L'économie de Montréal mise à mal

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Selon Raymond Bachand, ministre des Finances du Québec, le chômage plus élevé à Montréal s'explique en partie par la réticence des gens d'affaires québécois à embaucher les nouveaux arrivants.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

(Montréal) La situation économique de la région de Montréal ne provoque pas de sentiment d'urgence chez les décideurs politiques malgré un taux de chômage supérieur de trois points à celui du reste de la province.

Questionnés hier sur l'importance d'enclencher un Plan Sud comme le propose le Conference Board pour redémarrer au plus vite ce qui doit être la locomotive de l'économie québécoise, ni le ministre des Finances et responsable de la métropole, Raymond Bachand, ni le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n'ont paru empressé de lancer de nouvelles stratégies en ce sens.

«Il y a beaucoup d'éléments du Plan Sud qui sont déjà en marche. D'ailleurs, le Conference Board le dit», a fait valoir le ministre Bachand au cours d'un point de presse suivant l'annonce d'un fonds de dotation de 15 millions de dollars pour la Fondation du maire qui subventionne les jeunes entreprises.

Embauche des nouveaux arrivants

Selon le ministre, le chômage plus élevé à Montréal s'explique en partie par la réticence des gens d'affaires québécois à embaucher les nouveaux arrivants. «Montréal est la ville qui accueille les immigrants. Dans le taux de chômage de la région, l'immigration pèse lourd. Comme Québécois, on prend plus de temps que les Ontariens à intégrer les immigrants sur le marché du travail. Il y a du travail à faire. J'ai lancé plusieurs mesures dans le budget sur cet aspect-là», dit-il.

En mai dernier, le taux de chômage de la région de Montréal et sa banlieue s'élevait à 9%. Quant au taux en vigueur dans l'île de Montréal, il se situe à près de 11%. Le taux en vigueur au Québec à l'extérieur de la région métropolitaine de recensement (RMR) de Montréal tourne autour de 6%, selon l'économiste Marcel Côté, qui se demande quel écart ça va prendre avant que le Québec se mette à se soucier de l'état de l'économie montréalaise. En fait, l'écart entre le taux de chômage de Montréal et sa banlieue, d'une part, et celui du reste de la province, d'autre part, ne cesse de se détériorer depuis 15 ans (voir tableau). La tendance s'est même amplifiée depuis 2009. La RMR de Montréal tire aussi de l'arrière par rapport aux autres RMR du Canada comptant au moins un million de personnes.

Pour redresser la situation, l'économiste Mario Lefebvre, du Conference Board, propose un Plan Sud en sept étapes: rétablir la santé financière, mieux intégrer les immigrants qu'il faut continuer d'attirer, stimuler l'investissement, gouverner de manière transparente, soutenir les grappes industrielles, commercialiser la recherche et intégrer le développement régional.

De nouvelles sources de revenus

Présent au même événement que le ministre Bachand, hier, le maire Gérald Tremblay a pour sa part réitéré l'importance pour sa ville de compter sur de nouvelles sources de revenus, en plus de l'impôt foncier.

«Le Plan Sud est une copie conforme des discussions qu'on a avec le gouvernement du Québec sur la création de richesse. Est-ce qu'on peut trouver une nouvelle façon de mieux partager cette nouvelle richesse et diversifier les sources de revenus des villes? Et le gouvernement du Québec a montré une très bonne ouverture», dit-il.

Le pacte fiscal entre Québec et les municipalités arrive à échéance le 31 décembre 2013. Actuellement, les gouvernements supérieurs, provincial et fédéral, profitent de l'activité économique par le truchement des taxes de vente et de l'impôt sur le revenu des particuliers et des sociétés. Pour les villes, qui comptent surtout sur l'impôt foncier, le rendement sur l'investissement est passablement plus long.

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