Les syndiqués de la CCQ en lockout jusqu'à vendredi

La direction de la Commission de la construction du Québec (CCQ) a décrété... (Photo: La Presse)

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Pierre St-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

La direction de la Commission de la construction du Québec (CCQ) a décrété mercredi soir un lockout jusqu'à vendredi 18h «devant l'absence de volonté du Syndicat des employés professionnels et de bureau de négocier de bonne foi le renouvellement de leur convention collective».

Il s'agit d'une réplique au vote tenu plus tôt aujourd'hui par les quelque 600 employés de la CCQ, qui ont rejeté à 86 pour cent la dernière offre patronale et qui se sont prononcés en faveur d'une grève générale illimitée à partir de dimanche.

Selon le communiqué de la direction, au cours des dernières séances de conciliation, le syndicat s'est contenté d'exiger le retrait des demandes patronales plutôt que d'engager une véritable négociation.

Cet arrêt de travail de deux jours permettrait également à l'employeur de se préparer à la grève générale illimitée annoncée pour le 4 juin. Depuis le 7 mai, la CCQ aurait connu plusieurs journées de grèves intermittentes et quatre journées de grève générale.

Il est à noter que les 300 employés disposant de pouvoir d'enquête poursuivent leurs activités. La CCQ ajoute avoir pris les mesures nécessaires afin qu'un arrêt de travail ne perturbe pas la tenue du scrutin syndical qui se tiendra du 4 au 25 juin.

Le Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB-Québec), qui représente les employés en question, reproche à la présidente et directrice générale de la CCQ, Diane Lemieux, de faire preuve d'intransigeance et son directeur exécutif, Serge Cadieux, veut que les patrons de celle-ci s'en mêlent.

«On demande aux ministres responsables du dossier, qui ont été absents tout au long de ces négociations - soit la ministre du Travail, Lise Thériault, et la présidente du Conseil du Trésor, Michelle Courchesne, de qui relève ultimement la négociation à la CCQ - d'intervenir dans le dossier», a indiqué M. Cadieux.

Les employés, qui sont sans contrat de travail depuis décembre 2009, se heurtent à ce qu'ils qualifient d'intransigeance de la part Mme Lemieux, dont l'offre dite finale et globale déposée récemment comprend des concessions sur le régime de retraite équivalentes à 15 pour cent de la masse salariale.

Bien que l'offre de la Commission était finale, son porte-parole, Louis-Pascal Cyr, estime qu'il y a toujours possibilité de reprendre les discussions si la partie syndicale se montre prête à discuter, ce qui n'était pas le cas lors des dernières rencontres, selon lui.

«L'offre qui a été présentée aux syndiqués n'a pas pu bénéficier du jeu de la négociation normale, a indiqué M. Cyr. Nous prenons acte qu'elle a été rejetée, mais nous voulons pouvoir discuter avec le syndicat pour voir quelles sont leurs contre-propositions parce que jusqu'ici, leur seule réponse a été de nous demander de retirer notre offre.»

Il dit par ailleurs trouver «étrange» la demande d'intervention ministérielle.

«Partout au Canada dernièrement il y a eu des conflits de travail - Air Canada, Postes Canada et CP Rail - et dans tous ces cas, les syndicats ont dénoncé l'intervention gouvernementale qui, à leurs yeux, venait fausser le jeu de la négociation», a-t-il dit.

Le syndicat ne voit toutefois pas une base de négociation dans cette offre, qui déroge complètement du cadre législatif imposé à l'ensemble des employés des secteurs public et parapublic, cadre qui comprenait des hausses salariales de sept pour cent étalées sur cinq ans. Le SEPB déplore de plus que les employés de la CCQ sont les seuls à ne pas avoir conclu de nouvelle convention collective dans les secteurs public et parapublic québécois.

Quoi qu'il en soit, l'employeur se dit déterminé à intensifier le processus de conciliation actuel s'il le faut.

«Nous avons dès aujourd'hui (mercredi) indiqué au conciliateur que nous souhaitons avoir des dates très, très rapidement, demain (jeudi), pour relancer le processus de négociation car nous voulons négocier», a indiqué Louis-Pascal Cyr.

Celui-ci se dit néanmoins confiant de voir la Commission jouer son rôle en cas de grève.

«Il reste 300 autres employés syndiqués qui sont dotés de pouvoirs d'enquête. On parle ici des inspecteurs de chantier, notamment des enquêteurs pour les plaintes d'intimidation et les choses du genre. La CCQ va continuer d'être sur le terrain pour la lutte contre le travail au noir», a dit le porte-parole.

Le syndicat soutient au contraire qu'une grève causerait des perturbations importantes dans le processus puisque le travail des inspecteurs sur le terrain ne pourrait être épaulé par les employés de bureau qui font les vérifications sur les allégations de travail au noir.

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