Rebond de l'activité manufacturière en Chine

«Le secteur manufacturier s'est légèrement ressaisi, mais si... (AFP)

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«Le secteur manufacturier s'est légèrement ressaisi, mais si on regarde l'évolution des stocks et la confiance des entrepreneurs, cela ressemble davantage à un sursaut temporaire, et la dynamique est probablement condamnée à refluer», avertit sans ambages Zhong Zhengsheng Zhong, économiste du cabinet d'analyse CEBM, émanation du groupe Caixin.

AFP

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Agence France-Presse
Pékin

L'activité manufacturière en Chine a connu un vif sursaut en juin, après sa contraction de mai, selon l'indice indépendant publié lundi par le groupe de médias Caixin, un répit cependant très fragile pour ce secteur-clef de la deuxième économie mondiale.

L'indice des directeurs d'achat (PMI), calculé par le cabinet IHS Markit et publié par Caixin, s'est établi à 50,4 en juin contre 49,6 en mai, et au-delà des 50,3 enregistrés en avril.

Le PMI, baromètre fondé notamment sur les carnets de commandes des entreprises et jugé annonciateur de la conjoncture à venir, est très suivi des marchés. Un chiffre supérieur à 50 marque une expansion de l'activité; en deçà, il signale une contraction.

Les entreprises «ont enregistré une augmentation légèrement plus robuste de leur production et des nouvelles commandes», a commenté Caixin dans un communiqué.

L'indice Markit-Caixin, qui se concentre sur les moyennes entreprises et le secteur privé, confirme la résistance du secteur manufacturier, dont témoignait déjà vendredi l'indice PMI officiel publié par le gouvernement: davantage axé sur les groupes étatiques, celui-ci s'était affiché à 51,7, contre 51,2 en mai, soit une accélération notable de l'activité.

Pourtant, l'éclaircie pourrait ne pas durer très longtemps.

«Le secteur manufacturier s'est légèrement ressaisi, mais si on regarde l'évolution des stocks et la confiance des entrepreneurs, cela ressemble davantage à un sursaut temporaire, et la dynamique est probablement condamnée à refluer», avertit sans ambages Zhong Zhengsheng Zhong, économiste du cabinet d'analyse CEBM, émanation du groupe Caixin.

Et de détailler des indices alarmants: calculés d'après un sondage serré d'entreprises, «les sous-indices sur les volumes d'achats et de stocks de produits finis se sont contractés le mois dernier, montrant que les firmes restent très prudentes sur l'évolution de la conjoncture».

En gros, les entrepreneurs préfèrent ne pas accélérer trop leur production car ils ne sont pas certains que la demande suivra. Selon Caixin-Markit, l'optimisme des entrepreneurs est tombé au plus bas depuis fin 2016.

De fait, Pékin s'efforce désormais de resserrer sa politique monétaire pour dégonfler le crédit, au risque d'asphyxier des sources de financements cruciaux pour l'économie, et les autorités ne cessent de durcir les restrictions sur un marché immobilier en surchauffe.

En conséquence, nombre d'observateurs tablent sur un ralentissement de la croissance économique chinoise après un sursaut début 2017 largement dopé un boom des investissements dans l'immobilier et les infrastructures, à coups d'endettement et de dépenses publiques.

La Chine s'efforce de rééquilibrer son modèle de croissance vers les services, les nouvelles technologies et la consommation intérieure, au détriment des industries lourdes et des exportations à faible valeur ajoutée. Mais la transition s'avère douloureuse: la Chine a enregistré en 2016 sa plus faible croissance depuis 26 ans (+6,7%).




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