Transcontinental met Métro et ses hebdos à vendre

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne

Quelques jours après s'être délesté de ses publications dans les Maritimes, TC Transcontinental met en vente ses journaux du Québec et de l'Ontario tout en étant consciente qu'il pourrait être difficile de vendre l'ensemble de ses propriétés.

Le processus mis de l'avant mardi et qui doit s'échelonner sur quelques mois concerne 93 publications, dont le quotidien gratuit Métro de Montréal, ainsi que leur site web. Les 15 publications spécialisées dans les secteurs de la finance - comme le journal Les Affaires - et de la construction ainsi que l'édition de livres pédagogiques, qui génèrent des revenus annuels d'environ 100 millions, ne sont pas touchées.

À terme, le président et chef de la direction de Transcontinental, François Olivier, espère procéder à une décentralisation du modèle d'affaires en transférant entre autres la gestion ainsi que les responsabilités du marketing à des éditeurs locaux.

«Nous allons demeurer l'imprimeur et le distributeur de ces journaux par l'entremise du Publisac, a-t-il expliqué au cours d'une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne. C'est probablement le modèle le plus adéquat afin d'assurer la pérennité de la presse hebdomadaire.»

M. Olivier s'attend à vendre «au moins» la moitié de ses publications, mais dit avoir l'intention de conserver les titres qui ne trouveront pas preneur en raison de leur taille, de leur emplacement géographique ou tout simplement par manque d'intérêt.

«Nos journaux, malgré les défis, sont rentables, affirme-t-il. Nous n'allons pas donner ou fermer des publications qui sont rentables.»

Transcontinental s'était lancée dans l'édition d'hebdomadaires dans le milieu des années 1990 et avait mis fin à la guerre de la presse régionale en 2014 lorsqu'elle avait mis la main sur 40 journaux régionaux de Québecor. L'entente initiale de 75 millions concernait 74 journaux, mais le Bureau de la concurrence exigeait que Transcontinental se départisse de 34 titres. Finalement, 20 avaient été fermés et 14 autres avaient été vendus.

Depuis, l'éditeur et imprimeur a réduit l'empreinte de son secteur médiatique en raison du contexte publicitaire difficile. La semaine dernière, la société avait cédé 28 publications dans les Maritimes à SaltWire Network et avait fait de même en Saskatchewan l'an dernier.

L'an dernier, le secteur des médias ne représentait que 15,5 % du chiffre d'affaires de 2 milliards, comparativement à 19 % des recettes totales en 2015.

«Nous avons créé 27 sous-portefeuilles de publications, alors nous nous attendons à réaliser plusieurs transactions, a affirmé M. Olivier. Dans certaines régions, certains ont déjà manifesté leur intérêt. Aussi, il n'est pas impossible que certains employés décident d'acheter certains des actifs.»

Selon certaines sources, Québecor n'aurait pas l'intention de remettre le pied dans le secteur de la presse régionale, alors que l'intérêt ne semble pas au rendez-vous chez Groupe Capitales Médias. L'homme d'affaires Alexandre Taillefer, qui a acquis le journal Voir et le magazine L'actualité, a fait savoir qu'il n'avait «pas d'intérêt».

Incertitude et inquiétudes

Sous le couvert de l'anonymat, certains employés de Transcontinental n'ont pas caché leur inquiétude à la suite de la décision annoncée par l'éditeur et imprimeur.

«Les bons titres seront ceux qui seront vendus et est-ce que l'entreprise va vraiment vouloir conserver les publications dont la performance n'est pas au rendez-vous? C'est difficile à croire», a dit un employé.

D'autres se sont demandé ce qui arriverait aux emplois rattachés à la gestion des journaux hebdomadaires depuis Montréal une fois que des titres auront été vendus.

Le réseau des journaux régionaux de l'entreprise compte quelque 1000 salariés, comparativement à environ 1500 à la fin de 2016.

De son côté, le chercheur Sébastien Charlton, du Centre d'études sur les médias, affilié à l'Université Laval, ne s'est guère montré surpris du processus de mise en vente annoncé par Transcontinental.

«Ce n'est pas un choc, a-t-il affirmé au cours d'un entretien téléphonique. Il ne faut pas oublier qu'un acheteur éventuel devra continuer de faire affaire avec Transcontinental, qui conserve son réseau de distribution. L'entreprise demeure encore présente.»

Le président de DBC Communications - propriétaire de quatre hebdomadaires en Montérégie - et président d'Hebdos Québec, Benoit Chartier, a quant à lui rappelé que les journaux régionaux de Transcontinental étaient sur le marché «depuis un certain temps déjà».

«Ce n'est vraiment pas une surprise pour nous puisque l'entreprise met l'accent sur l'impression dans le secteur de l'emballage alimentaire», a-t-il dit.

M. Chartier, qui vient de réaliser l'acquisition de L'Oeil Régional de Beloeil, a affirmé qu'il n'était pas en mesure de dire s'il était intéressé par les publications disponibles chez Transcontinental.




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