La Banque du Canada lance une mise en garde

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La banque centrale canadienne a expliqué que les taux très bas nuisent aux compagnies d'assurance et aux fonds de retraite, en plus d'inciter les investisseurs à prendre plus de risques pour obtenir un rendement plus intéressant.

Rudy Le Cours
La Presse

(Montréal) Deux chocs interdépendants menacent le bilan des ménages et inquiètent la Banque du Canada, qui y voit même un risque pour le système bancaire.

Dans la dernière livraison de sa Revue du système financier parue jeudi, la Banque analyse la vulnérabilité des ménages advenant une baisse substantielle des prix des maisons et une détérioration marquée des conditions sur le marché du travail.

«Leur vulnérabilité s'intensifiera d'autant plus que les déséquilibres persisteront (ou s'intensifieront) dans le marché du logement et que leur endettement continuera de croître», y lit-on.

La Banque observe avec soulagement le ralentissement de la croissance du crédit des ménages. Il reste néanmoins plus rapide que leur revenu disponible.

Elle prend acte aussi que la faiblesse persistante des taux d'intérêt incite dernièrement les emprunteurs à rechercher un prêt hypothécaire à taux fixe pour mieux se protéger, en cas de hausse subite.

En 2012, la proportion des emprunteurs ayant opté pour ce type de prêt est de 90% comparativement à 55% durant les années 2010 et 2011. Il n'en demeure pas moins que le tiers de la dette totale existante est à taux variable et exposé au risque d'une remontée des taux.

La Banque a fait une simulation en faisant l'hypothèse d'une poussée de son taux directeur de 325 points de base d'ici le milieu de 2015. Cela le porterait à 4,25%, un taux neutre selon la moyenne historique, mais très élevé dans le contexte bien peu inflationniste des dernières années.

Elle a mesuré l'effet de pareille hausse sur le ratio du service de la dette (RSD), si la proportion de celle à taux variable restait la même. Le RSD correspond à la part du revenu disponible affecté au paiement des intérêts sur l'ensemble des dettes d'un ménage.

En 2011, 12% des ménages avaient un RSD d'au moins 40%. La proportion passerait à 20% d'ici 2017.

S'il fallait de surcroît qu'un ralentissement économique entraîne un recul du prix des propriétés et une montée du chômage, alors le nombre de ménages en difficulté augmenterait.

La Banque estime que les prix paraissent se stabiliser avec les nouvelles contraintes à l'octroi de prêts édictées par le ministère des Finances et le Bureau du surintendant des institutions financières.

Pourtant, le nombre de mises en chantier excède encore significativement la formation de nouveaux ménages qui se situe aux environs de 185 000 par année. Elle observe aussi que, dans la région de Toronto où le parc de copropriétés a beaucoup augmenté, la stabilité relative des prix cache une réalité: la dimension des logements diminue.

Une baisse de prix et de l'emploi entraînerait davantage d'arriérés de paiement sur les prêts aux ménages, la vache à lait des institutions financières canadiennes.

Ces risques «font ressortir la nécessité pour les banques de peser soigneusement le risque global que présente leur portefeuille de prêts aux ménages, préviennent les autorités monétaires.

En outre, les ménages doivent évaluer leur capacité à rembourser leurs emprunts jusqu'à échéance, puisque les taux des prêts finiront un jour par revenir à la normale.»

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