La Banque du Canada prêche l'optimisme

Sans grande surprise, la Banque du Canada garde... (Photo Étienne Ranger, Le Droit)

Agrandir

Photo Étienne Ranger, Le Droit

Sans grande surprise, la Banque du Canada garde son taux directeur à 1%.

Rudy Le Cours
La Presse

La Banque du Canada prend acte de la faible croissance de 0,6% seulement de l'économie au troisième trimestre, mais elle maintient toujours que l'expansion va regagner du tonus tout au long de 2013.

«L'activité économique a été faible au troisième trimestre, en partie à cause de perturbations temporaires au sein du secteur de l'énergie, analyse la banque dans un communiqué publié hier. Même si le rythme sous-jacent de l'économie semble légèrement plus faible qu'anticipé, on s'attend à ce que la croissance s'accélère au cours de 2013.»

Son scénario table sur une croissance annualisée de 2,5% pendant quatre trimestres d'affilée, une grosse commande.

Elle choisit sans aucune surprise de reconduire son taux directeur à 1%, en place depuis septembre 2010. Elle reproduit aussi intégralement sa mise en garde prudente formulée pour la première fois en octobre.

«Au fil du temps, une réduction modeste de la détente monétaire sera probablement nécessaire, de façon à atteindre la cible d'inflation de 2%, lit-on dans son communiqué. Le moment et le degré de toute réduction seront évalués avec soin, en fonction de l'évolution économique à l'échelle internationale et nationale, y compris l'évolution des déséquilibres dans le secteur des ménages.»

La Banque fait état pour la première fois de l'incertitude qui plane aux États-Unis quant à l'aplanissement du mur budgétaire de quelque 600 milliards US qui guette l'économie américaine dès le 1er janvier. Elle précise aussi que «la conjoncture financière mondiale demeure expansionniste, bien que vulnérable à des chocs majeurs venant des États-Unis ou de l'Europe».

La Banque prend en compte les changements observés dans le rythme d'endettement des ménages canadiens. «Même si le fardeau de la dette des ménages continue de s'alourdir, la progression du crédit aux ménages a ralenti, écrivent les autorités financières. Il est trop tôt, cependant, pour déterminer si la modération de l'activité dans le secteur du logement et de la croissance du crédit sera soutenue.»

VMBL d'accord

«Nous sommes tout à fait d'accord avec cette vision des choses, souligne Sébastien Lavoie, économiste en chef adjoint chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne. Le rythme d'augmentation de l'endettement des ménages a ralenti un peu en octobre (5,1% sur 12 mois, 4,1% annualisé sur trois mois, 3,7% annualisé sur un mois), mais demeure encore élevé.»

La mise à jour du scénario économique de la Banque aura lieu le 23 janvier. D'ici là, elle en saura un peu plus sur les résultats des négociations au Congrès qui sont encore loin de progresser.

Dans son scénario de base d'octobre, l'équipe de Mark Carney misait sur un compromis budgétaire qui allait amputer la croissance américaine de 2013 de 1,5 point de pourcentage, soit pas assez pour la faire rechuter en récession.

La Fed la semaine prochaine

Surtout, les autorités financières canadiennes auront pu mesurer l'effet des annonces que la Réserve fédérale américaine (Fed) fera la semaine prochaine. On s'attend à une nouvelle ronde de détente quantitative pour succéder à l'opération Twist qui vient à échéance le 31 décembre. Elle consiste à troquer des obligations de courte échéance contre de plus longues afin d'infléchir les taux d'intérêt à long terme.

Toutefois, certains économistes ne posent pas le diagnostic de la Banque sur la santé relative de l'économie canadienne. «La faiblesse au troisième trimestre était beaucoup plus généralisée dépassant la seule composante de l'énergie, comme en témoigne la baisse générale des bénéfices des sociétés», font ainsi remarquer Stéfane Marion et Paul-André Pinsonnault, de la Banque Nationale.

«Si la croissance ne rebondit pas bientôt, comme le pensent les autorités financières, il faut s'attendre à ce qu'elles diluent leur message dans leur prochain scénario économique en janvier», prévient pour sa part Douglas Porter, économiste en chef délégué chez BMO Marchés des capitaux.

 

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer