Changement de garde chez RIM

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Jim Balsillie (à droite) et Mike Lazaridis, coprésidents... (Photo: Reuters)

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Jim Balsillie (à droite) et Mike Lazaridis, coprésidents de Research In Motion, ont démissionné hier soir après l'année désastreuse du fabricant du BlackBerry.

(Montréal) (Montréal) Après une année désastreuse marquée par le lancement raté de la tablette PlayBook et le plongeon de son titre en Bourse, le géant ontarien Research in Motion (T.RIM) a annoncé hier soir la démission de ses deux coprésidents Jim Balsillie et Mike Lazaridis.

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Ce départ est venu confirmer des rumeurs qui circulaient depuis le début de 2012 dans la presse économique. Les deux hommes seront remplacés par Thorsten Heins, qui était l'un des deux directeurs de l'exploitation de RIM. Son entrée en poste est immédiate.

«Vient un moment dans l'expansion de toutes les grandes sociétés où les fondateurs reconnaissent le besoin de passer le bâton à une nouvelle équipe de direction; Jim et moi sommes allés voir le conseil d'administration et leur avons dit que nous pensions que le moment était venu», a déclaré Mike Lazaridis dans un communiqué diffusé peu avant 22h par RIM.

Lazaridis a fondé RIM en 1984 à Waterloo, en Ontario. Avec son partenaire, il a fait du groupe l'un des plus grands succès du secteur canadien des hautes technologies. L'entreprise a conçu et commercialisé le célèbre BlackBerry, un téléphone intelligent qui est vite devenu l'appareil de prédilection des gens d'affaires partout dans le monde.

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Or, la montée en force du iPhone d'Apple et des appareils Android de Google a frappé RIM de plein fouet ces dernières années. Les parts de marché de RIM s'établissent maintenant à 16,6% aux États-Unis, contre 46,9% pour Google et 28,7% pour Apple, selon les données de l'agence Bloomberg.

Le titre de RIM a perdu 88% de sa valeur en Bourse depuis son sommet atteint en 2008, indique Bloomberg. La valeur boursière de l'entreprise se situe aujourd'hui à 8,9 milliards de dollars US, loin de son pic de 80 milliards.

RIM a déçu les investisseurs à plusieurs reprises au cours des derniers trimestres en lançant des produits jugés inférieurs à ceux de la concurrence. La tablette PlayBook, qui devait rivaliser avec l'iPad d'Apple, a été reçue avec froideur à son lancement en avril 2011. Pour tenter de stimuler les ventes, le fabricant a abaissé son prix à 199$ peu avant Noël, alors que l'appareil se détaillait au départ entre 500$ et 700$.

La société a aussi frustré des millions d'utilisateurs de BlackBerry l'automne dernier en raison d'une panne de service de trois jours. Sans compter le report du lancement des BlackBerry de nouvelle génération à la fin de 2012 , une mauvaise nouvelle annoncée à la mi-décembre par l'entreprise.

Frustrés par la piètre performance de RIM pendant la dernière année, plusieurs analystes et investisseurs ont fait des pressions pour forcer un remaniement de la haute direction. Plusieurs scénarios, dont la vente de certaines divisions - ou même de l'entreprise en entier - ont été évoqués.

Balsillie et Lazaridis restent présents

Malgré leur démission, les deux anciens coprésidents conserveront un rôle au sein de RIM. Mike Lazaridis devient vice-président du conseil d'administration, tandis que Jim Balsillie demeurera un administrateur.

Dans son communiqué, RIM affirme que M. Lazaridis «travaillera de près avec M. Heins pour lui offrir des conseils stratégiques, assurer une transition en douceur et continuer de promouvoir la marque BlackBerry dans le monde». Lazaridis sera aussi à la tête du comité du conseil sur l'innovation, et il a déclaré vouloir acheter pour 50 millions de dollars d'action de RIM dès que possible afin de témoigner de sa confiance envers la société.

Ce remaniement de la haute direction était plus que nécessaire, selon l'analyste en télécoms Iain Grant, président du SeaBoard Group à Montréal.

«La date de péremption était passée, une nouvelle vision et un nouveau leadership s'imposent», a-t-il fait valoir à La Presse.


Thorsten Heins, un Allemand de 54 ans qui a fait ses premières armes chez Siemens avant d'entrer chez RIM en 2007, a effleuré les déboires récents de RIM dans le communiqué. Il a fait valoir que l'entreprise avait vécu certains «maux» en raison de sa croissance rapide, mais il a tenté de se montrer rassurant pour la suite des choses. «Nous avons appris de ces défis et je crois que nous sommes devenus et deviendrons une entreprise plus forte grâce à cela.»

Le nouveau président et chef de la direction a surtout insisté sur le bilan favorable de l'entreprise - notamment ses liquidités de 1,5 milliard et sa faible dette - et sa base d'abonnés de 75 millions de clients dans le monde.

RIM doit tenir une conférence téléphonique à 8h ce matin pour faire le point sur ce remaniement.

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