Opération séduction pour l'Alberta au Québec

Hélène Baril

(Montréal) Il faisait un temps frisquet hier matin à Montréal et Tim Shipton, le président de l'Alberta Enterprise Group, espère que l'accueil de Québec Inc. sera moins frais quand il reviendra la semaine prochaine avec son groupe d'hommes d'affaires.

Tim Shipton pilote la première mission officielle de l'Alberta en terre québécoise, dont l'objectif est de jeter les bases d'une relation politique et économique fructueuse avec le Québec.

Alors que les Albertains critiquent publiquement les Québécois qui dépensent leurs transferts fédéraux sans compter et que les Québécois s'exaspèrent du bilan environnemental désastreux de l'industrie des sables bitumineux, le moment ne paraît pas idéal pour un rapprochement.

Tim Shipton pense le contraire. «Il y a des politiciens qui mettent l'accent sur les préjugés. Nous pensons au contraire que le moment est bien choisi pour resserrer les liens qui existent entre nous», assure-t-il lors d'un entretien avec La Presse Affaires.

Ces liens sont nombreux, ajoute-t-il, en énumérant les Bombardier, WestJet, Prévost Car et autres SNC-Lavalin qui font de bonnes affaires dans les deux provinces.

L'Alberta Enterprise Group est une organisation née en 2007 pour faire entendre la voix de la communauté d'affaires albertaine à l'extérieur de la province. Ses combats ont surtout été pétroliers. L'Association a par exemple appuyé le projet de pipeline Keystone XL qui permettrait d'exporter de plus grandes quantités de pétrole canadien aux États-Unis. Elle a aussi contre-attaqué l'entreprise Chiquita, qui songeait à boycotter le pétrole issu des sables bitumineux.

L'Alberta Enterprise Group n'est pas la voix de l'industrie pétrolière albertaine, assure Tim Shipton. L'énergie y occupe une grande place, et les gros canons du secteur en sont membres, mais tous les décideurs importants des autres secteurs comme le transport, l'agriculture ou le tourisme y sont aussi, précise-t-il.

Québec 101

Ils seront tous ici entre le 15 et le 17 mai, ces gros canons de Suncor, Syncrude, Enbridge et autres. Tous des dirigeants de haut niveau, les décideurs, assure Tim Shipton.

Pour se mettre dans le bain, les dirigeants albertains commenceront par un cours de Québec 101, donné conjointement par l'économiste en chef de la Financière Banque Nationale, Stéfane Marion, et l'éditorialiste en chef de La Presse, André Pratte.

Au cours de cette visite à l'horaire chargé, ils seront reçus par leurs vis-à-vis québécois, dont la Caisse de dépôt et Hydro-Québec. Une réception animée par le ministre conservateur Maxime Bernier aura lieu dans le train qui mènera la délégation à Québec. Une fois sur place, une autre soirée les attend au Club de la Garnison, cette fois avec le maire de Québec, Régis Labeaume.

Un accord commercial entre le Québec et l'Alberta pourrait découler de cette première mission albertaine. Pourquoi pas, estime Tim Shipton, qui croit qu'en réunissant les décideurs des deux provinces, on met en terre des graines qui porteront des fruits avec le temps.

C'est André Boisclair qui agit comme conseiller auprès de l'Alberta Enterprise Group. L'ancien ministre québécois, qui est aussi conseiller de Questerre, travaille avec un autre politicien recyclé dans les affaires: Tim Shipton était auparavant à la direction de l'Association des progressistes-conservateurs de l'Alberta.

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