Québec se défend d'avoir récompensé le président du c.a. de la Caisse

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Le président du conseil d'administration de la Caisse... (Photo: François Roy, La Presse)

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Photo: François Roy, La Presse

Le président du conseil d'administration de la Caisse de dépôt et placement, Robert Tessier, recevra une rémunération annuelle de 195 000 $ alors que son prédécesseur Pierre Brunet gagnait 125 000 $ par année.

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    Alexandre Robillard

Le gouvernement du premier ministre Jean Charest s'est défendu, mercredi, d'avoir offert une augmentation de 70 000 $ à un haut dirigeant de la Caisse de dépôt et placement pour le récompenser d'avoir contribué à la nomination de Michael Sabia à la tête de la société d'État.

La ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, a affirmé que le président du conseil d'administration de la CDP, Robert Tessier, méritait une rémunération annuelle de 195 000 $ parce qu'en acceptant cette responsabilité, le 5 mars, il avait dû renoncer à sa fonction de président du conseil de Gaz Métro.

«Je suis très à l'aise, justement, de défendre le salaire que va recevoir M. Tessier, a-t-elle déclaré en Chambre. Parce que M. Tessier a dû démissionner comme président du conseil d'administration de Gaz Métro, lequel le rémunérait à plus de 250 000 $ par année.»

Mercredi, le conseil des ministres a adopté un décret fixant les conditions de M. Tessier pour sa fonction, qu'il occupera à demi-temps.

Il obtient ainsi une rémunération plus élevée que son prédécesseur Pierre Brunet, qui gagnait 125 000 $ par année.

Mercredi, le Parti québécois s'est servi de cette décision pour revenir à la charge sur le processus de sélection de M. Sabia, au terme duquel M. Tessier a déclaré qu'il n'avait pas jugé bon d'inviter en entrevue trois autres candidats se trouvant sur la liste d'un cabinet de recrutement de cadres.

Le leader de l'opposition officielle, Stéphane Bédard, a demandé au gouvernement si l'augmentation accordée à M. Tessier était une récompense pour le rôle qu'il a joué dans la nomination de M. Sabia, annoncée le 13 mars, soit huit jours après la sienne.

«M. Tessier recevra un revenu largement supérieur à M. Brunet, a-t-il dit. La question est simple au premier ministre: est-ce que c'est une récompense pour avoir accompli les basses oeuvres du premier ministre?»

Pour le gouvernement, Mme Jérôme-Forget a répondu qu'en plus de Gaz Métro, M. Tessier avait aussi dû renoncer à siéger à d'autres conseils d'administration d'entreprises.

En plus de cette décision du conseil des ministres, le Parti québécois a aussi évoqué les récentes déclarations d'un membre du c.a. dont le mandat n'a pas été renouvelé, qui s'est récemment dissocié du processus qui a mené à la nomination de M. Sabia, annoncée le 13 mars.

Dans une entrevue publiée mercredi par le quotidien Le Devoir, Yvan Allaire, un spécialiste de la gouvernance d'entreprises, affirme que le fait d'avoir accompli le processus de sélection en une semaine était «presque miraculeux», faisant ainsi écho à M. Tessier, qui avait confié avoir eu une «révélation» en voyant le nom de M. Sabia sur la liste des candidatures.

La chef péquiste Pauline Marois, a interrogé le gouvernement sur la raison pour laquelle le mandat de M. Allaire n'a pas été renouvelé.

«M. Allaire indique qu'il aurait refusé d'approuver en vitesse le choix du premier ministre et il aurait insisté, lui, pour que les règles soient respectées, a-t-elle dit en Chambre. C'est sûrement un hasard si M. Allaire a appris que son mandat ne serait pas renouvelé la veille de la réunion du conseil d'administration qui devait servir à former le comité de sélection.»

Mme Jérôme-Forget a affirmé que devant les pertes sans précédent de 40 milliards $ qui ont marqué le dernier bilan de l'institution, le gouvernement avait trouvé «important» de nommer de nouveaux membres.

Elle a aussi affirmé qu'il était normal que M. Allaire nourrisse une certaine aigreur parce qu'il a dû renoncer à son poste d'administrateur.

«Je peux comprendre M. Allaire d'être un peu amer de ne pas avoir été renouvelé», a-t-elle dit.

Le premier ministre Jean Charest a pour sa part rappelé à Mme Marois qu'elle avait convenu de l'urgence de procéder à la nomination d'un nouveau président et chef de la direction de l'institution, après les départs d'Henri-Paul Rousseau et de Richard Guay, qui se sont succédés en moins d'un an.

«La question de la chef de l'opposition officielle est toujours étonnante, parce qu'au mois de février dernier elle demandait au gouvernement d'agir rapidement, de manière urgente», a-t-il dit.

Après la période de questions, Mme Marois a réclamé une nouvelle fois que le processus de sélection soit repris, affirmant que la crédibilité de M. Sabia est minée par l'intervention de M. Charest dans toute cette opération.

«L'urgence ne veut pas dire passer à côté des règles et vicier un processus et procéder comme on l'a fait, a-t-elle dit. Je crois qu'on peut faire les choses dans l'ordre.»

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