Trump renonce à mettre la Chine à l'index sur sa monnaie

«(Les Chinois) ne manipulent pas leur monnaie», a... (REUTERS)

Agrandir

«(Les Chinois) ne manipulent pas leur monnaie», a affirmé Donald Trump, quelques jours après avoir reçu son homologue chinois Xi Jinping dans sa villa de Mar-a-Lago, en Floride.

REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Jeremy TORDJMAN
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump n'a plus l'intention de désigner la Chine comme un pays manipulant sa monnaie, revenant ainsi sur une de ses promesses de campagne emblématiques et ajoutant une pierre à la normalisation progressive de sa présidence.

Après avoir des mois durant accusé Pékin de sous-évaluer le yuan pour doper ses exportations, le président américain a acté sa spectaculaire volte-face dans un entretien au Wall Street Journal paru mercredi.

«(Les Chinois) ne manipulent pas leur monnaie», a affirmé M. Trump, quelques jours après avoir reçu son homologue chinois Xi Jinping dans sa villa de Mar-a-Lago, en Floride.

Une déclaration dont Pékin a pris acte sans crier victoire: «C'est exact, la Chine ne manipule pas sa monnaie», s'est borné jeudi à déclarer le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lu Kang, lors d'un point de presse.

Pendant sa campagne, M. Trump s'était engagé à mettre la Chine à l'index dès le «premier jour» de sa présidence en désignant Pékin comme un pays «manipulateur de devises», au risque de déclencher une guerre commerciale entre les deux premières puissances économiques mondiales.

Pékin devrait donc échapper à cette embarrassante classification, dont elle avait hérité entre 1992 et 1994, à la faveur du rapprochement entre M. Trump et le président Xi.

«Je pense qu'il y a une bonne alchimie entre nous», a commenté le pensionnaire de la Maison-Blanche mercredi lors d'une conférence de presse à Washington.

Très populaires dans les États américains frappés par la désindustrialisation, ses saillies contre Pékin - qu'il menaçait de représailles commerciales et de droits de douane massifs - semblent ainsi appartenir au passé, laissant place à une «realpolitik» plus traditionnelle.

En quête de soutiens pour éviter un emballement militaire avec la Corée du Nord, M. Trump ne peut se permettre d'irriter Pékin et ne s'en cache d'ailleurs pas.

Dans son entretien au Wall Street Journal, il affirme ainsi qu'il tolèrerait les déficits commerciaux colossaux vis-à-vis de la Chine si Pékin s'impliquait davantage dans la crise avec Pyongyang.

Relatant sa discussion avec le président Xi, M. Trump lui aurait dit: «Vous voulez un super accord (commercial avec les États-Unis)? Réglez le problème avec la Corée du Nord».

Après avoir conquis la Maison-Blanche en promettant de bousculer les règles du jeu à Washington, le président Trump semble confirmer sa normalisation, également actée par le bombardement en Syrie au nom de principes universalistes.

Dollar «trop fort»

Ce renoncement sur la Chine a aussitôt suscité les critiques des démocrates.

«(Cela) traduit le manque d'action réelle et forte sur le commerce avec la Chine», a assuré Charles Schumer, le chef de file des démocrates au Sénat. «Le meilleur moyen d'amener la Chine à coopérer sur la Corée du Nord est d'être ferme avec (elle) sur le commerce, qui est la chose la plus chère aux yeux du gouvernement chinois», a-t-il ajouté.

Dans son entretien au Wall Street Journal, le président américain opère également un virage à 180 degrés concernant la présidente de la banque centrale (Fed), Janet Yellen, n'excluant désormais plus de la reconduire dans ses fonctions à la fin de son mandat en février 2018.

Sur le dollar, M. Trump semble en revanche ne pas encore s'être converti aux vues de «l'Establishment». Dans cet entretien, il réaffirme que le billet vert est, selon lui, «trop fort» et pénalise les entreprises américaines.

Le président prend ainsi le contre-pied du message traditionnel à Washington, selon lequel un dollar fort est une bonne chose. «Il y a de bons côtés dans le fait d'avoir un dollar fort mais en règle générale, la meilleure chose c'est que ça a de l'allure», a-t-il ironisé.

Ses propos sur les taux d'intérêt ont d'ailleurs immédiatement provoqué une baisse du dollar.




publicité

publicité

publicité

publicité

la liste:3762:liste;la boite:318296:box

À lire sur La Presse Affaires

Précédent |

publicité

image title
Fermer