La Banque du Canada maintient le cap

Sans grande surprise, la Banque du Canada garde... (Photo Étienne Ranger, Le Droit)

Agrandir

Photo Étienne Ranger, Le Droit

Sans grande surprise, la Banque du Canada garde son taux directeur à 1%.

Rudy Le Cours
La Presse

(Montréal) Contre vents et marées, l'expansion de l'économie canadienne se poursuit au point où elle aura atteint son plein potentiel dans un an.

Voilà pourquoi la Banque du Canada maintient sa volonté de resserrer quelque peu les conditions de crédit, sans préciser quand elle entend augmenter son taux directeur. Elle l'a fixé hier à 1% pour une 17e fois d'affilée. Il est à cette hauteur depuis septembre 2010.

«Au fil du temps, une réduction modeste de la détente monétaire sera probablement nécessaire, de façon à atteindre la cible d'inflation de 2%, lit-on dans le communiqué publié ce matin. Le moment et le degré de toute réduction seront évalués avec soin, en fonction de l'évolution économique à l'échelle internationale et nationale, y compris l'évolution des déséquilibres dans le secteur des ménages.»

Resserrer le crédit

Il s'agit là d'une volonté de resserrement moins imminente que celle évoquée dans ses communiqués précédents bien que notre banque centrale soit toujours la seule du G7 à affirmer vouloir éventuellement resserrer le crédit.

Ainsi, dans le communiqué de septembre, on lisait plutôt: «Dans la mesure où l'expansion économique se poursuit et l'offre excédentaire au sein de l'économie se résorbe graduellement, il se peut qu'une réduction modeste de la détente monétaire considérable actuellement en place au Canada devienne appropriée, de façon à atteindre la cible d'inflation de 2% à moyen terme.»

La nouvelle formulation a confondu les experts, certains y voyant un durcissement de ton, d'autres le simple désir d'affirmer qu'une baisse de taux n'est pas dans le plan de match même si une hausse de taux n'est envisageable que vers la fin de l'an prochain.

La nouveauté automnale

Pour les premiers, «la grande nouveauté automnale concerne la préoccupation grandissante de la Banque du Canada envers le gonflement de la dette des ménages», juge Sébastien Lavoie, économiste en chef adjoint chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne. Il rappelle que l'endettement des ménages équivaut à 90% de la taille de l'économie canadienne. «Il s'agit d'un seuil où la stabilité financière d'un pays est typiquement plus vulnérable à une perturbation économique d'origine domestique ou externe», précise-t-il.

La Banque prévoit que le niveau d'endettement va se stabiliser en 2014, mais se réserve désormais le droit d'intervenir pour que cette prévision se concrétise même si la croissance de l'économie ou la progression de l'inflation ne justifierait pas un resserrement.

Pour les autres comme Paul-André Pinsonneau et Krishen Rangasamy, de la Banque Nationale, «il y a deux facteurs importants qui pourraient empêcher la Banque d'appuyer sur la gâchette au cours des prochains temps»: la vigueur persistante du dollar canadien et l'effet des nouvelles mesures de resserrement des règles hypothécaires adoptées en juillet sans compter les conséquences de l'affaiblissement de croissance mondiale.

La situation à Calgary

«La seule ville d'importance dont le marché de la revente est en hausse par rapport à l'an dernier est Calgary, tandis que Vancouver et Toronto traversent une correction qui dépasse de beaucoup les 10%», renchérit Derek Holt, économiste chez Scotia Capitaux.

La Banque modifie bien légèrement ses prévisions de croissance qu'elle estime à 2,2% pour l'année en cours, à 2,3% l'an prochain et à 2,4% en 2014. En juillet, elle pariait plutôt sur 2,1%, 2,3% et 2,5%.

Le renforcement de la prévision de 2012 découle de la révision des comptes nationaux faite par Statistique Canada dernièrement. L'expansion aura été plus robuste que perçue jusque-là en seconde moitié de 2011, ce qui aura donné plus d'allant à l'économie en début de 2012.

Les autorités monétaires s'attendent à ce que la faible marge de capacités inutilisées (l'écart de production) se résorbe graduellement au cours de l'an prochain et que le taux d'inflation revienne à 2% d'ici la fin de 2013, quand l'économie aura retrouvé son plein potentiel, estimé en 2014 à 2,4%. En septembre, le taux d'inflation était de 1,2% seulement.

La croissance canadienne sera encore mue par la consommation des ménages et les investissements des entreprises tandis que la construction ralentira et que les exportations ne retrouveront leur niveau d'avant récession qu'en 2014.

Les détails de son nouveau scénario économique seront dévoilés aujourd'hui.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires »

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer