En anglais chez l'une, mais pas chez l'autre
Photo: Archives La Presse
À la Banque Nationale, la clause prévoyant qu'IBM offre des services en français aurait été abandonnée par l'institution en 2009. Par la suite, les employés francophones d'IBM affectés à ce compte auraient progressivement quitté la firme, remplacés par des anglophones de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et des États-Unis.
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La Presse
«Il arrive parfois que des experts d'IBM s'expriment uniquement en anglais, mais sinon, les communications ont lieu majoritairement en français», nous indique le porte-parole du Mouvement Desjardins, André Chapleau.
Hier, La Presse a reçu de nombreuses réactions au reportage portant sur la langue de travail à la Banque Nationale. Le reportage a fait état de l'utilisation de l'anglais par de nombreux employés de la Banque, particulièrement ceux du service des technologies de l'information (TI).
Des sources proches d'IBM nous indiquent que les services de la multinationale sont maintenant offerts en français pour seulement 2 des 12 clients du Québec, soit Desjardins et la Ville de Montréal. La porte-parole d'IBM, Johanne Fortin, a affirmé que la firme «travaille avec une foule de clients et [...] le fait dans la langue de leur choix».
À la Banque Nationale, la clause prévoyant qu'IBM offre des services en français a été abandonnée par l'institution en 2009, selon nos informations. Par la suite, les employés francophones d'IBM affectés à ce compte auraient progressivement quitté la firme, remplacés par des anglophones de l'Ontario, de la Colombie-Britannique et des États-Unis. L'anglais serait maintenant prédominant chez IBM à Montréal, nous dit-on.
Hier midi, la Banque Nationale a publié un communiqué en réaction à notre reportage. «Nous prenons acte des enjeux soulevés ces jours-ci. Ces enjeux ne nous laissent pas indifférents: ils nous interpellent. Nous renforcerons le dialogue avec les équipes concernées pour élaborer des solutions viables, qui conviennent à la fois à nos employés et à la réalité d'affaires avec laquelle nous devons composer», écrit la Banque Nationale, qui se dit fière de ses racines québécoises.
En fin de journée, le porte-parole de la Banque, Claude Breton, n'a pas voulu commenter la différence entre la langue de travail des services informatiques de Desjardins et celle de la Banque Nationale. «Nous ne nous excuserons pas de créer à Montréal des centaines de postes de qualité. Et il nous faut plus de 24 heures pour faire des ajustements avec nos équipes concernant ces enjeux», a-t-il dit.
Réactions à Québec
Le sujet a rebondi à l'Assemblée nationale. «Est-ce que le premier ministre trouve acceptable qu'une entreprise force ses employés à travailler en anglais au Québec? Est-ce que le premier ministre va faire honneur à sa langue et dire à la Banque Nationale: si vous voulez faire affaire avec le gouvernement des Québécois, vous allez respecter le droit des Québécois de travailler en français?», a demandé le député péquiste François Rebello.
La ministre de la Culture, Christine St-Pierre, a répondu que l'Office de la langue française allait faire les vérifications qui s'imposent. «La Banque Nationale s'est inscrite de façon volontaire à l'Office en 1983 et elle a obtenu un certificat de francisation. Ayant un certificat de francisation, il doit y avoir un comité de francisation et la Banque doit se soumettre à certaines règles», a essentiellement répondu Mme St-Pierre.
Troublée
De son côté, la présidente de Québec solidaire, Françoise David, s'est dite troublée par les révélations de La Presse. «Je trouve scandaleux que les pratiques décrites dans La Presse se déroulent à l'intérieur d'une banque qui dit respecter la loi 101 et qui est la première banque québécoise. Il est nécessaire que le président de la Banque Nationale [Louis Vachon] fournisse non seulement des explications sur cette situation, mais qu'il y apporte des correctifs très sérieux», a dit Mme David.
Selon Québec solidaire, les employeurs ne doivent pas exiger la connaissance de l'anglais pour un emploi à moins qu'ils puissent démontrer que cette langue est indispensable. Le parti propose notamment de bannir l'utilisation de matériel technique en anglais et de remplacer ces outils par leurs équivalents en français.
Par ailleurs, les lecteurs de La Presse font état d'autres entreprises du Québec inc. qui ont baissé les bras en ce qui concerne le français comme langue de travail.
Pour joindre notre journaliste: fvailles@lapresse.ca
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