Le milieu économique veut remettre l'humain au coeur des décisions

Les rencontres d'Aix-en-Provence se tiennent alors que se... (photo STEFFI LOOS, AFP)

Agrandir

Les rencontres d'Aix-en-Provence se tiennent alors que se déroulent depuis vendredi le sommet du G20 à Hambourg, dans le nord de l'Allemagne, dans un contexte de fortes tensions.

photo STEFFI LOOS, AFP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse

Soigner les «fractures» et réduire les «inégalités»: à Aix-en-Provence, universitaires et grands patrons ont appelé vendredi à remettre l'humain au coeur de l'économie, mettant en garde contre tout repli sur soi dans un contexte de défiance vis-à-vis de la mondialisation.

«Au moment où le monde est traversé par des tensions, par des extrêmes, par des positions souvent irrationnelles», il faut remettre «l'humain au coeur de la réflexion», a déclaré Jean-Hervé Lorenzi, président du Cercle des économistes, lors de l'ouverture de la 17e édition des rencontres économiques d'Aix.

Un message relayé par David Miliband, ancien ministre des Affaires étrangères britannique, aujourd'hui directeur de l'ONG International rescue committee, qui a appelé les responsables politiques à «se préoccuper davantage des problèmes économiques», et notamment des inégalités.

Ces dernières «sont en train d'être réduites à l'heure actuelle au niveau mondial», mais se renforcent «à l'intérieur de nombreux pays», a souligné l'ancien ministre travailliste, mettant en garde contre une «perte de confiance», à l'origine d'un «repli sur soi».

Les rencontres d'Aix se tiennent alors que se déroulent depuis vendredi le sommet du G20 à Hambourg, en Allemagne, dans un contexte de fortes tensions, notamment sur la question du climat et du libre-échange, depuis l'élection de Donald Trump.

«Beaucoup de gens dans la haute administration de Trump pensent que l'insécurité et les inégalités liées à la mondialisation sont une raison pour détruire le système multilatéral et non le réformer». Or «il faut penser mondialement et pas localement», a insisté David Miliband.

Un avis partagé par plusieurs grands patrons, dont le président de PwC France Bernard Gainnier, qui appelé les entreprises à prendre leurs responsabilités, en agissant en faveur du «bien social».

«Il y a urgence», a renchéri Eric Lombard, PDG de Generali France. «Il faut qu'on passe de ce qu'on appelle l'économie sociale de marché à une économie éthique de marché», a-t-il insisté, jugeant nécessaire de «changer la finance et de changer le fonctionnement des entreprises».

Pour sa part, l'économiste Claire Weysand, membre du Cercle des économistes, a insisté sur la nécessité des politiques publiques, notamment en matière d'égalité des chances, «un des grands problèmes de notre société», selon elle.

«La première des politiques qui doit être menée, c'est une politique d'éducation, de formation tout au long de la vie», a-t-elle martelé.

Les rencontres d'Aix, qui se tiendront jusqu'à dimanche, attirent chaque année entre 3000 et 4000 personnes. Près de 240 universitaires, responsables politiques et grands patrons sont invités cette année, par ailleurs marquée par la venue de quatre ministres, dont celui de l'Économie Bruno Le Maire.




La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer