Des jeunes en art

Myriam Mechouat et Jessica Drolet , du comité... (PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE)

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PHOTO ULYSSE LEMERISE, COLLABORATION SPÉCIALE

Myriam Mechouat et Jessica Drolet , du comité des Jeunes gouverneurs des Grands Ballets canadiens, et Élise Charbonneau, directrice des événements et du financement des Grands Ballets canadiens.

Les habitués de l'Opéra de Montréal, de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et des Grands Ballets canadiens n'ont pas la berlue: la Maison symphonique et la salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts sont de plus en plus investis par un public de têtes sans cheveux gris!

Le 5 octobre dernier, c'est devant un parterre composé notamment de 640 spectateurs de 25 à 35 ans que Kent Nagano a dirigé l'OSM et DJ Champion. La soirée, à 150$ le billet, s'est amorcée avec un cocktail et s'est clôturée par une soirée dansante. Une initiative du Club des jeunes ambassadeurs de l'OSM. «Ces jeunes-là sont prêts à entendre la musique classique, mais aime faire du réseautage, dit Madeleine Careau, chef de la direction de l'OSM. Ils aiment se retrouver dans des soirées glamour. Il n'y a pas vraiment de lieu de rencontres pour eux. Et le hockey n'est pas ce qui leur plaît le plus.»

Au Musée des beaux-arts

Trois jours avant, le Cercle des jeunes philanthropes du Musée des beaux-arts de Montréal organisait un D-Vernissage auquel ont participé 300 personnes ayant déboursé 50$. «L'idée était d'amener une clientèle que le Musée n'a pas l'habitude de voir, dit Arnaud Granata, 30 ans, vice-président, directeur des contenus d'Infopresse et membre du Cercle des jeunes philanthropes du Musée des beaux-arts. Il y avait un côté apprentissage au cours de cette soirée, la visite d'une exposition avec une mise en scène avec acteurs notamment.»

«Le Cercle permet aux membres de faire du réseautage et de l'edutainment, dit Danielle Champagne, directrice des communications et de la fondation du Musée des beaux-arts de Montréal. Soit une forme d'éducation dans une forme non conventionnelle.»

Le 27 octobre, ce sera au tour du comité des Jeunes gouverneurs des Grands Ballets canadiens de Montréal d'organiser une soirée similaire autour de la présentation du spectacle Kaguyahime, Princesse de la lune, à la Place des Arts. «Notre mission est de démocratiser le ballet auprès d'un jeune public, explique Jessica Drolet, 23 ans, chargée de projets communications numériques et médias sociaux de Citoyen Optimum et coprésidente des Jeunes gouverneurs des Grands Ballets. Quarante-cinq jeunes professionnels vont être présents. En créant un événement restreint, on leur permet de se familiariser avec les Grands Ballets. Le cocktail en début de soirée est propice à créer des liens et discuter de l'art. C'est une formule qu'on veut répéter.»

Une nouvelle mission

Mais ces groupes, composés habituellement d'une douzaine de membres bénévoles, ont une autre mission: favoriser l'émergence d'une nouvelle génération de philanthropes. Car selon une étude québécoise de 2012, les donateurs canadiens les plus généreux ont 60 ans et plus. Ils constituent la plus grande proportion de donateurs au secteur culture. Et seulement 14% des 50 ans et moins ont contribué au développement de la culture au pays en 2011. «Il devient impératif de renouveler le bassin de gens qui participent à des campagnes de souscription, car il s'épuise, note Élise Charbonneau, directrice, financement et événements, des Grands Ballets canadiens de Montréal. Il faut préparer la relève pour les 10, 20 prochaines années.»

«On veut créer le réflexe de faire un don en organisant des événements-bénéfices, dit Winston Chan, chiropraticien et coprésident du Club des jeunes ambassadeurs de l'OSM. Le 5 octobre, on a amassé 60 000$.»

Pour y arriver, il faut faire du terrain, des appels, solliciter des commanditaires... «Les réseaux sociaux nous aident, remarque Winston Chan. Notre génération y va beaucoup. Un mois avant le concert avec DJ Champion, on a mis une vidéo en ligne qui a été vue 5000 fois.»

Les Jeunes gouverneurs des Grands Ballets canadiens participent à la campagne de financement de l'institution qui culmine au cours d'une soirée-spectacle le 25 mai, à 150$ le billet. «On amène nos idées, dit Jessica Drolet. On veut rendre cet événement attrayant. Chaque membre du comité va inviter une dizaine de personnes.»

Les institutions et leurs groupes conviennent tous d'objectifs réalistes. Sur une campagne de souscription de 100 000$, on a demandé au comité des Jeunes gouverneurs des Grands Ballets d'amasser 15 000$. On s'attend également à des montants annuels dans les cinq chiffres à l'Opéra de Montréal. «Ça correspond à un petit pourcentage, mais les jeunes membres rapportent beaucoup, soutient Pierre Dufour, directeur général de l'Opéra de Montréal, qui peut compter sur les Jeunes Associés de l'Opéra de Montréal, fondé en 2009. La première année, le comité a généré 20 000$ nets; la deuxième année, 25 000$, et cette année, ce pourrait être 30 000$.»

L'Opéra se démocratise

«On veut amasser de plus en plus d'argent, dit Jean-François Séguin, porte-parole des Jeunes associés de l'Opéra de Montréal, qui organise notamment un bal éclaté au printemps 2013. On veut s'assurer d'être un plus dans le budget de l'Opéra à la fin de l'année. Ça fonctionne très bien jusqu'à présent. On a vendu tous les billets de nos activités et le bassin de gens s'élargit. On a une liste de 600 personnes qui se sont procuré des billets. On essaie d'attirer de nouveaux visages, comme l'Opéra veut rajeunir son public.»

Voilà le coeur de ces opérations: assurer une relève. «Le Club St-Denis a fermé ses portes car il n'y avait pas de relève, note Winston Chan. Plusieurs clubs privés ont de la misère à survivre. Alors que les institutions culturelles ont comme réflexe stratégique de penser à long terme.»

«Nos jeunes membres contribuent au dynamisme du Musée, note Danielle Champagne. Et qui dit que certains ne seront pas considérés pour siéger au conseil d'administration de l'institution éventuellement?»

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