L'emploi à temps plein a perdu des plumes au pays en 2016

Au Québec, l'emploi a progressé de 20 000 en... (Photo archives Bloomberg)

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Au Québec, l'emploi a progressé de 20 000 en décembre, à la suite d'une hausse du travail à temps plein.

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Andy Blatchford
La Presse Canadienne
OTTAWA

Le marché canadien du travail a connu une fin d'année prometteuse en enregistrant d'importants gains, mais la croissance de 2016 se distingue par un élément moins encourageant: la montée de l'emploi à temps partiel.

Les employeurs ont créé 153 700 emplois à temps partiel l'an dernier, et à peine 60 400 emplois à temps plein - un nombre si faible qu'il est considéré comme statistiquement insignifiant.

Les données de 2016, divulguées par Statistique Canada, montrent un fort contraste par rapport aux résultats des deux années précédentes. L'agence avait fait état de la création de 156 000 emplois à temps plein en 2014 et de 147 000 autres en 2015.

Les experts se sont néanmoins montrés encouragés par la performance du marché du travail dans les dernières semaines de l'année.

Les chiffres de l'agence fédérale pour le mois de décembre, aussi dévoilés vendredi, ont témoigné de la création de 81 300 emplois à temps plein - la plus forte hausse de ce genre d'emplois pour un seul mois en près de cinq ans. Le nombre d'emplois à temps partiel a reculé de 27 600 en décembre.

Dans l'ensemble, la croissance des postes à temps partiel a permis au marché d'afficher un gain net de 214 100 emplois en 2016. À travers le pays, l'emploi a progressé de 1,2 % l'an dernier par rapport à 2015, livrant du coup sa meilleure croissance annuelle depuis 2012.

«Cela n'a toujours pas changé le portrait pour l'année - plus de 70 % de tous les emplois créés en 2016 étaient à temps partiel», a noté Craig Alexander, économiste en chef du Conference Board du Canada.

«Mais décembre a certainement clos l'année du bon pied, en faisant essentiellement miroiter la possibilité que 2017 soit une meilleure année pour le marché du travail.»

Chiffres supérieurs aux attentes

Le taux de chômage a progressé à 6,9 % le mois dernier, par rapport à 6,8 % en novembre, parce qu'un plus grand nombre de personnes se sont mises à la recherche d'un emploi. Selon M. Alexander a estimé que la hausse du taux de participation était un signe encourageant puisqu'il signale qu'un plus grand nombre de chercheurs d'emploi sont plus optimistes.

Avec un gain net de 53 700 emplois en décembre, le marché canadien a surpassé les attentes des économistes. Ceux-ci s'attendaient à ce que la croissance reste stable le mois dernier, selon les prévisions recueillies par Thomson Reuters.

Même si les experts rappellent que les données économiques d'un seul mois peuvent s'avérer volatiles, certains ont été pris de court par tous les éléments positifs du rapport de décembre.

«Ces chiffres sur l'emploi canadien m'ont laissée bouche bée», a admis Frances Donald, économiste principale pour Gestion d'actifs Manuvie.

«Tous les genres de détails que nous voulons voir dans un rapport sur le marché du travail étaient présents - les emplois à temps plein, la hausse du taux de participation, les employés salariés, une croissance élargie de l'emploi.»

Au sujet des chiffres de fin d'année, Mme Donald a indiqué que l'ajoute de postes à temps partiel restait préférable à l'absence de croissance tout court. Elle a cependant ajouté que cela signifiait que la qualité des nouveaux postes était moindre que celle des dernières années.

Les données de fin d'année ont aussi montré que la plupart des nouveaux emplois de 2016 ont été créés par des employeurs du secteur privé, qui a affiché un gain net de 221 700 emplois, comparativement à 70 600 pour le secteur public.

Forts gains au Québec en 2016

Les industries productrices de biens ont perdu 61 600 emplois en 2016, tandis que les industries productrices de services en ont gagné 275 800.

Du côté des différentes provinces, la plus forte création d'emplois - un gain de 3,1 % - a été observée en Colombie-Britannique. Le Québec suivait avec une progression de 2,2 %. Les déclins les plus importants ont été ceux de la Saskatchewan (-1,2 %) et de l'Alberta (-0,8 %).

Quelque 36 100 emplois ont été créés au Québec l'an dernier, un gain complètement attribuable à l'emploi à temps plein. Un total de 53 700 emplois à temps plein ont vu leur jour, pendant que 17 600 postes à temps partiel disparaissaient.

Pour le seul mois de décembre, le Québec a vu un total net de 20 400 nouveaux emplois. Comme le nombre de personnes à la recherche d'emploi a aussi progressé, le taux de chômage a augmenté de 0,4 point de pourcentage pour atteindre 6,6 %.

Premier surplus commercial en deux ans

Outre les chiffres sur l'emploi, Statistique Canada a publié vendredi son plus récent rapport sur les échanges commerciaux du pays. La balance commerciale du Canada avec le reste du monde s'est ainsi soldée par un surplus de 526 millions $ en novembre - le premier surplus en plus de deux ans.

Les exportations ont grimpé de 4,3 % en novembre, essentiellement grâce à une augmentation des ventes du secteur des produits en métal et produits minéraux non métalliques, a précisé l'agence fédérale.

Les exportations vers les pays autres que les États-Unis ont avancé de 9,5 % pour atteindre le niveau record de 12 milliards $, surpassant le record précédent, établi en décembre 2011. Il s'agissait en outre de la plus forte augmentation en pourcentage pour un seul mois depuis mai 2008, a précisé Statistique Canada.

Les exportations vers la Chine, la Corée du Sud, le Brésil et le Japon ont toutes progressé en novembre.

Entre-temps, les importations ont avancé de 0,7 % en novembre, ce qui était attribuable à un plus grand nombre d'achats de produits énergétiques.

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