Michael Sabia passe à la Caisse

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Photo Bernard Brault, La Presse

Michael Sabia, chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Hélène Baril

(Montréal) Après avoir renoncé à sa prime pour les deux premières années de son mandat, le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec a décidé d'accepter la somme à laquelle il a droit en 2011, ce qui a fait presque doubler sa rémunération.

Michael Sabia a reçu 940 000$ en 2011, soit un salaire de base de 500 000$ et une prime de 400 000$, en plus d'une autre rémunération de 40 000$. Il s'agit d'une augmentation de 74% par rapport à sa rémunération de l'exercice précédent.

La prime de Michael Sabia totalise en fait 1,2 million pour 2011. Le grand patron de la Caisse en a encaissé une partie, soit 400 000$, et a différé 800 000$ jusqu'en 2014, conformément à la nouvelle politique de rémunération instaurée sous son règne. La somme différée variera à la hausse ou à la baisse selon les rendements qui seront obtenus par la Caisse en 2012 et en 2013.

Au total, la rémunération de 1,78 million accordée à Michael Sabia est très inférieure à celle reçue par les dirigeants des autres grandes caisses de retraite au Canada, souligne la Caisse dans son rapport annuel 2011 rendu public hier.

Ainsi, le grand patron de Teachers', caisse de retraite des enseignants de l'Ontario, a reçu 4,4 millions et le patron du Régime de pension du Canada a reçu 2,99 millions.

Le successeur d'Henri-Paul Rousseau à la tête de la Caisse de dépôt n'est pas non plus le plus gourmand parmi ceux qui l'ont dirigée. D'entrée de jeu, il a renoncé aux augmentations salariales annuelles et au régime de retraite. Il avait aussi renoncé aux primes auxquelles il avait droit en 2009 et 2010.

Cette frugalité fait en sorte que quatre des subalternes de Michael Sabia ont gagné plus que lui en 2011.

Il s'agit de Daniel Fournier, président du groupe immobilier, qui a encaissé 1,45 million, de Roland Lescure, chef des placements, dont la rémunération totale a été de 1,14 million pour 2011, de Normand Provost, chef de l'exploitation, qui a gagné 1,08 million, et de Claude Bergeron, responsable des risques, dont le salaire a été de 946 667$.

Dans le cas de Claude Bergeron, sa rémunération de 2011 inclut une somme forfaitaire de 266 667$, indique le rapport annuel, «en reconnaissance de sa contribution passée et continue à la gestion active et à la restructuration du dossier des BTAA», ces titres à haut risque qui ont coulé la Caisse en 2008.

La Caisse de dépôt a réalisé un rendement de 4% l'an dernier, une performance inférieure à celle de son portefeuille de référence à 4,2%, mais qui la place pourtant parmi les meilleures gestionnaires au Canada.

L'Association québécoise des retraités des secteurs public et parapublic estime que Michael Sabia ne mérite pas une prime de 1,2 million, parce que le rendement de 2011 est inférieur à son indice de référence et très en deçà du rendement à long terme de 7% dont le régime des travailleurs de l'État a besoin pour honorer ses engagements.

Au total, les employés de la Caisse, y compris ses dirigeants, se sont partagé des primes de 31,4 millions pour 2011, comparativement à 35 millions en 2010.

La somme des primes est encore loin des 44,2 millions que s'étaient partagés les employés de la Caisse de dépôt en 2007, avant la crise financière.

Cette année-là, le président et chef de la direction Henri-Paul Rousseau avait encaissé 2,4 millions en rémunération, dont 490 000$ en salaire de base et le reste en primes.

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