Dix difficultés auxquelles sont confrontés les entrepreneurs

Marie-Pier Otis...

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Marie-Pier Otis

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

(Montréal) Lancer une entreprise à partir zéro n'est pas une sinécure. Marie-Pier Otis, présidente à 27 ans de Glober.tv, de Montréal, en sait quelque chose. La jeune femme a démarré en avril 2011 une société de production et une webtélé sur le thème du voyage d'agrément.

Un an plus tard, l'entrepreneure originaire de Québec est maintenant en mesure de se verser un petit salaire. Elle a aussi noué une panoplie de partenariats prometteurs qui la rendent optimiste pour l'avenir. Le 11 avril dernier, elle est venue partager son expérience d'entrepreneure avec les élus de la commission politique de l'agglomération de Montréal qui se penche sur l'efficacité des services consacrés au développement local.

La commission a pour mandat de déterminer si les Montréalais en ont pour leur argent à l'égard des services d'aide aux entrepreneurs qui cohabitent dans l'île de Montréal. Dans un document de réflexion, l'administration municipale se questionne sur les résultats mitigés obtenus par la région en termes de création d'entreprises et montre du doigt comme responsable l'éparpillement des ressources.

Le témoignage de MmeOtis est intéressant parce qu'elle a traité directement avec trois ou quatre organismes d'aide à l'entreprise durant son parcours.

L'entrepreneure, qui demeure dans l'arrondissement de Ville-Marie, a d'abord suivi un cours sur le lancement d'entreprise, puis un autre sur l'art de vendre, tous deux donnés par le Service d'aide aux jeunes entreprises (SAJE) Montréal.

Ensuite, Marie-Pier Otis a été jumelée à un conseiller, qui l'a aidée à structurer une première ronde de financement. Quelque 21 000$ ont ainsi été amassés par le truchement de prêts (Fondation canadienne des jeunes entrepreneurs), de bourses (jeunes promoteurs par le truchement de la Société de développement économique Ville-Marie), et de concours (Fondation du maire de Montréal, concours québécois en entrepreneuriat, Femmessor).

Dans le processus, elle a été jumelée à un premier, puis à un second mentor, Michel Caron, de webpresse.ca, dont elle est très contente.

«Les liens avec les organismes d'aide se sont poursuivis bien au-delà de la première ronde de financement, sinon je ne serais pas là aujourd'hui», dit Mme Otis, à qui la Société de développement économique Ville-Marie (SDÉVM) a demandé d'agir à titre de présidente d'honneur de la 14e édition de son concours québécois en entrepreneuriat le 12 avril dernier.

Si l'expérience s'est avérée probante au final, la présidente de Glober souligne néanmoins quelques lacunes, faisant ainsi écho aux 10 difficultés identifiées par l'organisme SAJE Montréal dans son mémoire déposé devant cette même commission.

Par exemple, Marie-Pier Otis déplore que des projets d'entreprise soient rejetés sans appel. «Tout ne peut pas être accepté, c'est sûr. Mais les jeunes entrepreneurs ont besoin d'encouragement. Qu'est-ce que ça serait de leur donner 500$ de bourse, pour leur donner le goût de persévérer?» se demande celle qui a connu la déception en n'étant pas retenue par la Fondation du maire en 2011.

Elle critique aussi les nombreuses exclusions qui caractérisent les différents programmes. Par exemple, elle a dû payer de sa poche le cours de lancement d'entreprise au SAJE alors que la vaste majorité de la classe bénéficiait de la mesure Soutien au travail autonome, à laquelle MmeOtis n'était pas admissible.

Finalement, la jeune femme tient à mettre en garde les futurs entrepreneurs de la lourdeur administrative associée aux traitements des demandes de financement. «Les parcours sont complexes. Il faut vraiment être déterminé pour se rendre jusqu'au bout. C'est beaucoup de paperasse pour obtenir bien souvent de petites sommes.» Mieux vaut se concentrer sur les ventes, suggère-t-elle.

Dix problématiques ressenties par les nouveaux entrepreneurs

1. Disparité entre les projets d'entreprise et les priorités des bailleurs de fonds.

2. Nombreuses exclusions d'admissibilité.

3. Lourdeur du processus en regard du gain potentiel.

4. Longs délais d'approbation.

5. Mise en place obligatoire d'un processus de coaching.

6. Magasinage de subventions par les entrepreneurs.

7. Aucune défense orale du projet par les entrepreneurs pour certains programmes.

8. Nouveaux délais à l'étape du décaissement des fonds.

9. Réunions des comités de sélection des projets tous les six mois.

10. Incompréhension à l'égard de certaines conditions à satisfaire.

Source: Mémoire de SAJE Montréal sur la valorisation du développement économique local, avril 2012

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