Le Club Med s'intéresse à Charlevoix

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Le Massif de Charlevoix

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Après les palmiers des Caraïbes, le Club Med pourrait s'installer à l'ombre... des érables québécois. L'entreprise qui exploite plusieurs «oasis vacances» dans le monde à l'intention d'ouvrir des villages de ski aux États-Unis, au Canada et plus précisément dans la Belle Province, où des discussions ont été entamées avec les représentants du Massif de Charlevoix, a appris La Presse Affaires.

Impossible de savoir si les G.O. (gentils organisateurs) du Club Méditerranée éliront assurément domicile dans la région de Charlevoix puisque l'entreprise aurait tenté une approche avec les dirigeants de la station de ski, il y a environ un mois seulement. Aucun plan n'a été mis sur la table et, pour le moment, aucune visite des lieux n'a été organisée. Mais chose certaine, l'entreprise a l'oeil sur le Québec.

«On a une vraie volonté d'avoir des resorts aux États-Unis et au Canada, affirmait hier le président-directeur général de Club Med Amérique du Nord, Xavier Mufraggi, au cours d'un point de presse visant à dévoiler les résultats financiers de l'entreprise. On pense au Colorado, à la Californie, au Québec... On irait pour un produit montagne, ouvert hiver comme été. Et un produit québécois, poursuit-il, serait encore plus [adapté aux] quatre saisons qu'ailleurs.»

Du côté des autres stations de ski québécoises que La Presse Affaires a contactées, comme Mont-Tremblant et Mont-Sainte-Anne, personne ne semblait au courant des intentions du Club Med. Les représentants de Mont-Orford n'ont pas répondu à nos appels.

Par ailleurs, le projet de «village montagne» en Amérique du Nord semble susciter beaucoup d'intérêt. Club Med a reçu quelque 45 propositions d'affaires.

«C'est un bon moment pour acheter, reprendre et développer, croit M. Mufraggi. Le plus rapide serait de prendre un hôtel déjà existant. Mais jusqu'à maintenant, on n'a pas vu de choses intéressantes.» Club Med s'est fixé comme objectif d'ouvrir deux centres de villégiatures hivernaux en Amérique du Nord d'ici 2016.

Rappelons que l'entreprise n'en est pas à sa première tentative d'atterrissage en terre québécoise. En 2001, un Club Med World a ouvert ses portes rue Sainte-Catherine à Montréal. L'idée était d'offrir un complexe de divertissements et de détente où les gens pouvaient venir manger, prendre un verre, voir des spectacles de cirque et même réserver des vacances. Ce concept de tourisme urbain n'a toutefois pas eu le succès escompté. Près de 18 mois après son inauguration, on a mis la clé sous la porte.

En plus de ses projets en Amérique du Nord, Club Med a aussi du nouveau sous le soleil... chinois.

«L'objectif, c'est d'aller chercher 200 000 clients qui viennent de Chine, explique Xavier Mufraggi. La Chine pourrait devenir le deuxième marché le plus important en matière de clientèle, après la France.»

Club Med a donc inauguré un village de ski à Yabuli en décembre 2010. Un second accueillera ses premiers vacanciers cet été à Guilin, alors que trois autres seront implantés d'ici 2015. Conscient que la Chine est un marché qui diffère complètement de l'Europe et des Caraïbes, tant au niveau de la langue et de la nourriture, M. Mufraggi est toutefois convaincu que l'entreprise saura s'adapter. D'ailleurs, les G.O. de Yabuli parlent mandarin.

Le grand patron de Club Med Amérique du Nord rappelle que son entreprise a réussi à s'implanter à Cancún en 1976 alors «qu'il n'y avait rien autour». «Et nous étions le premier hôtel à Punta Cana, souligne-t-il. On a ouvert l'aéroport.»

Par ailleurs, près de huit ans après avoir mis en place sa stratégie axée sur le service haut de gamme et sur les séjours en famille, Club Med a enregistré l'hiver dernier une augmentation de 70% de son bénéfice net, à 17 millions d'euros. Le chiffre d'affaires a grimpé de 3,8%, à 783 millions d'euros. Et les touristes canadiens représentent une part de marché importante. Pour la saison hivernale 2012, les destinations de Sandpiper Bay, en Floride, et de Cancún, au Mexique, ont respectivement connu une hausse de leur clientèle canadienne de 35% et de 25%.

Toutefois, les nouvelles ne sont pas toutes bonnes. Les réservations des quatre dernières semaines en Europe - principal marché de l'entreprise - affichent un recul de 1,1%. «On ressent l'inquiétude et l'incertitude du marché européen, a commenté M. Muffragi. La récession est très longue. On prévoit quand même une évolution d'ici 2014.»

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