Acquisiton d'Astral par Bell: place à la bataille de l'opinion publique

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Le président et chef de la direction de BCE, George Cope (à gauche) et son homologue d'Astral Media, Ian Greenberg (à droite).

(Montréal) Le projet d'acquisition d'Astral (T.ACM.A) par Bell (T.BCE) continue de faire des vagues, comme chaque camp essaie maintenant de gagner l'opinion publique. Option consommateurs a lancé hier une pétition en ligne destinée à mobiliser les citoyens contre la transaction, tandis que Bell multiplie les offensives médiatiques pour vendre son projet à la population.

«C'est assez, autant de concentration des médias entre les mains d'une seule entreprise. On ne veut pas de hausses de coûts injustifiées ni de réduction de choix pour les consommateurs. Il faut que cette transaction soit annulée», a lancé hier Robert Cazelais, président d'Option consommateurs.

L'organisme juge «dangereuse» la transaction de 3,38 milliards de dollars annoncée en mars qui ferait passer Astral aux mains de Bell. Il affirme qu'elle provoquera une hausse des tarifs et une baisse des services pour les consommateurs. Le groupe a lancé une pétition sur son site internet pour mettre de la pression sur le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) et le Bureau de la concurrence, qui doivent se pencher sur la transaction à l'automne.

Trop forte concentration

En avalant Astral, Bell détiendrait 80% des chaînes de télévision francophones spécialisées en plus de 106 stations de radio et de l'un des plus importants réseaux d'affichage publicitaire. Selon Option consommateurs, cela ferait du Canada le pays ayant la plus forte concentration du secteur télévisuel après le Mexique, le Brésil, Israël et l'Italie.

Option consommateurs rencontrera le Bureau de la concurrence au cours des prochains jours, et a demandé à participer aux audiences du CRTC qui débuteront le 10 septembre.

Bell ne reste pas les bras croisés devant l'opposition que suscite son projet d'acquisition. L'entreprise a annoncé la semaine dernière des investissements de 80 millions pour soutenir la création de programmation au Québec.

Depuis samedi dernier, elle fait aussi paraître de pleines pages de publicité dans La Presse, Le Devoir, The Gazette, Le Soleil et le journal Métro pour vanter la transaction avec Astral et l'implication de Bell dans la communauté québécoise. L'entreprise y assure que la programmation offerte sera «plus diversifiée que jamais» et que la création de contenu francophone continuera de se faire au Québec.

Bell a refusé hier de dévoiler les coûts de cette campagne publicitaire.

Ce qui serait la plus importante transaction de l'histoire des médias au Canada ne laisse personne indifférent. Pas moins de 832 intervenants ont déposé des mémoires au CRTC, qui tiendra des audiences sur la question à partir du 10 septembre.

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Les acteurs et leurs positions

POUR

La direction d'Astral

Loin d'être hostile, l'offre d'achat de Bell pour Astral a été approuvée par la haute direction d'Astral, qui l'aurait favorisée au détriment d'autres propositions de prétendants comme Rogers et Cogeco-Corus.

Les actionnaires d'Astral

Les actionnaires d'Astral ont déjà approuvé presque à l'unanimité l'offre de Bell, qui représente une prime de 38% par rapport au prix de l'action avant que l'offre ne soit déposée. Exactement 99,84% des actionnaires de catégorie A et 99,95% des actionnaires de catégorie B qui se sont prononcés l'ont fait en faveur de l'offre.

Transcontinental et Groupe de communications Square Victoria

Ces deux groupes médiatiques sont d'avis que la transaction aura des impacts positifs au Québec en créant un acteur capable de contrebalancer le pouvoir de Québecor. Groupe de communications Square Victoria est une filiale de Power Corporation, propriétaire de La Presse.

CONTRE

Québecor, Cogeco et Eastlink

Ce trio de concurrents de Bell est le groupe le plus visible à être monté au créneau pour réclamer le blocage de la transaction. Il fait valoir que l'acquisition d'Astral donnerait une position trop dominante à Bell.

Telus

La semaine dernière, l'entreprise de Vancouver a joint sa voix à celles de Québecor, Cogeco et Eastlink, affirmant que la transaction créerait une concentration de marché «sans précédent».

Rogers

Dans un mémoire remis au CRTC, l'entreprise dit s'opposer à la transaction à moins que Bell ne se départisse des activités de télévision anglophone d'Astral.

Le Parti libéral

Sans s'opposer formellement à la transaction, le Parti libéral a communiqué avec le Bureau de la concurrence pour lui faire part de ses préoccupations. Jean Charest a assuré que son gouvernement exigerait des garanties sur les emplois, le siège social et le fonctionnement de l'entreprise.

Le Parti québécois

Le député péquiste Maka Kotto a déclaré que le Parti québécois s'engageait à tout faire pour bloquer la transaction.

La Coalition avenir Québec

«Je pense que cette transaction est mauvaise pour le Québec et pour Montréal», a déclaré la semaine dernière le chef François Legault.

Les organismes de défense des consommateurs

Tant Option consommateurs et l'Union des consommateurs que L'Association des consommateurs du Canada s'opposent et affirment que la transaction entraînera une hausse des prix et une baisse des services pour les consommateurs.

La Société Saint-Jean Baptiste

Pour le groupe de défense du français, la transaction est une «très mauvaise nouvelle pour le Québec, autant sur le plan économique que culturel et linguistique».

 

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