passée. Depuis six semaines, on fait beaucoup moins de réservations pour le futur qu'on en faisait au même moment l'année passée. On espère, mais disons que la saison estivale n'est pas gagnée encore...»
Image ternie
La perception des hôteliers ne repose pas sur du vent. Selon une analyse faite par la firme Influence Communication, le Québec a généré au début juin 550% plus d'intérêt que l'an dernier dans la presse internationale en raison du conflit étudiant et de l'affaire du «dépeceur» Luka Rocco Magnotta.
Malgré cette masse de reportages diffusés sur le Québec, la couverture attribuée aux «attraits touristiques» de la province, comme les festivals, a chuté de 78% par rapport à l'an dernier. La majorité de la couverture est négative, en somme, selon Jean-François Dumas, président d'Influence Communication.
Le vice-président de Tourisme Montréal tente néanmoins de se faire rassurant, en dépit de la déception des hôteliers - et des millions perdus.
«On peut dire que la grande partie de la baisse n'est pas structurelle, elle est conjoncturelle, soutient Pierre Bellerose. Le fonds de commerce est toujours là, et on espère qu'on va revenir à la performance assez impressionnante qu'on avait avant.»
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