Le président chinois se pose en rempart contre le protectionnisme

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«Nous devons rechercher des résultats à travers une ouverture et une coopération plus grandes (...) et rejeter le protectionnisme», a lancé le président chinois Xi Jinping, dont le pays est pourtant fréquemment accusé par les milieux d'affaires occidentaux de favoriser ses entreprises sur son marché intérieur.

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Joanna CHIU, Patrick BAERT
Agence France-Presse
Pékin

Le président chinois Xi Jinping s'est posé lundi en rempart contre le protectionnisme devant un parterre de chefs d'État présents à Pékin pour son projet de «Nouvelles routes de la soie».

«La mondialisation fait face à des vents contraires», a résumé l'homme fort du régime communiste, au deuxième jour d'un sommet qui rassemble autour de lui une trentaine de responsables étrangers dont les présidents russe Vladimir Poutine et turc Recep Tayyip Erdogan, mais peu de grands dirigeants occidentaux.

M. Xi a rappelé qu'il avait pris en 2013 l'initiative des «Nouvelles routes de la soie», un ensemble de projets d'infrastructures, afin d'arrimer l'Asie à l'Europe et à l'Afrique à l'instar des caravanes qui traversaient l'Asie centrale dans l'Antiquité.

«Nous devons rechercher des résultats à travers une ouverture et une coopération plus grandes (...) et rejeter le protectionnisme», a lancé le président chinois, dont le pays est pourtant fréquemment accusé par les milieux d'affaires occidentaux de favoriser ses entreprises sur son marché intérieur.

Dans un discours très remarqué, M. Xi avait déjà défendu le libre-échange et la mondialisation en début d'année au Forum économique de Davos (Suisse), au moment où l'arrivée au pouvoir de Donald Trump faisait craindre une dérive protectionniste aux États-Unis.

Réticences européennes

Si le milliardaire américain a fait de la Chine une de ses cibles favorites pendant sa campagne électorale, l'accusant de «voler» des millions d'emplois aux États-Unis, il s'est avéré beaucoup moins agressif depuis son arrivée à la Maison-Blanche. Pékin et Washington ont même annoncé la semaine dernière un accord commercial portant sur la viande, le gaz naturel et certains services financiers.

Donald Trump n'a pas fait le déplacement de Pékin. À l'exception de l'Italien Paolo Gentiloni, aucun dirigeant du G7 ne participe au sommet, donnant l'impression que les Occidentaux craignent que la Chine ne cherche avant tout à tirer à elle la couverture du commerce international.

Plusieurs pays européens refusent de s'associer à un communiqué sur le commerce préparé par la Chine, a par ailleurs indiqué à l'AFP une source diplomatique.

Ces pays - dont l'Allemagne, l'Estonie et la Hongrie - ont jugé que ce texte ne faisait pas suffisamment mention des préoccupations des Européens en matière de transparence des marchés publics ou de normes sociales et environnementales.

Pékin, qui s'efforce de consolider ses relations commerciales avec le reste du monde, est prêt en tout cas à largement investir dans les projets des «Nouvelles routes de la soie».

Xi Jinping a annoncé dimanche à l'ouverture du sommet une nouvelle enveloppe de 113 milliards d'euros pour ces différents projets réunissant une soixantaine de pays : voies ferrées, ports, parcs industriels, etc.

La Banque de développement de Chine a déjà prévu, à elle seule, de débloquer plus de 800 milliards d'euros d'investissements sur 900 projets.

Pékin assure que son initiative est ouverte à tous et a invité au sommet des représentants des Amériques, comme les présidents du Chili et de l'Argentine. Une vision saluée par les participants.

«En ces temps où la tentation est grande de répondre à la crise de la mondialisation par l'isolement et par les murs, cette initiative offre une vision de connectivité, de coopération et de dialogue», s'est félicité le chef du gouvernement grec, Alexis Tsipras.

Dans le cadre des privatisations imposées par ses créanciers, Athènes a dû céder à des capitaux chinois le contrôle du port du Pirée, un projet initialement combattu par M. Tsipras qui a fini par s'y rallier. Ces investisseurs chinois aspirent à faire du Pirée «un pont entre l'Asie et l'Europe».

Évoquant la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et la nécessité pour Londres de trouver de nouveaux partenaires commerciaux, le ministre britannique des Finances, Philip Hammond, a assuré que son pays était prêt à «travailler à la réussite de cette initiative avec tous les partenaires des 'Nouvelles routes de la soie'».




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