Conflit étudiant: baisse du chiffre d'affaires au centre-ville

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Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

Des manifestants se sont arrêtés en face de... (Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Photo: Patrick Sanfaçon, La Presse

Des manifestants se sont arrêtés en face de l'hôtel Omni le mois dernier au cours d'un des nombreux rassemblements tenus dans le centre-ville depuis le début de la crise étudiante.

Les manifestations étudiantes ont fait chuter d'environ 15% le chiffre d'affaires de plusieurs commerces du centre-ville, selon la chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui est inquiète à l'approche de la haute saison touristique.

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«Les gens de la région de Montréal viennent moins au centre-ville, dit Michel Leblanc, président et chef de la direction de la chambre de commerce. C'est la crainte des embouteillages. Les gens sont inquiets de ne pas pouvoir repartir du centre-ville à cause des rues bloquées. Beaucoup de commerces nous disent qu'ils ont subi une baisse de 15% de leur chiffre d'affaires. Les restos sont touchés encore plus durement. Dans la rue Crescent, on parle d'une baisse de 20%. Certains grands restos sont en baisse de 60%.»

Y a-t-il eu une baisse du tourisme à Montréal au cours des dernières semaines? Difficile à dire. Au Jardin botanique, l'un des attraits touristiques les plus importants en ville, le nombre de visiteurs a doublé entre le 1er et le 17 mai, passant de 5060 visiteurs en 2011 à 10 454 visiteurs cette année. Le Parc olympique n'avait pas ses données de fréquentation pour le mois de mai. Tourisme Montréal n'a pas rappelé La Presse Affaires.

Saison touristique

Selon la chambre de commerce, il est trop tôt pour voir si les manifestations auront des conséquences sur la saison touristique. «Il y a des risques, dit le président Michel Leblanc. Nous suivons la situation de très près. Les hôteliers vont le savoir assez vite au cours des prochaines semaines.»

Selon la chambre de commerce, le taux d'occupation des hôtels de la métropole a été plus élevé de janvier à avril 2012 par rapport à la même période l'an dernier. Michel Leblanc a bon espoir que les touristes étrangers seront aussi nombreux à venir à Montréal cet été. «Le Québec n'est pas le centre de l'univers, dit-il. Il y a des choses qui se passent aussi en Grèce et en Europe.»

La chambre de commerce s'inquiète néanmoins de voir les gens de la région de Montréal fréquenter moins le centre-ville depuis quelques semaines. «Les salles de spectacle moins fréquentées qu'à l'accoutumée, dit Michel Leblanc. C'est fort probable que les gens vont voir une pièce de théâtre ou un film ailleurs qu'au centre-ville. En ce sens, ce n'est pas de l'argent perdu. Ce qui est dangereux, c'est l'affaiblissement du centre-ville. Les grandes métropoles que Montréal admire ont toutes un centre-ville vibrant et festif, comme c'est le cas ici aussi. C'est une force de Montréal auprès des touristes. Ce qui nous inquiète, c'est que les perturbations pourraient forcer les gens à adopter d'autres habitudes qui fragiliseront le centre-ville.»

Sans se prononcer sur la loi spéciale, la Chambre de commerce appuie «l'objectif de créer une pause» dans le conflit, laquelle sera bénéfique pour l'économie montréalaise qui profitera de la manne touristique estivale. «Elle permettra aussi aux étudiants n'ayant pas fini leur session de savoir de se trouver un emploi d'été comme ils savent maintenant qu'ils n'auront pas de cours cet été», dit Michel Leblanc.

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