Une économie québécoise toussotante

Outre le conflit dans l'industrie québécoise de la... (Photo Armand Trottier, archives La Presse)

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Outre le conflit dans l'industrie québécoise de la construction, en juin, le fait économique marquant de 2013 aura été le recul de l'investissement privé pour chacun des trimestres.

Photo Armand Trottier, archives La Presse

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Rudy Le Cours
Rudy Le Cours
La Presse

La croissance économique s'est accélérée au Québec durant l'automne, comme dans le reste du Canada, ce qui aura permis de relever quelque peu celle de l'ensemble de 2013, la plus faible du présent cycle.

Le produit intérieur brut (PIB) réel a crû de 3,0% en rythme annuel, d'octobre à décembre. En décembre, il a même moins reculé que dans l'ensemble canadien, frappé durement par les caprices de Dame Nature.

Malheureusement, le gros de cette expansion trimestrielle est dû à l'accumulation de stocks qu'il faudra avoir écoulés avant de produire encore.

Pour 2013 dans son ensemble, l'expansion québécoise a été contenue à tout juste 1,1%, comparativement à 2,0% pour tout le Canada, selon les données de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ). La performance du Canada, malgré la faiblesse du Québec, est la meilleure du G7.

En 2012, le PIB réel du Québec avait progressé de 1,5%, ce qui était légèrement inférieur à la performance canadienne de 1,7%.

Outre le conflit dans l'industrie de la construction, en juin, le fait économique marquant de 2013 aura été le recul de l'investissement privé pour chacun des trimestres.

Les replis répétés des investissements en machine et outillage de même qu'en propriété intellectuelle sont peu garants de gains de productivité ou d'embauches.

Cette donnée préoccupante permet d'ailleurs de trancher, une fois pour toutes, le débat sur la création d'emplois, l'an dernier.

Rappelons quelques faits.

Le sophisme de l'ISQ

Selon les données de l'Enquête sur la population active (EPA) de Statistique Canada, l'économie québécoise comptait 2100 emplois de plus en fin d'année qu'en décembre 2012. De décembre 2011 à décembre 2012, le Québec s'était toutefois distingué par l'ajout de 138 000 emplois.

Selon l'ISQ, «l'emploi au Québec poursuit sa progression avec une hausse de 1,2% [47 900]». Cette affirmation se fonde sur le niveau moyen d'emplois de 2013 par rapport à celui de 2012.

Force est de constater que l'affirmation de l'ISQ est un sophisme.

Pour nous en convaincre, reprenons l'exemple forgé par Jean-Pierre Aubry, fellow associé au CIRANO.

Considérons une entreprise créée en décembre 2011. À partir de 2012, elle engage 10 employés par mois. À la fin de 2012, elle compte 120 employés. En 2013, elle n'embauche personne.

Par conséquent, le nombre moyen d'employés en 2012 est de 65 [(10+20+30+40+50...)/12] alors que celui de 2013 est de 120.

Laissons M. Aubry conclure: «En utilisant les moyennes annuelles, le statisticien peut dire que le nombre moyen d'emplois en 2013 a été haussé de 55 par rapport au nombre moyen observé en 2012. Cependant, il ne peut pas dire qu'il s'est créé 55 emplois en 2013.»

En fait, c'est avant tout en Alberta que s'est concentrée la création d'emplois l'an dernier, soit 80 400 sur les 102 000 capturés par l'EPA.

Voilà qui explique par-dessus tout la dynamique des migrations interprovinciales. Encore une fois, le Québec a perdu une partie de ses forces vives, ce qui permet aussi de comprendre la diminution du nombre d'assistés sociaux.

Les données de 2013 sur la variation du PIB reflètent aussi les difficultés de Québec à augmenter ses recettes fiscales. Exprimée en dollars courants, l'expansion québécoise a été contenue à 1,9% en 2013, comparativement à 3,6% en 2012, 4,7% en 2011 et 4,5% en 2010.

La taille de l'économie québécoise est estimée à 364,58 milliards de dollars, ce qui est bien près des 365 milliards projetés dans le cadre budgétaire présenté en février par le gouvernement sortant.

À partir de ce chiffre, on peut conclure que les dépenses de programmes, c'est-à-dire l'argent que le Québec consacre à la santé, à l'éducation, aux transports, à la culture, etc., mais pas au service de sa dette, équivaut à 17,4% de la taille de son économie. En Ontario, c'est plutôt 16%, un ratio très élevé par rapport à la moyenne historique observée chez notre voisin.

Le service de la dette devient un fardeau de plus en plus lourd. Pour l'exercice qui prend fin lundi, il représentait 12,19% des revenus budgétaires du Québec, soit 79 centièmes de plus qu'en 2012-2013.

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