SRC: Harper, dans la foulée de Martin, Chrétien et Mulroney

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Quel gouvernement a sabré le plus le budget de Radio-Canada? Détrompez-vous, ce ne sont pas les conservateurs de Stephen Harper.

Au plus fort de la lutte au déficit zéro, le gouvernement Chrétien avait réduit la contribution gouvernementale de 31% en deux ans (de 1,179 milliard en 1996 à 812 millions en 1998). Stephen Harper, lui, a réduit la contribution gouvernementale de 10% (115 millions) en trois ans. «Ce n'est pas une vendetta du gouvernement Harper. Ça fait 20 ans qu'on dégraisse la machine», dit Pierre Bélanger, professeur en communications à l'Université d'Ottawa

En tenant compte de l'inflation, Radio-Canada a obtenu son niveau de financement public le plus élevé en 1991: 1,078 milliard à l'époque, soit 1,582 milliard aujourd'hui en tenant compte de l'inflation. Les gouvernements Mulroney, Chrétien, Martin et Harper ont ensuite tous réduit leur contribution à Radio-Canada, en tenant compte de l'inflation.

Les crédits parlementaires de Radio-Canada atteignaient 1,162 milliard en 2011-2012, avant les coupes de Stephen Harper (115 millions sur trois ans, soit 10%) qui font partie de l'effort de réductions des dépenses demandé par Ottawa à l'ensemble des ministères et organismes fédéraux (6,9% sur trois ans). «Le gouvernement reconnaît le rôle que joue Radio-Canada dans la société canadienne en tant que diffuseur public. Radio-Canada reçoit beaucoup d'argent des contribuables. Afin de présenter un budget équilibré, chacun doit faire sa part», dit l'attaché de presse du ministre du Patrimoine James Moore, Sébastien Gariépy.

«Des gens chez les conservateurs voudront couper bien davantage que 10% du soutien public à Radio-Canada, mais Stephen Harper est pragmatique: il comprend qu'environ 80% des gens aiment Radio-Canada», dit Ian Morrison, porte-parole des Amis de la radiodiffusion canadienne, un organisme comptant 175 000 sympathisants.

«Nous étions contents que le financement de Radio-Canada ait été réduit comme le reste des dépenses gouvernementales, mais s'il n'en tenait qu'à nous, Radio-Canada n'aurait pas de subvention», dit Gregory Thomas, porte-parole en matière fédérale de la Fédération des contribuables du Canada, un organisme comptant 70 000 sympathisants.

Sylvain Lafrance doute qu'il soit possible de réduire davantage le budget de Radio-Canada. «Il y a eu beaucoup de compressions depuis 10 ans, dit l'ancien numéro deux de Radio-Canada. En production télé, Radio-Canada est concurrentielle au privé. À cause de la réalité canadienne, le marché (le secteur privé) ne créera pas des émissions de niche comme Découverte ou Enquête. Il faut un diffuseur public pour le faire, et j'ai l'impression que le monde politique le reconnaît.»

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