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Canada inc. mieux préparé à une hausse des taux
Photo Adrian Wyld, La Presse Canadienne
Le budget doit permettre à Ottawa de faire le pont entre la récession qui a frappé le pays l'an dernier et la reprise économique qui point à l'horizon. Le gouvernement Harper prévoit déjà se serrer la ceinture en présentant un projet de loi pour geler les salaires des ministres, des députés et des sénateurs.
De plus, la santé financière de «Canada inc.», malgré la récente récession, contraste avec l'endettement record des consommateurs canadiens, qui sont plus vulnérables à une remontée des taux.
«Au contraire des ménages canadiens, le taux d'endettement des entreprises canadiennes est en déclin marqué depuis plus d'une décennie. Il atteint même un creux record», constate Peter Buchanan, économiste principal à la Banque CIBC.
Par conséquent, les entreprises canadiennes se retrouvent en sortie de récession avec un niveau d'endettement moyen qui est inférieur de moitié à celui qui prévalait lors de la précédente récession, au début des années 90.
Aussi, note M. Buchanan, l'endettement moyen des sociétés canadiennes s'avère inférieur d'au moins 15 points de pourcentage au niveau d'endettement moyen qui prévaut parmi les entreprises américaines.
En chiffres, le taux d'endettement des entreprises canadiennes atteint ces temps-ci seulement 54% de leurs capitaux propres. Il y a 20 ans, lors de la précédente récession significative, ce taux d'endettement cotait tout juste au-dessus de 100% des capitaux propres des entreprises.
Par ailleurs, le coût de la dette parmi les entreprises canadiennes s'élève ces temps-ci à l'équivalent de 30% de leur bénéfice d'exploitation. C'est un niveau trois fois moindre que celui de 100% mesuré il y a 20 ans.
En comparaison, parmi les consommateurs canadiens, le taux d'endettement atteint maintenant 1,46 fois le revenu annuel moyen des ménages. Il s'agit d'un taux d'endettement rehaussé de presque 50% par rapport à son niveau d'il y a 20 ans.
Par conséquent, le principal risque d'une remontée des taux d'intérêt pour les entreprises n'est pas lié à une hausse de leurs coûts de financement. Selon l'économiste de la CIBC, ce risque proviendra davantage de l'impact de taux d'intérêt plus élevés au Canada sur le taux de change du dollar canadien par rapport à son voisin américain.
«Tout dépendra évidemment de la rapidité avec laquelle la Banque du Canada inversera sa politique de bas taux d'intérêt, souligne Peter Buchanan. Pour le moment, elle semble vouloir demeurer prudente, ce qui est une bonne nouvelle pour la reprise économique qui demeure fragile à plusieurs égards.»
Néanmoins, l'impact d'une appréciation du dollar canadien provoquée par une hausse des taux d'intérêt s'annonce très différent selon les divers types d'entreprise. Les plus touchées seraient celles dont l'écart est le plus grand entre leurs revenus en dollars américains et leurs dépenses d'exploitation en dollars canadiens.
Il s'agit surtout d'entreprises exportatrices dont la majeure partie des intrants (salaires, matières premières) sont payés en dollars canadiens.
En contrepartie, les entreprises canadiennes qui importent une part importante de leurs intrants qui sont ensuite revendus au Canada seraient avantagées par une appréciation du dollar canadien.
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