Transcontinental réévaluera le modèle d'affaires des hebdos

Le président et chef de la direction de... (Photo André Pichette, La Presse)

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Le président et chef de la direction de TC Transcontinental, François Olivier, mercredi, lors de l'assemblée annuelle des actionnaires.

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La Presse Canadienne

La consolidation de la presse hebdomadaire au Québec n'empêchera pas TC Transcontinental d'apporter des changements à son secteur des médias, toujours aux prises avec une baisse des recettes publicitaires.

Sans aller jusqu'à confirmer la disparition de certains des quelque 110 hebdomadaires de l'entreprise, son président et chef de la direction, François Olivier, a expliqué mercredi que le modèle d'affaires actuel n'était plus viable dans certaines régions.

« Dans les régions, nos hebdos sont en très bonne forme, a-t-il expliqué, en marge de l'assemblée annuelle. Dans les grands centres comme Montréal, où l'on a plusieurs publications, c'est plus difficile. Il faudra réévaluer si chaque quartier peut avoir son hebdo. »

Si M. Olivier estime qu'il y a toujours un besoin pour du contenu local dans la région métropolitaine, il est toutefois d'avis que le modèle d'affaires actuel, dépendant de la publicité, doit changer.

En plus, le dirigeant du plus grand imprimeur au pays souhaite que les autorités gouvernementales lui accordent un peu de répit afin d'être capable de réduire certains frais.

« Le tirage des journaux a fléchi considérablement et les frais payés en lien avec le recyclage n'ont pas suivi la même tendance, a observé M. Olivier. Nous avons besoin de toute l'aide possible du côté gouvernemental. »

Investissements dans le numérique

Entre-temps, à l'ère des tablettes et des téléphones intelligents, Transcontinental - qui continue de croire que le papier a toujours sa place - mise notamment sur ses plateformes numériques pour relancer son secteur des médias.

Plus de 10 millions $ ont ainsi été investis en 2015, ce qui a notamment permis de développer et lancer l'application TC Media Nouvelles il y a un peu plus de trois mois.

« Nous avons eu près de 40 000 téléchargements du côté des applications régionales, a indiqué M. Olivier. Nous sommes rendus là où nous voulions. »

À terme, le grand patron de l'entreprise estime que le secteur des médias devra miser sur cinq ou six produits numériques différents « pour survivre », a ajouté le dirigeant de Transcontinental.

Malgré les défis du secteur des médias, M. Olivier n'a pas hésité à qualifier l'année 2015 d'« excellente » pour Transcontinental - qui célèbre son 40e anniversaire.

Devant les actionnaires, il a rappelé que la société avait enregistré le meilleur bénéfice ajusté de son histoire durant l'exercice 2015, à 187 millions $, même si ses revenus sont demeurés stables, à 2 milliards $.

Au cours de la prochaine décennie, M. Olivier s'attend à une croissance « effrénée », qui devrait principalement être générée par l'impression d'emballages souples de produits alimentaires, un secteur dans lequel Transcontinental a effectué une percée en 2014.

« L'emballage flexible est en croissance et c'est un marché qui n'est pas consolidé en Amérique du Nord », a-t-il expliqué lorsque questionné sur les possibilités d'acquisition.

L'entreprise a par ailleurs profité de son assemblée annuelle pour dévoiler ses résultats du premier trimestre de l'exercice 2016, où elle a vu ses profits fléchir légèrement.

Son bénéfice net a glissé de 1,6 %, à 37,3 millions $, ou 48 cents par action. Les revenus ont été de 498,9 millions $, en progression de 1,9 %, ce qui est largement attribuable à la contribution d'Ultra Flex Packaging et de l'appréciation du dollar américain par rapport au huard.

En excluant les éléments non récurrents, le bénéfice ajusté de Transcontinental s'est établi à 41,4 millions $, ou 53 cents par action, en progression de 8,3 % par rapport à il y a un an.

Cette performance a répondu aux attentes des analystes sondés par Thomson Reuters, qui tablaient sur un profit ajusté de 45 cents par action, mais a raté leur cible de 501 millions $ en ce qui a trait au chiffre d'affaires.

Dans le secteur de l'impression et de l'emballage, le bénéfice d'exploitation ajusté a progressé de sept % à 57,7 millions $, alors que ses recettes ont été de 382,2 millions $, en hausse de 5,7 %.

Le portrait est moins reluisant du côté des médias, où le bénéfice d'exploitation a plongé de 60 %, à 3,7 millions $. Le chiffre d'affaires a également glissé de 9,4 %, à 127 millions $.

À la Bourse de Toronto, l'action de Transcontinental a clôturé à 20,04 $, en hausse de 1,11 %, ou 22 cents.

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