Crise des médias: le président du CRTC lance un avertissement

Le président du CRTC Jean-Pierre Blais a haussé... (Photo Nathan Denette, La Presse Canadienne)

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Le président du CRTC Jean-Pierre Blais a haussé le ton envers les grands médias canadiens dans un discours, leur rappelant qu'ils ont pour mission de servir l'intérêt public, notamment en offrant des bulletins d'information de qualité.

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Inquiet des coupes en information dans les grands conglomérats médiatiques, le président du CRTC Jean-Pierre Blais leur lance un avertissement : s'ils ne « respectent pas leur contrat avec les Canadiens, nous n'hésiterons pas à poser des gestes ».

Dans un discours - l'un des plus importants de son mandat - prononcé hier au Cercle canadien de Toronto, M. Blais a aussi clairement montré son mécontentement par rapport à leur attitude lors des dernières audiences sur la télé locale.

« J'ai écouté les Canadiens s'exprimer de manière intelligente et passionnée sur plusieurs des enjeux dont je viens tout juste de parler, alors que les dirigeants d'entreprises qui possèdent des yachts luxueux et des hélicoptères privés sont venus dans l'espoir d'obtenir des subventions. » - Jean-Pierre Blais, président du CRTC

Jean-Pierre Blais dit « craindre » que l'avenir des médias comme « pilier de la démocratie » soit « en danger », mais a indiqué hier que l'organisme réglementaire qu'il dirige serait sévère s'il jugeait que les grands conglomérats comme Bell, Rogers, Québecor et Corus ne respectaient plus leur « contrat social ».

« En échange de l'utilisation des ondes publiques [...], ces entreprises ont également le devoir de servir l'intérêt public, a dit M. Blais. [...] Au cours des prochains mois, le CRTC leur demandera de rendre compte en ce qui concerne le respect des obligations de leur contrat social. Les Canadiens s'attendent à ce que nous accordions une attention particulière à la qualité et à la quantité de bulletins de nouvelles et d'émissions d'affaires publiques qu'ils offrent. »

Citant notamment des réductions de bulletins d'information chez Rogers et les 350 pertes d'emplois chez Bell Média, le président du CRTC se demande si le « refrain » économique de ces entreprises « découle d'un souhait de rationaliser les coupures de postes ». « Je crains que les gestionnaires des médias - les dirigeants d'entreprise, les comptables, les avocats et les détenteurs d'un MBA - ne se soient éloignés de leurs auditoires, dit Jean-Pierre Blais. Les analystes de Bay Street mettent l'accent sur les résultats trimestriels, les profits, les bilans, le prix de l'action et autres cartes de visite de la fortune personnelle. [...] Voici ce qu'ils doivent apprécier - et ce qu'il faut leur rappeler : ils détiennent un actif en fiducie [...]. C'est un bien commun. »

« Si nous permettons que toutes les stations [de télé et de radio] puissent être fermées une à une au nom des profits et des pertes, que restera-t-il lorsque la dernière aura mis la clé dans la porte ? Qu'est-ce qui va apparaître pour les remplacer ? », demande-t-il.

ARGUMENTS ÉCONOMIQUES

À plusieurs reprises durant son discours, le président du CRTC s'est montré sceptique devant les arguments économiques des conglomérats. « Lorsque les radiodiffuseurs se présentent devant le CRTC afin d'obtenir de nouvelles licences ou que des mégatransactions sont approuvées, ils font toutes sortes de promesses sur la façon dont ils investiront dans la programmation, dit Jean-Pierre Blais. Mais dès que nous mettons sur pied une audience sur les politiques, on nous dit que les tiroirs sont vides. »

Jean-Pierre Blais a aussi exprimé de façon à peine voilée son mécontentement à l'égard de Bell, qui a contesté plusieurs décisions du CRTC (dont celle sur la substitution simultanée au Super Bowl) devant le cabinet fédéral ou les tribunaux. Il n'a pas nommé Bell à proprement parler, mais il s'agit du seul conglomérat ayant agi ainsi. « D'autres ne font que se plaindre, dit-il. Ils s'érigent en prophètes de malheur : coupures de postes, pertes de revenus, fermetures de stations. Ils se tournent vers les tribunaux ou vers le Conseil des ministres pour qu'on leur prête secours. Ils ont le droit de le faire, mais cela ne veut pas dire qu'ils sont dans le droit chemin. »

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