La Chine accueille Trump avec un excédent commercial quasi-record

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«La balance commerciale reste solidement penchée en faveur de la Chine. La possibilité que la visite de Trump accomplira quoi que ce soit pour régler le problème est très faible», commentait Tom Orlik, analyste du cabinet Bloomberg Economics.

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Julien GIRAULT
Agence France-Presse
Pékin

L'excédent commercial chinois avec les États-Unis est resté proche de ses niveaux record en octobre, a annoncé mercredi Pékin, au moment où le président américain Donald Trump entamait une visite dans le pays bouc émissaire de sa campagne électorale de 2016.

Avant son élection il y a un an, le bouillant milliardaire n'avait pas épargné la Chine, fustigeant le déséquilibre abyssal des échanges transpacifiques et accusant le géant asiatique d'avoir «volé» des millions d'emplois américains.

Mais depuis son accession à la Maison-Blanche, et alors que M. Trump a adopté un ton plus conciliant, l'excédent commercial de la Chine vis-à-vis des États-Unis n'a pas dégonflé.

Après avoir grimpé à 28,2 milliards de dollars (chiffre révisé) en septembre, un sommet depuis au moins trois ans, cet excédent a certes glissé en octobre à 26,6 milliards de dollars, selon les chiffres des Douanes chinoises dévoilés mercredi. Pour autant, cela représente un gonflement d'environ 10% par rapport à octobre 2016.

Sur les dix premiers mois de l'année, le déficit commercial américain avec la Chine atteint 223,6 milliards de dollars, en hausse de 8% sur un an.

«La balance commerciale reste solidement penchée en faveur de la Chine. La possibilité que la visite de Trump accomplira quoi que ce soit pour régler le problème est très faible», commentait Tom Orlik, analyste du cabinet Bloomberg Economics.

Près d'une vingtaine d'accords commerciaux d'une valeur de 9 milliards de dollars ont néanmoins été signés mercredi à Pékin entre des entreprises chinoises et américaines, un «échauffement» avant une nouvelle salve de contrats jeudi, selon Pékin.

«Répondre aux déséquilibres commerciaux sera au coeur des discussions entre les présidents Trump et Xi Jinping», a insisté le secrétaire d'État américain au Commerce Wilbur Ross.

Des accords «inéquitables»

«Les règlements inéquitables, avec notamment des transferts de technologies imposés (par Pékin) aux firmes américaines», seront aussi au programme du sommet, a ajouté un haut responsable américain sous couvert d'anonymat.

Au grand dam du régime communiste, Washington a décidé fin octobre d'imposer des droits antidumping sur certains produits d'aluminium chinois et a lancé mi-août une vaste enquête sur la politique chinoise en matière de propriété intellectuelle, susceptible de déboucher sur des sanctions.

De son côté, Pékin assure volontiers ne pas chercher délibérément les excédents commerciaux, y voyant un simple «effet de la concurrence sur le marché».

L'excédent commercial total de la deuxième économie mondiale a bondi en octobre à 38,1 milliards de dollars, contre 28,5 milliards en septembre.

De façon générale, les chiffres des Douanes montraient un récent essoufflement du commerce extérieur de la Chine, au coude-à-coude avec les États-Unis comme première puissance marchande.

Ses exportations ont grimpé le mois dernier de 6,9% sur un an, en deçà des attentes des analystes sondés par Bloomberg (+7,1%), et en net ralentissement par rapport à septembre (+8,1%).

Ceci peut s'expliquer en partie par le renchérissement du yuan, ou, selon Julian Evans-Pritchard du cabinet Capital Economics, par le décalage de la fête de la mi-Automne, tombée cette année en octobre.

Baisses de production

Mais «le tableau d'ensemble reste que les échanges se sont récemment affaiblis. Cela peut refléter le léger ralentissement de croissance chez les puissances émergentes (partenaires de la Chine) autant que la fragilisation de la demande intérieure», insiste M. Evans-Pritchard.

Les importations ont bondi de 17,2% en octobre, en ligne avec les attentes et témoignant d'une demande toujours robuste dans le pays. Mais le chiffre marque un ralentissement sensible par rapport à septembre (+18,6%, chiffre révisé).

Raymond Yeung, économiste de la banque ANZ, y voit notamment «l'impact des réductions de production (industrielle) sur fond de campagne environnementale».

La Chine s'efforce de sabrer les surcapacités des industries lourdes en vue de modérer la pollution hivernale, et, soucieuse d'endiguer l'endettement public et privé, elle pousse à réduire les dépenses dans les infrastructures. Des facteurs susceptibles de pénaliser la production et l'activité au quatrième trimestre.

Ouvrant mi-octobre le congrès quinquennal du Parti communiste, Xi Jinping avait vanté la transition d'une «croissance rapide» à un développement durable «axé sur la qualité» et «l'innovation», appelant à réduire «les risques financiers» liés à la dette et à remporter la bataille contre la pollution.




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