La baisse de publicité frappe Transcontinental

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Imprimerie de livres de Transcontinental à Beauceville.... (Photo Jocelyn Bernier, Le Soleil)

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Imprimerie de livres de Transcontinental à Beauceville.

(Montréal) Le recul des revenus de publicité et la hausse des tarifs de recyclage imposés aux entreprises force Transcontinental (T.TCL.A) à revoir à la baisse la valeur de plusieurs actifs, particulièrement les médias imprimés, si bien que le groupe affiche une perte de 106 millions de dollars au deuxième trimestre (ou 1,31$ par action).

En excluant cet élément, le bénéfice net ajusté a reculé de 9%, à 35,4 millions, ou 44 cents par action, alors que la moyenne des analystes sondés par Bloomberg s'attendait à 47 cents par action. Le titre de Transcontinental a perdu un peu plus de 4% hier dans un marché à peu près stable à la Bourse de Toronto.

L'imprimeur et groupe médiatique montréalais enregistre une charge pour perte de valeur de 180 millions, qui n'a «aucun effet sur la trésorerie et est non liée aux opérations», précise l'entreprise. Chaque année, au deuxième trimestre, la société doit faire un test de dépréciation de la valeur en vertu des règles comptables, a expliqué à La Presse Affaires le chef des communications de Transcontinental, Sylvain Morissette.

Cette année, trois divisions écopent. Dans le Groupe des solutions aux communautés locales, qui englobe les journaux locaux et la distribution du Publi-Sac, la baisse de la publicité nationale à l'extérieur du Québec et la concurrence accrue au Québec causent une dépréciation de 89 millions. Le recul publicitaire frappe aussi le Groupe des solutions d'affaires et aux consommateurs, dont font partie les médias économiques et les magazines de Transcontinental. La société retranche 70,6 millions à la valeur du groupe.

Pour ces deux groupes, la hausse des tarifs que les entreprises (éditeurs de journaux, distributeurs de circulaires) doivent verser aux municipalités pour compenser les coûts de la collecte de recyclage vient aussi affecter les résultats.

Enfin, le Groupe de l'édition de livres pédagogiques prend acte de la fin de l'implantation de la réforme scolaire, qui avait exigé bon nombre de nouveaux manuels scolaires. Transcontinental évalue la perte de valeur à 20,4 millions.

Au final, le «résultat net attribuable aux actions participantes» est donc une perte de 106,2 millions, comparativement à un profit de 32,7 millions au deuxième trimestre de 2011.

Résultats globalement positifs

Néanmoins, l'analyste Aravinda Galappatthige, de Canaccord Genuity, évalue que les résultats de Transcontinental sont globalement positifs, en l'absence de signes de faiblesse significative dans la base de revenus de l'imprimerie (qui représente 80% du bénéfice avant impôts, intérêts et amortissements, ou BAIIA). Les revenus de ce secteur sont stables, alors que M. Galappatthige s'attendait à une diminution.

Dans la période de trois mois terminée le 30 avril, Transcontinental a généré des revenus de 529 millions, en hausse de 6% par rapport à la même période l'an dernier. Cela est dû notamment à l'acquisition des activités canadiennes de l'imprimeur Quad/Graphics, conclue au deuxième trimestre, et à l'obtention de nouveaux contrats d'impression, dont celui de Canadian Tire. Les revenus des médias ont toutefois diminué de 2,3%.

Le bénéfice d'exploitation ajusté, de son côté, a diminué à 55,8 millions, comparativement à 60,2 millions l'an dernier. Transcontinental explique cette baisse par des frais de recyclage plus élevés imposés aux éditeurs par la loi provinciale 88 et la baisse de volume dans le Groupe d'édition de livres pédagogiques. L'impression de documents pour le recensement canadien de 2011 avait également gonflé les profits l'an dernier. Le recensement n'a lieu que tous les cinq ans.

«Nous sommes en train d'intégrer l'acquisition de Quad/Graphics Canada et nous sommes en bonne voie de générer plus de 40 millions de dollars en synergies, ce qui nous rendra encore plus efficaces», a commenté le président et chef de la direction de Transcontinental, François Olivier. M. Olivier s'attend à ce que ces synergies commencent à produire des effets significatifs à partir du quatrième trimestre.

Les analystes sont divisés sur le cas de Transcontinental. Six recommandent l'achat du titre, tandis que quatre suggèrent de le conserver et un propose de vendre. Leur cible moyenne est de 14,41$. L'action de catégorie A de Transcontinental a dépassé les 16$ en juillet 2011. Elle a clôturé à 9,49$ hier.

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