Créations d'emplois et hausses de salaires ralentissent aux États-Unis

L'économie américaine a créé moins d'emplois le mois... (AFP)

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L'économie américaine a créé moins d'emplois le mois dernier alors que les analystes s'attendaient à 183 000 nouvelles embauches, et un taux de chômage de 4,3%.

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Delphine TOUITOU
Agence France-Presse
Washington

L'économie américaine a créé un peu moins d'emplois que prévu en août et le taux de chômage a légèrement progressé mais l'absence de hausse des salaires et une inflation dormante laissent la banque centrale dans l'expectative quant à sa politique monétaire.

«Le scénario de la Fed (Réserve fédérale américaine) en faveur d'une hausse des taux a pris un sérieux coup aujourd'hui», résume Chris Low de FTN Financial, observant que les chiffres publiés vendredi sont dans leur ensemble moins bons que prévu.

«Ils reflètent non seulement des salaires modestes mais encore une économie qui ralentit», commente-t-il.

Les créations d'emplois ont légèrement baissé à 156 000 et le taux de chômage a légèrement augmenté à 4,4%, selon les chiffres du département du Travail, se situant en deçà des attentes des analystes qui tablaient sur 183 000 nouvelles embauches, et un taux de chômage de 4,3%, comme en juillet.

Outre le ralentissement du nombre de créations d'emplois, le rapport pointe la faible hausse des salaires le mois dernier (+0,1%), de même que sur un an (+2,5%) à peine au-dessus de l'inflation (+1,4% sur un an en juillet selon l'indice PCE privilégiée par la Fed et +1,7% selon l'indice des prix de la consommation).

Malgré une économie pratiquement au plein emploi, la dynamique hausse des salaires - hausse des prix ne semble donc toujours pas enclenchée.

La hausse des salaires est un indicateur crucial pour la Fed. Si elle s'accélère, l'institution relèvera ses taux directeurs afin d'éviter que l'inflation s'emballe.

Ce rapport devrait donc conforter les anticipations d'un statu quo de la Fed lors de sa prochaine réunion de politique monétaire le 19 et 20 septembre.

«Le taux de chômage est toujours à un bas niveau mais il ne s'est toujours pas traduit par une hausse significative des salaires», remarque Lawrence Yun, économiste en chef de l'Association nationale des agents immobiliers américains (NAR).

Incertitude

«L'économie est assez routinière jusqu'à présent cette année oscillant entre "bien à tolérable", mais certainement pas formidable», a-t-il également réagi.

Pourtant, la croissance a fortement accéléré au deuxième trimestre, atteignant en rythme annualisé l'objectif de 3% que s'est fixé le président américain Donald Trump.

L'administration Trump entend faire accélérer l'expansion durablement à plus de 3% grâce à des réductions d'impôts, des dépenses d'infrastructures et à une dérégulation bien que son programme de réformes économiques soit encore flou.

«Je pense que nous pouvons aller bien au-delà de 3%. Il n'y a pas de raison que nous n'y parvenions pas», a ainsi martelé le président mercredi.

Les ménages américains affichent eux aussi un certain optimisme. Leur moral a ainsi fortement progressé en août par rapport à juillet, selon l'Université du Michigan, malgré un fléchissement à partir de la mi-août.

Les ménages jugent leur situation financière plus favorable à la faveur d'une meilleure estimation de leurs biens immobiliers et portefeuilles d'actions.

Vendredi, les économistes tempéraient néanmoins cet optimisme, pointant du doigt l'incertitude et la volatilité à venir, après l'ouragan Harvey qui a frappé le Texas et une partie de la Lousiane.

Si la tempête «n'a pas eu d'effet perceptible sur les chiffres de l'emploi et du chômage en août», selon le département du travail, les données ayant été collectées pour leur plus grande partie avant la tempête, les conséquences financières doivent encore être évaluées.

Harvey, qui a fait une quarantaine de morts selon le dernier bilan, a dévasté une des principales régions économiques du pays. Les dommages sont d'ores et déjà évalués en dizaines de milliards de dollars en raison d'inondations exceptionnelles.

«Nous n'aurons sans doute pas de vision claire du marché de l'emploi avant octobre et novembre», ont ainsi estimé les économistes de Barclays, soulignant que les statistiques seront faussées par la situation exceptionnelle au Texas, le deuxième État du pays.

Les économistes de l'Université du Michigan estiment enfin que Harvey pourrait par ailleurs ralentir le rythme de la croissance économique du troisième trimestre avec des prix de l'essence plus élevés ayant un impact direct sur les consommateurs.




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