Faire le ménage à la Caisse de dépôt a coûté cher

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Passer du régime Rousseau à l'ère Sabia a coûté près de 10 millions de dollars... (Photo: Archives La Presse)

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(Montréal) Passer du régime Rousseau à l'ère Sabia a coûté près de 10 millions de dollars à la Caisse de dépôt en contrats à des firmes de recrutement et en indemnités de départ, révèlent différents documents provenant de l'institution québécoise.

La haute direction de la Caisse est méconnaissable depuis les 40 milliards de dollars de pertes enregistrées en 2008. Au comité de direction de la Caisse, le groupe des ex de la Banque Laurentienne qu'Henri-Paul Rousseau, ancien patron de la Laurentienne, avait placés au fil des ans, a maintenant quitté l'organisation.

En fait, le bureau de direction a été changé au grand complet, à l'exception de Normand Provost, premier vice-président Placements privés et chef des Opérations, seul rescapé de la période Rousseau.

Remplacer tous ces gens de haut niveau coûte cher. La Caisse a payé 1,4 million à des firmes de recrutement pour combler sept postes de direction. À noter que cinq hauts dirigeants siégeant aujourd'hui au comité de direction ont été recrutés à l'interne ou au sein du personnel des filiales de l'organisation.

La somme de 1,4 million ne vaut que pour les honoraires des firmes de recrutement et ne couvre pas leurs dépenses, aux frais du client selon la pratique de l'industrie. «Les frais encourus s'ajoutent aux honoraires, ils ne sont pas habituellement importants en regard des honoraires versés», précise Denis Couture, premier vice-président Affaires publiques.

Cette facture continuera d'augmenter parce que certains mandats se sont poursuivis ou ont été donnés en 2010. Nous n'avons ici que les sommes de 2009.

La firme réputée Egon Zehnder International a touché des honoraires de 1 million de la Caisse depuis 2008. Elle a trouvé Michael Sabia pour 300 000$. Au même tarif, elle a déniché en Europe le chef de la direction des placements, Roland Lescure. Un troisième mandat de 300 000$ a débouché sur l'embauche de Frédérick Charette comme premier vice-président, gestion des talents et développement organisationnel.

La Caisse a versé 100 000$ à Egon pour avoir validé la candidature de Claude Bergeron comme chef de la direction des risques, lui qui travaille à la Caisse depuis 22 ans. Ce mandat s'étant terminé en 2010, une nouvelle facture est à prévoir.

La firme suisse travaille actuellement à combler le poste de chef de la direction financière de l'institution québécoise. Le patron de la Caisse, M. Sabia, occupe ce poste par intérim depuis le départ de Ghislain Parent en mai 2010. «On a toujours bon espoir d'avoir quelqu'un en poste comme chef de la direction financière en début 2011», dit M. Couture.

Autre bon client de la Caisse, Spencer Stuart a obtenu trois mandats totalisant 400 000$ pour trouver deux vice-présidents principaux Gestion des risques et un économiste en chef, qui ne l'est plus huit mois après son entrée en fonction. Satisfaite de son travail, la Caisse a donné à la même firme le mandat de trouver un nouveau chef économiste à la place d'Oliver Fratzscher, muté à New York.

Ces sommes viennent s'ajouter aux millions versés en indemnités de départ auxquels ont eu droit plusieurs membres du comité de direction qui étaient aux commandes quand la Caisse a connu ses déboires.

Depuis 2008, des indemnités de départ totalisant 4,6 millions ont été remises à Ghislain Parent, premier vice-président Finances et opérations (400 000$), François Grenier, premier vice-président Marchés boursiers (950 000$), Michel Malo, premier vice-président Fonds de couverture (629 500$), Christian Pestre, stratégiste en chef (375 000$), Robert Desnoyers, premier vice-président Ressources humaines (365 800$), Van Phong Pham, premier vice-président Technologies de l'information (516 500$), Richard Guay, président et chef de la direction, puis conseiller stratégique (1 008 772$), et Henri-Paul Rousseau, président et chef de la direction (379 000$).

Les autres membres du comité de direction ayant quitté la Caisse n'ont pas touché d'indemnité soit parce qu'ils ont pris leur retraite (Fernand Perreault et Suzanne Masson), soit parce qu'il s'agissait de départs volontaires (Philippe Ithurbide, Susan Kudzman et René Tremblay).

D'autre part, le plan de recentrage et simplification de la Caisse, orchestré par M. Sabia, est responsable de la majorité des 73 départs involontaires avec indemnités chez les employés de la Caisse en 2009. Elle a versé une somme de 3 976 000$ à ce titre, un sommet des cinq dernières années.

Le nombre de départs involontaires avec indemnités a fluctué de 28 à 45 par an, les quatre années précédant 2009. Les indemnités totales varient entre 880 000$ et 3 198 000$ par année, entre 2005 et 2008.

Ces départs ont notamment pour objet la réduction des dépenses de façon récurrente. La masse salariale est passée de 80,7 millions, en 2008, à 64,1 millions, en 2009. En avril 2010, la Caisse a annoncé une série de mesures visant à réduire ses frais d'exploitation de 20 millions additionnels.

- Avec la collaboration de William Leclerc

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EN CHIFFRES

1,4 million??

Honoraires versés à des chasseurs de têtes en 2008-2009 pour combler sept postes de direction, dont celui du président Michael Sabia.

3,976 millions

Indemnités de départ versées à 73 employés en 2009, dont les départs sont en majorité attribuables au plan de recentrage et de simplification de la Caisse.

4,625 millions

Indemnités de départ versées à huit hauts dirigeants depuis 2008.

Source : CDP

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