Plus de cheveux blancs sur le marché du travail

Les travailleurs canadiens souhaitent ralentir à partir de... (Photo Bernard Brault, archives La Presse)

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Les travailleurs canadiens souhaitent ralentir à partir de 60 ans et tirer leur révérence vers 70 ans.

(Montréal) La dure réalité financière rattrape les Canadiens. Le tiers des travailleurs pense être obligé de continuer à travailler après 65 ans pour maintenir son train de vie, révèle un sondage de la Financière Sun Life.

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Depuis trois ans, les Canadiens ont repoussé l'âge de la retraite de trois ans. «On est passé de 65 à 68 ans. Chaque année, il y a une année qui s'est ajoutée dans la tête des Canadiens quant à l'âge de leur retraite», constate Isabelle Hudon, présidente de la Financière Sun Life Québec.

Le report de la retraite est une tendance lourde au Canada depuis le milieu des années 90, selon Statistique Canada. Il est vrai que l'âge moyen de la retraite est resté relativement stable, à 62 ans. Mais ce chiffre ne dit pas tout.

Le taux d'emploi des gens de 55 ans et plus, qui avait dégringolé depuis les années 70, a rebondi de 22% à 34% depuis 1997. Désormais, un Canadien âgé de 50 ans peut s'attendre à rester encore 16 ans en emploi, soit trois ans de plus qu'en 1997, selon Statistique Canada.

Rester au boulot après 65 ans deviendra la norme, si l'on se fie au sondage de la Sun Life réalisé auprès 3700 travailleurs Canadiens de 30 à 65 ans.

À peine le tiers (34%) des Canadiens a l'intention de ne plus travailler du tout après 65 ans. À l'opposé, plus de la moitié pense travailler à temps plein (20%) ou à temps partiel (34%) après 65 ans.

Retraite à temps partiel

La retraite progressive gagne en popularité. «On voit une volonté de plus en plus affirmée de prendre sa retraite progressivement, par rapport à prendre sa retraite du jour au lendemain», dit Mme Hudon.

Près de la moitié (48%) des Canadiens prévoit travailler à temps partiel à la retraite. Les gens souhaitent ralentir à partir de 60 ans et tirer leur révérence vers 70 ans.

Des changements récents aux lois entourant les régimes de retraite vont favoriser la retraite progressive, en permettant de toucher des revenus de retraite tout en travaillant à temps partiel.

Mais les entreprises devront aussi s'adapter. «Les employeurs vont devoir réfléchir à des façons de modifier les conditions de travail pour retenir et attirer des employés dans la soixantaine, comme ils l'ont fait il y a 20 ans pour permettre aux femmes de participer au marché du travail», avance Mme Hudon.

Travailler «obligé»

Les gens qui pensent continuer à travailler après 65 ans le feront plutôt par obligation (61%) que par envie (39%). Et c'est encore plus vrai chez les femmes: 69% d'entre elles vont continuer à travailler «obligées».

Il faut dire que les femmes sont le parent pauvre de la retraite. Avec des salaires qui restent inférieurs, elles épargnent moins durant leur vie active. Mais comme elles vivent plus longtemps, elles ont besoin de plus de capital pour financer leur retraite.

Les travailleurs qui gagnent moins de 50 000$ sont aussi plus nombreux (73%) à se dire obligés de travailler au-delà de 65 ans.

Les Canadiens se disent forcés de travailler plus longtemps parce qu'ils ont peur de ne pas être capables de payer leurs dépenses courantes (35%) et parce qu'ils craignent que les prestations de l'État ne soient pas suffisantes pour vivre décemment (28%).

En fait, la Régie des rentes du Québec (RRQ), la pension de la Sécurité de la vieillesse (PSV) et le Supplément de revenu garanti (SRG) versent tout au plus 20 000$ par année, à 65 ans. Cela est insuffisant pour maintenir le niveau de vie des travailleurs de la classe moyenne. Et le gouvernement Harper songe à repousser l'âge du versement de la PSV de 65 à 67 ans...

Malgré le fait que la moitié des Canadiens (53%) ont peur de manquer d'argent pour leurs vieux jours, l'épargne-retraite n'est pas une priorité absolue.

Ils sont davantage préoccupés par le remboursement de leurs prêts personnels, cartes de crédit et autres dettes (44%), même les premiers boomers qui approchent de la retraite. Leur deuxième priorité (26%) est de se constituer des épargnes pour l'achat d'une maison (versement initial, prêt hypothécaire). La retraite n'arrive qu'en troisième place (20%).

Ainsi, les Canadiens épargnent peu pour la retraite. Le tiers ne pense pas réussir à amasser 100 000$. «Certaines personnes pensaient aller jouer au golf à la retraite, dit Mme Hudon. Ils vont plutôt aller au mini-putt!»

À peine le tiers des Canadiens (34%) a l'intention de ne plus travailler du tout après 65 ans.

- La moitié des travailleurs pensent travailler à temps plein (20%) ou à temps partiel (34%) après 65 ans.

- Ceux qui pensent continuer à travailler après 65 ans le feront plutôt par obligation (61%) que par envie (39%).

Source: Sondage Ipsos Reid réalisé pour la Financière Sun Life du 21 novembre au 12 décembre 2011 auprès de 3700 travailleurs canadiens de 30 à 65 ans. La marge d'erreur est de 1,6% 19 fois sur 20.

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