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Des séries télé à grand budget à Montréal?

L'entreprise montréalaise Mediabiz tente d'attirer des séries télé... (PHOTO EDOUARD PLANTE-FRéCHETTE, LA PRESSE)

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L'entreprise montréalaise Mediabiz tente d'attirer des séries télé d'envergure au Québec.

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Y aura-t-il davantage de séries américaines à grand budget tournées à Montréal au cours des prochaines années ? L'entreprise montréalaise Mediabiz a eu des discussions récemment avec le gouvernement du Québec afin d'obtenir du financement pour tourner à Montréal une « grande série de télévision américaine », a appris La Presse. Ce financement se serait ajouté au crédit d'impôt québécois de 36 % pour les tournages étrangers. Un premier projet d'une « grande série de télévision américaine » n'a pas fonctionné, mais Mediabiz a toujours bon espoir d'attirer des séries télé d'envergure au Québec.

L'entreprise croit que Montréal, déjà réputé dans l'industrie du cinéma pour accueillir des tournages de films à grand budget comme les films de X-Men (budget d'environ 130 millions), peut accueillir davantage de grandes séries télé à grand budget, qui coûtent plusieurs millions de dollars par épisode. À titre d'exemple, la série House of Cards sur Netflix coûte environ 5 millions US par épisode.

«Je vois l'évolution de l'industrie, les comportements des consommateurs, la migration des talents du cinéma vers la télévision.»

Karine Martin
PDG de Mediabiz

« Le présent et l'avenir, ce sont les grandes séries télé. C'est vers là que sont les emplois à temps plein à long terme [dans l'industrie] », dit Karine Martin, PDG de Mediabiz, en entrevue à La Presse.

LOBBYING

En novembre dernier, Mediabiz a confié deux mandats de lobbying, dont un à l'avocat d'affaires André Ryan du cabinet BCF, pour faire des démarches auprès du gouvernement du Québec « dans le but d'obtenir un financement de la part du gouvernement pour le tournage à Montréal d'une grande série de télévision américaine », indique le mandat publié au Registre des lobbyistes du Québec. Ce financement s'ajouterait au crédit d'impôt du Québec, qui couvre 36 % des dépenses de tournages étrangers. « Il pourrait s'agir d'une subvention et/ou d'une participation en capital. La demande ne relève d'aucun programme en particulier », indique le mandat de lobbying auprès d'Investissement Québec, du ministère du Conseil exécutif et du ministère de l'Économie.

« En lien avec un projet spécifique qui était, selon nous, extrêmement structurant, nous avons exploré des solutions pour attirer une série d'envergure et ainsi créer un intérêt des producteurs étrangers de télé pour le Québec », dit Me André Ryan, qui a perçu « un intérêt pour le dialogue » de la part du gouvernement du Québec. Les mandats de lobbying de Me Ryan et de Patrice Ryan, président de Ryan Affaires Publiques, pour Mediabiz sont valides jusqu'à la fin de l'année 2016.

Pour des motifs de confidentialité, Mediabiz n'a pas révélé la série (ou le diffuseur) qu'elle tentait d'attirer à Montréal. Cette série ne sera finalement pas tournée au Québec. Mediabiz indique « qu'aucun projet [de grande série télé] n'est actif en ce moment », mais la société de production et de financement est convaincue qu'elle aura d'autres occasions d'affaires similaires à l'avenir. « Notre stratégie est globale, elle ne vise pas un seul projet », dit Karine Martin, qui fait valoir que les emplois liés à une série télé étrangère sont souvent plus longs que ceux liés à un film. « Une série télé, ce sont des emplois qui peuvent durer plusieurs années », dit-elle. Fondée en 2000 pour financer des projets de cinéma et de télé, Mediabiz fait aussi de la production depuis 2009.

LA COLOMBIE-BRITANNIQUE ET L'ONTARIO MISENT SUR LES SÉRIES

En 2015, Montréal a accueilli l'un de ses plus importants tournages de séries télé : Quantico, du réseau ABC, dont le budget variait entre 35 et 40 millions pour 12 épisodes (environ 3 millions par épisode). Le Bureau du cinéma et de la télévision du Québec (BCTQ), qui a notamment comme mission d'attirer des tournages étrangers, veut aussi attirer davantage de séries d'envergure au Québec. « Nous voulons ramener de la grosse série à Montréal. C'est moins prestigieux qu'un film, mais ça consomme plus de services », disait le directeur général du BCTQ, Pierre Moreau, l'été dernier.

La Colombie-Britannique et l'Ontario semblent profiter de façon générale davantage du phénomène des budgets de séries télé qui vont en augmentant. En 2014-2015, la Colombie-Britannique a vu les dépenses de tournages de séries étrangères passer de 441 millions à 871 millions (le nombre de séries télé n'est passé que de 49 à 55). En Ontario, les séries télé représentent 83 % des dépenses en tournages étrangers en 2014-2015 ; le montant total des dépenses en tournages étrangers a augmenté même si celles du cinéma sont passées de 145 à 88 millions. Au Québec, 90 % de la hausse des dépenses en 2014-2015 est attribuable à des films à gros budget comme X-Men : Apocalypse.

Cinéma et télé combinés, la Colombie-Britannique accapare 64 % des dépenses de tournages au pays (1672 millions en 2014-2015), devant l'Ontario à 21 % des dépenses (545 millions) et le Québec à 11 % (275 millions). L'Alberta n'a que 4 % des dépenses (95 millions), mais elle a effectué une remontée après avoir accueilli moins de 15 millions par an en tournages étrangers entre 2009-2010 et 2012-2013, selon un rapport de l'Association des producteurs médiatiques du Canada (CMPA).

À 36 % sur toutes les dépenses de production, le crédit d'impôt québécois est légèrement plus généreux que celui de l'Ontario et de la Colombie-Britannique. « Il est plus généreux car il est calculé sur l'ensemble des dépenses de production », dit Éric Julien, associé en fiscalité au cabinet Raymond Chabot Grant Thornton.

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