Québecor se plaint de Radio-Canada au CRTC

Québecor suggère d'obliger Radio-Canada à faire des rapports... (Photo Olivier Pontbriand, La Presse)

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Photo Olivier Pontbriand, La Presse

Québecor suggère d'obliger Radio-Canada à faire des rapports trimestriels au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur le respect de ses conditions de licence et de ses obligations en matière d'accès à l'information.

Québecor veut que le CRTC se penche sur les pratiques de Radio-Canada en matière d'accès à l'information.

Le conglomérat dirigé par Pierre Karl Péladeau suggère d'obliger Radio-Canada à faire des rapports trimestriels au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) sur le respect de ses conditions de licence et de ses obligations en matière d'accès à l'information. Radio-Canada a déjà publié trois rapports en matière d'accès à l'information en 2012.

Si Québecor s'intéresse tant à l'accès à l'information à Radio-Canada, c'est qu'environ 52% des demandes d'accès à l'information à l'égard de Radio-Canada proviennent de ses médias (880 demandes sur un total de 1667 depuis 2007, année où le diffuseur public a été assujetti à la loi fédérale sur l'accès à l'information). «En tant que société d'État recevant la plus importante subvention de la part du Parlement canadien [environ 1 milliard par année], il va sans dire que nos journalistes ne peuvent accorder de traitement de faveur à Radio-Canada. [...] C'était notre devoir et notre droit le plus strict d'en faire autant», a dit Julie Tremblay, chef de l'exploitation de Sun Media, au cours de la comparution de Québecor hier aux audiences du CRTC sur le renouvellement des licences de Radio-Canada.

Les doléances de Québecor surviennent au moment où Radio-Canada vient d'être mise en nomination pour un prix de l'Institut d'administration publique du Canada et de la firme Deloitte en matière de transparence et d'accès à l'information. «Cette reconnaissance confirme que nous sommes sur la bonne voie», a déclaré Hubert Lacroix, PDG de Radio-Canada, par voie de communiqué la semaine dernière. Le délai moyen de réponse d'une demande d'accès à Radio-Canada est passé de 187 jours à 36 jours depuis 2008. Le nombre de plaintes au Commissariat à l'information est passé de 525 plaintes en 2007-2008 à 70 plaintes en 2011-2012.

Si Québecor a été muet sur la diffusion d'émissions américaines en heure de grande écoute à Radio-Canada - une vieille pomme de discorde entre les deux concurrents -, d'autres organismes se sont chargés hier d'interpeller le CRTC sur cet enjeu.

Moins de dramatiques canadiennes?

La Guilde des écrivains du Canada s'inquiète que CBC demande l'obligation de diffuser sept heures d'émissions d'intérêt national - des séries dramatiques, des émissions jeunesse, des documentaires et des cérémonies comme les Juno. Soit, il s'agit d'une hausse du quota actuel de 5,5 heures par semaine, mais CBC en diffuse actuellement 10 heures par semaine. Le nouveau quota proposé par CBC est de sept heures, dont une heure pour les dramatiques et une heure pour les documentaires. «Pourquoi faire une telle demande s'ils n'ont pas l'intention de diminuer le nombre d'émissions dramatiques et de documentaires?», a demandé Maureen Parker, directrice générale de la Guilde des écrivains du Canada.

L'organisme aimerait aussi que les coproductions où CBC/Radio-Canada est minoritaire - un phénomène plus répondu au Canada anglais, par exemple avec la série The Tudors produite principalement par Showtime aux États-Unis - ne puissent pas compter comme des émissions d'intérêt national.

Les audiences du CRTC sur Radio-Canada, d'une durée de deux semaines, se termineront vendredi.

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