La BCE baisse son taux directeur à un niveau historique

Dossiers  »

À l'international

À l'international

Découvrez notre dossier sur les nouvelles économiques internationales »

Cette baisse, censée apporter une bouffée d'oxygène aux... (Photo: AFP)

Agrandir

Photo: AFP

Cette baisse, censée apporter une bouffée d'oxygène aux banques qui empruntent auprès d'elle, et en particulier celles qui sont coupées du marché interbancaire, était largement attendue. Elle doit par ricochet contribuer à soutenir l'activité en zone euro.

Agence France-Presse
Francfort

La Banque centrale européenne (BCE) abaisse son principal taux directeur à 0,75%, soit son plus bas niveau historique, dans une tentative de doper une économie européenne toujours morose.

Cette baisse, censée apporter une bouffée d'oxygène aux banques qui empruntent auprès d'elle, et en particulier celles qui sont coupées du marché interbancaire, était largement attendue. Elle doit par ricochet contribuer à soutenir l'activité en zone euro.

Mais avant même son annonce elle était jugée insuffisante pour redonner du souffle à une région empêtrée depuis deux ans et demi dans la crise de la dette et confrontée à la récession de plusieurs de ses membres.

«Cette baisse de taux est largement symbolique» dans le contexte actuel, a immédiatement commenté Jennifer McKeown, de Capital Economics.

Mercredi, trois instituts de conjoncture (l'Insee français, l'Ifo allemand et l'Istat italien) ont prédit un recul du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro aux deuxième et troisième trimestres, soit une récession technique.

Jeudi, l'Espagne a dû à nouveau consentir des taux en hausse pour emprunter à dix ans, laissant craindre que les effets positifs du sommet européen de la semaine dernière -notamment sur le marché obligataire- ne se soient déjà dissipés.

Selon les économistes, seule une intervention marquée de la BCE sur le marché obligataire secondaire, c'est-à-dire une reprise de ses achats de dette publique, pourrait véritablement calmer le jeu.

Un avis partagé par la directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI) Christine Lagarde.

«Si l'on cherche une vraie solution, l'expansion du programme de rachat de dette publique est le chemin à suivre», a-t-elle déclaré mardi à la chaîne CNBC.

Mais tandis que la Banque d'Angleterre a annoncé jeudi l'injection de 50 milliards de livres (62,2 milliards d'euros) dans l'économie britannique, personne ne prend le pari que Mario Draghi annoncera la relance du programme de rachats d'obligations publiques, à l'arrêt depuis mi-février, lors de sa conférence à 8h30 à Francfort (ouest).

Décidé à contrecoeur en mai 2010, il fait l'objet depuis de vives critiques, notamment de la Banque centrale allemande, la Bundesbank, qui considère qu'il revient à financer les États, ce que les traités interdisent à la BCE.

«Le programme d'achat est en sommeil profond, et va le rester», vient de déclarer le gouverneur de la banque centrale des Pays-Bas Klaas Knot, à un hebdomadaire néerlandais.

Les dirigeants européens réunis à Bruxelles la semaine dernière ont acté la possibilité pour les fonds de secours FESF et MES de racheter de la dette publique, et prendre ainsi le relais de la BCE pour tenter de contenir l'envolée des taux d'emprunt des pays en difficulté.

Mais la capacité d'intervention des fonds ne peut pas dépasser 700 milliards d'euros, dont environ 200 sont déjà utilisés pour la Grèce, l'Irlande et le Portugal, rappellent les économistes, jugeant cette somme insuffisante pour réellement impressionner les marchés et décourager la spéculation contre la zone euro.

Seule la BCE a la puissance de feu nécessaire pour intervenir, soulignent Holger Schmieding et Christian Schulz, de la banque Berenberg, jugeant que l'institution devrait afficher un objectif clair au-delà duquel elle ne laissera pas se creuser les écarts de taux entre les pays en difficulté et l'Allemagne, référence en zone euro.

Pour éviter une déception totale des marchés, M. Draghi pourrait annoncer un nouveau LTRO (prêt de long terme) à trois ans en faveur des banques, afin de soutenir le crédit et donc la croissance.

Là encore toutefois, rien n'est moins sûr.

M. Draghi a en effet récemment laissé poindre une certaine déception concernant les résultats des précédents LTRO de décembre et février. Il pourrait donc attendre l'enquête sur les conditions du crédit, qui sera publiée fin juillet, avant d'agir, estiment les économistes de DekaBank.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer