Premier recul du pouvoir d'achat des Québécois depuis 1996

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L'ISQ explique ce recul du pouvoir d'achat des Québécois par la progression plus rapide des impôts directs et des cotisations aux régimes d'assurance sociale par rapport aux revenus, notamment.

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Julien Arsenault
La Presse Canadienne
Montréal

Le pouvoir d'achat des Québécois a fléchi en 2013 - une première en 17 ans - principalement parce que les augmentations salariales n'ont pas suivi l'inflation, estime l'Institut de la statistique du Québec (ISQ).

Dans un rapport publié mercredi, l'agence souligne que le revenu disponible par habitant - destiné à la consommation de biens et services - a grimpé de 0,9 % l'an dernier, mais n'a pas suivi l'indice des prix à la consommation, qui a progressé de 1,2 % au cours de la même période.

«Il s'est créé moins d'emplois à temps plein en 2013 et les revenus de placement ont aussi reculé, explique le spécialiste en aménagement du territoire et développement régional de l'ISQ, Stéphane Ladouceur. Les revenus d'emplois ont progressé, mais de façon anémique, autour de 1 %.»

De plus, le Québec se classe au 12e et avant-dernier rang - devant l'Île-du-Prince-Édouard - en ce qui a trait au revenu disponible, avec 26 774 $ par habitant. La moyenne canadienne se situe à 30 746 $ par habitant, ce qui représente une croissance de 1,3 % par rapport à 2012.

Selon l'ISQ, cette situation s'explique principalement par la progression plus rapide des impôts directs et des cotisations aux régimes d'assurance sociale par rapport aux revenus.

D'après le rapport, il faut remonter à l'année 2009 pour voir le Québec présenter une hausse réelle supérieure à la moyenne canadienne.

Les habitants des Territoires du Nord-Ouest (41 035 $) ont disposé du montant le plus élevé, suivi, de ceux du Yukon (41 030 $), de l'Alberta (40 303 $) ainsi que de la Saskatchewan (33 050 $).

«Les provinces riches en ressources naturelles occupent le haut du classement, observe M. Ladouceur. Ce sont ces provinces qui tirent la moyenne vers le haut. Pour une rare fois, même l'Ontario (30 401 $) a affiché un revenu disponible inférieur à la moyenne canadienne.»

L'expert de l'ISQ n'a toutefois pas voulu s'avancer sur l'effet que pourrait avoir la dégringolade du baril de pétrole sur le revenu disponible dans les provinces des Prairies, affirmant ne pas avoir de données sur les derniers trimestres de l'année 2014.

Au Québec, Montréal semble battre de l'aile puisqu'il s'agit de la seule région administrative parmi les 17 de la province à subir une baisse (-0,3 %) du revenu disponible par habitant, qui se situe à 26 984 $.

«Il y a eu une baisse plus marquée de la croissance des salaires», souligne M. Ladouceur.

La Côte-Nord occupe le haut du classement à ce chapitre pour une quatrième année consécutive, avec un revenu disponible de 28 890 $, suivie par la Montérégie (28 115 $) et l'Abitibi-Témiscamingue (27 997 $).

L'ISQ note cependant un essoufflement de la croissance du revenu disponible sur la Côte-Nord (0,4 %) ainsi qu'en Abitibi-Témiscamingue (0,8 %), notamment en raison du ralentissement des investissements miniers constaté dans ces deux régions en 2013.

«Au cours des dernières années, ces deux régions affichaient une croissance de plus de 4 % (...) et cette année c'est anémique», observe M. Ladouceur.

À l'échelle provinciale, selon l'ISQ, les investissements miniers ont été de 4,6 milliards $ en 2013, en baisse de près de 11 % comparativement au record enregistré l'année précédente. La Côte-Nord a accaparé 45 % de ce montant, alors que 18,2 % des investissements ont été réalisés en Abitibi-Témiscamingue.

Finalement, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et la Mauricie arrivent en queue de peloton, avec un revenu disponible par habitant, respectivement, de 23 136 $ et 23 474 $.

La faiblesse des salaires et un taux d'emploi plus bas dans ces deux régions que dans le reste de la province expliquent en grande partie cette situation.

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